Aux portes de l'UE

Le début des négociations sur le premier cluster d’adhésion est enfin en vue pour l’Ukraine et la Moldavie

© Zulfugar Karimov via Unsplash Le début des négociations sur le premier cluster d’adhésion est enfin en vue pour l’Ukraine et la Moldavie
© Zulfugar Karimov via Unsplash

Chaque semaine, Lyudmyla Tautiyeva nous propose un aperçu de ce qu'il se passe aux frontières de l'Union européenne, traitant de sujets divers tels que la gouvernance, l’entreprenariat, ou encore l'innovation.

Le 3 juin dernier, la présidence de Chypre au Conseil de l’UE a annoncé sur X le lancement de préparatifs pour l'ouverture officielle du premier cluster des négociations concernant l’adhésion de l'Ukraine et la Moldavie. Est-ce une évolution majeure dans le chemin des deux pays candidats ou une simple formalité ?

Cette annonce qui peut sembler de la pure bureaucratie européenne représente en réalité une étape clé pour les deux pays candidats.

Tout d’abord parce que ce premier cluster ouvre toute négociation sur l’adhésion. Les chapitres qu’il contient touchent au cœur du fonctionnement démocratique de la société et à l’État de droit. Les cinq chapitres de ce premier cluster sont ouverts en premier et clôturés en dernier car ils exigent souvent des réformes complexes et profondes du système judiciaire, du contrôle financier de l'État, de l'administration publique ou encore des réformes sur les achats publics.

Ensuite, cette annonce signe la fin de deux ans de blocage de tout progrès dans les négociations sur l’adhésion. L'ouverture des clusters nécessite l'accord unanime des 27 États membres de l'UE. Depuis juin 2024, l’année d’ouverture officielle des négociations avec l’Ukraine et la Moldavie, la Hongrie bloquait toute ouverture des discussions sur les clusters pour l’Ukraine en l’accusant d’une discrimination envers les Hongrois autochtones qui vivent sur le territoire ukrainien.

Et avec le nouveau premier ministre hongrois ce blocage a été levé ?

Exactement. À son élection, le Premier ministre hongrois Péter Magyar a avancé une liste de 11 exigences concernant les minorités hongroises en Ukraine qu’il jugeait nécessaires pour lever le véto concernant la question d’ouverture des négociations sur les clusters. Actuellement, 100 000 membres de la minorité hongroise vivent en Transcarpatie.

Le 3 juin, Peter Magyar a déclaré que la Hongrie était parvenue à un « accord global » avec l'Ukraine sur les droits de la minorité ethnique. Cet accord bilatéral comprend notamment des modifications législatives en matière d'enseignement secondaire, comme par exemple, la délivrance des diplômes officiels en langue hongroise en plus de l’ukrainien, ou encore l’établissement du statut des écoles de minorité nationale pour celles qui dispensent les cours dans les langues des minorités.

Et maintenant que ce blocage est levé à quoi peuvenr s’attendre les pays candidats ? Est-ce qu’il y a certaines dates qui ont déjà été annoncées ?

Selon certaines sources, la conférence inter-gouvernementale aura lieu le 15 juin au Luxembourg où les États membres approuveront l’ouverture des négociations sur le premier cluster avec l’Ukraine et la Moldavie. Durant cette semaine, l’UE devrait préparer et approuver une position de négociation commune.

A Kyiv, la Première Ministre ukrainienne, Yuliia Svyrydenko, s’est félicitée de cette étape importante alors que l’Ukraine espère ouvrir plusieurs clusters assez rapidement grâce à tout le travail accompli préalablement durant ces deux ans de blocage. Antonio Costa, le président du Conseil européen a même annoncé qu’il s'attendait à ce que l’Ukraine ferme certains chapitres immédiatement car le travail dans certains domaines avait déjà été fait.

Un entretien réalisé par Laurent Pététin.