L'Europe n'est pas en bonne voie pour atteindre un océan en bonne santé d'ici 2030. C'est la conclusion d'une évaluation de la coalition d'ONG Bleu, publiée fin septembre, qui juge les politiques européennes insuffisantes malgré un rôle moteur sur la scène internationale.
L'évaluation de la coalition Bleu passe au crible les politiques européennes de l'océan. Son constat de départ est que l'objectif de "bon état écologique" des eaux marines, fixé à 2020 par la directive-cadre "stratégie pour le milieu marin", n'a pas été atteint.
Ce retard n'est pas propre aux ONG : la Commission européenne l'a elle-même relevé en évaluant le texte, et les rapports de l'Agence européenne de l'environnement ou de Copernicus décrivent aussi un océan surexploité, pollué et fragilisé par le changement climatique.
L'Union européenne obtient en revanche 7,5 sur 10 pour son leadership international, notamment sur le traité sur la haute mer et les négociations sur le traité plastique. Les ONG déplorent toutefois un manque de cohérence : l'Europe se montre moteur à l'étranger mais n'applique pas assez ses propres règles chez elle. Elles s'inquiètent aussi des "omnibus" de simplification, qui pourraient affaiblir les directives Habitat et Oiseaux, alors qu'un texte sur l'océan, l'Ocean Act, est attendu d'ici la fin de l'année.
Pour réagir à ces conclusions, nous avons recueilli le point de vue d'Emma Fourreau, députée insoumise au Parlement européen, membre des commissions Environnement et Pêche. Elle revient sur l'écart entre les textes et leur application, les moyens financiers à mobiliser, l'avenir de la pêche et le bilan de la conférence des Nations unies sur l'océan, organisée à Nice en 2025.