euradio à Lille

Du sexisme ordinaire au sexisme hostile : comment le masculinisme s'est structuré

Delia Giandeini Du sexisme ordinaire au sexisme hostile : comment le masculinisme s'est structuré
Delia Giandeini

Dix millions. C'est le nombre de personnes en France qui adhèrent au sexisme hostile, selon le rapport annuel du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes (HCE) publié en janvier. Un chiffre qui traduit la montée en puissance d'une idéologie structurée : le masculinisme.

Bérangère Couillard, présidente du HCE, distingue deux formes de sexisme. Le sexisme paternaliste, largement accepté dans la société, qui légitime la domination masculine. Et le sexisme hostile, qui se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes. Un phénomène loin d'être marginal puisque 15 % de la population y adhère.

Le masculinisme repose sur trois piliers : la conviction que l'égalité est déjà atteinte, la théorie de l'inversion selon laquelle les hommes seraient devenus des victimes, et l'idée d'une crise de la masculinité. 

Ce phénomène prospère sur les réseaux sociaux, où les algorithmes amplifient les contenus haineux au profit d'un "business de la haine". Les jeunes hommes en sont les premières cibles. Dans les cas les plus extrêmes cette idéologie peut mener à la violence, comme en témoigne l'attentat déjoué à Saint-Étienne en 2024.

Face à ce danger qualifié de menace à la sécurité nationale, le HCE recommande davantage de transparence algorithmique, une meilleure formation de la police du web, et surtout le déploiement effectif des cours d'éducation à la vie affective et sexuelle, une obligation légale depuis 2001, mais encore appliquée à seulement 15 % des élèves.

Une interview menée par Lolla Sauty-Hoyer.