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L’offensive Ukrainienne dans le Donbass avec 125km2 regagné – le succès de l’opération Vivaldi qui se poursuit

© Alesustinau via Pexels L’offensive Ukrainienne dans le Donbass avec 125km2 regagné – le succès de l’opération Vivaldi qui se poursuit
© Alesustinau via Pexels

Chaque semaine, Lyudmyla Tautiyeva nous propose un aperçu de ce qu'il se passe aux frontières de l'Union européenne, traitant de sujets divers tels que la gouvernance, l’entreprenariat, ou encore l'innovation.

L'Ukraine subit toujours des attaques russes contre ses infrastructures civiles. Mais dans la région de Donetsk, son armée mène l'offensive depuis plusieurs semaines.

Dimanche, Volodymyr Zelensky a annoncé 10 660 soldats russes tués ou blessés en une semaine sur l'ensemble du front. Quels sont les résultats concrets de cette offensive ?

Le Président ukrainien a fait référence à plusieurs actions offensives qui se déroulent sur plusieurs axes dans le Donbass. L’opération sur laquelle on a le plus d’information, car ces actions, l’Armée ukrainienne les mène dans le secret bien évidemment, c’est celle opérée par le 3e corps d’armée sur l’axe de Lyman. Le 15 septembre, le 3e corps armée a annoncé une opération offensive dite Vivaldi. Cette opération se tient là où l’armée russe ne cesse de pousser depuis 4 ans pour prendre des positions de défense stratégiques ukrainienne et ouvrir la voie à l’occupation de toute la région de Donetsk. Plus concrètement, ce sont les combats sur l’axe des villes-forteresses comme Sloviansk et Kramatorsk, les nœuds logistiques majeurs, qui permettent de tenir le front à l’est. C’est d’ailleurs ces villes que les Russes veulent obtenir dans le cadre des négociations de paix et qu’ils n’arrivent pas à prendre depuis 2014, le début de la guerre dans le Donbass.

Les résultats de cette opération Vivaldi sont la reprise sous contrôle ukrainien de 125km2 du territoire ukrainien, peu de pertes dans les rangs des militaires ukrainien, l’utilisation massive des drones et de l’artillerie pour déloger l’ennemi et l’opération n’est pas encore terminée. 

Vivaldi, comme le compositeur italien… Pourquoi ce nom ?

Oui, tout à fait. L’opération fait référence à Les Quatre saisons de Vivaldi et selon le commandant du 3e corps armée Andriy Biletskyi, on entre dans la saison trois, l’automne, alignée d’ailleurs avec la saison actuelle. Dans la première saison, les forces armées ukrainiennes – plusieurs unités participent à cette opération - ont réussi à libérer 85 km², puis dans la deuxième encore 40km2, avec des pertes ennemies totales autour des 3000 militaires. Lors de l’opération, l'artillerie et les drones ukrainiennes ont frappé les postes de commandement de l’armée russe, les nœuds de communication et de logistique, les points de passage et les réserves de l'ennemi. Cela a permis de couper la pince russe, l’avancée de l’armée russe dans le nord envers Sloviansk.  

L’opération a commencé il y a plusieurs mois, au printemps – encore une fois une référence à l’œuvre de Vivaldi qui commence par le printemps, mais s’est tenue dans le secret jusqu’à ce que les premiers résultats soient annoncés publiquement mi-septembre. 

Comment expliquer ces avancées ukrainiennes ? Et connaît-on les pertes côté ukrainien ?

Il y a quelques éléments clés pour expliquer le succès. D’abord, la robotisation de l’offensive, c’est-à-dire l’utilisation massive des drones et des moyens d’artillerie dans l’assaut avant l’emploie des troupes, de l’infanterie. 

Les militaires de la 66e brigade — le 2e bataillon mécanisé « Les petits-enfants d'Adolfovna » — en collaboration avec le 1er bataillon mécanisé « Kassta » - ont témoigné de l’efficacité de l’approche : pas un seul blessé côté ukrainien lors de l’assaut et une trentaine de blessés et de morts côté russe.

Un deuxième élément pour le comprendre, c'est la réorganisation en interne au sein du commandement ukrainien qui a permis de nommer des commandants capables de prendre des décisions, former de nouvelles équipes, reconstituer les unités, mettre en place un système de surveillance et de frappe, constituer des stocks de munitions, des drones et d’autres ressources, comprendre l’adversaire et planifier la prochaine étape d’action avant même que la précédente ne soit achevée. 

L’opération Vivaldi est le fruit de l’expérience amère de la guerre qui met au centre la préservation de la vie d’un soldat ukrainien – tout le contraire du procédé russe. 

Un entretien réalisé par Laurent Pététin.