Depuis dix ans, un nom revient plus que tout autre dans les rédactions françaises : celui de Vincent Bolloré. Isabelle Roberts, cofondatrice des Jours, lui consacre depuis le lancement du média la série "L'Empire", qui compte plus de 250 épisodes.
Industriel breton issu du transport et de la logistique, Vincent Bolloré entre dans les médias avec la TNT, au début des années 2000, en créant Direct 8. En 2011, il revend la chaîne à Canal+ contre des actions Vivendi. Sa méthode est toujours la même : prendre une petite part du capital, puis monter jusqu’au contrôle. En 2015, il prend les rênes de Canal+ de manière "extrêmement violente" : les anciens dirigeants se retrouvent "avec leurs cartons sur le trottoir".
Les résistances sont vite écartées. Le zapping, qui se moquait ouvertement de son nouveau patron, disparaît et son auteur est renvoyé pour faute grave. Un sujet d’investigation sur le Crédit Mutuel est censuré. Les départs s’enchaînent, l’antenne est dépolitisée et perd son côté caustique. En 2016, il s’attaque à la chaîne d’information, qui devient CNews.
Aujourd’hui, le groupe réunit une chaîne d’info, Europe 1, le JDD et Prisma, géant de la presse magazine. Selon Isabelle Roberts, l’objectif est d’infuser une même idéologie dans tous ces médias, qui se répondent comme dans une chambre d’écho. Un "effet de mégaphone totalement artificiel" qu’elle qualifie de propagande d’extrême droite.