Dans le nord de la France et en Belgique, le diabète touche une part importante de la population, avec des conséquences parfois lourdes : plaies chroniques, ulcères du pied, et dans 20% des cas infectés, une amputation. Face à ce constat, un consortium transfrontalier a lancé le projet européen DIAMOND, financé par le programme Interreg, pour développer un pansement connecté capable de surveiller et traiter ces plaies en temps réel.
Coordonné par le professeur Marc Debliquy (Université de Mons), le projet réunit sept partenaires aux compétences complémentaires : l'Université de Lille (laboratoires UMET et ADDS) pour la conception de matériaux à libération contrôlée de principes actifs, Materia Nova pour les systèmes polymères biocompatibles, Multitel pour l'électronique embarquée, Centexbel pour les textiles techniques et circuits imprimés conducteurs, l'Université de Gand pour les nanofibres, et Eurasanté pour la diffusion des résultats.
Concrètement, des capteurs intégrés au pansement détectent les signes d'infection (variations de pH, composés chimiques). Le signal est transmis par RFID au smartphone d'un soignant, qui peut alors déclencher, à distance, la libération d'un antibiotique contenu dans un hydrogel photostimulable par LED.
Après un an et demi de développement, les partenaires avancent par work packages avant de passer aux essais précliniques, d'abord sur peau de porc puis sur modèles animaux. L'ambition à long terme : un dispositif fabricable à l'échelle industrielle, destiné aux professionnels de santé, avec un fort volet formation pour doctorants et post-doctorants.