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Quand les milliardaires rachètent la presse : le pluralisme menacé

Mika Baumeister Quand les milliardaires rachètent la presse : le pluralisme menacé
Mika Baumeister

La concentration des médias s’est accélérée ces dernières années en France, avec notamment le rachat du JDD et de Prisma par Vincent Bolloré ou l’arrivée du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. Pour Pauline Adès-Mével, journaliste et ex porte-parole de Reporters sans frontières, cette tendance n’a rien d’une surprise : on la voyait déjà poindre en Europe de l’Est, en Hongrie ou en Slovénie, où elle sert à asseoir une mainmise sur la presse.

Le danger est d’abord pour le pluralisme. Quand plusieurs supports appartiennent au même groupe, une même orientation éditoriale et une même hiérarchie des priorités peuvent se diffuser sur tous les canaux. S’ajoute le risque de conflits d’intérêts et de pressions exercées par des propriétaires venus de l’industrie, qui nourrissent l’autocensure, difficile à mesurer. Les mutualisations de services, elles, entraînent du "copier-coller" dans les rédactions, fragilisent l’emploi journalistique et appauvrissent la presse locale. Mais concentration ne signifie pas automatiquement ingérence dans la ligne éditoriale : ce sont deux choses distinctes.

Les propositions de la commission d’enquête sénatoriale de 2022, qui prévoyait des garanties pour les journalistes en cas de rachat, ne sont toujours pas inscrites dans la loi. Faire évoluer les règles est difficile, d’autant que le règlement européen sur la liberté des médias (EMFA), censé réguler la concentration, peine à se mettre en place.

Sur la grève à Radio France, après l’arrivée d’un éditorialiste issu de Valeurs actuelles, elle observe une direction qui cherche des portes de sortie et s’interroge sur jusqu’où doit aller le pluralisme.

Une interview menée par Florent Vautier pour l'émission "Médias : raviver, résister, ré-inventer", le 19 septembre 2026 à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.