Les Européen·nes, confronté·es à une dynamique mondiale en rapide mutation, semblent faire face à une accélération de l'histoire. Les fondements mêmes de l'Union Européenne sont ébranlés, ses principes étant constamment remis en question. Alors que notre monde est en profonde transformation, les radios du réseau paneuropéen Euranet Plus explorent dans le podcast L'Europe de demain une série de scénarios potentiels pour l'UE.
Selon Europol, la moitié des réseaux criminels les plus menaçants d’Europe sont impliqués dans le trafic de drogue. Pour 36 % d’entre eux, c’est même l’unique activité. Pandémie, Brexit, tensions géopolitiques : ce marché, l’un des plus lucratifs au monde, résiste à tous les chocs, car chaque maillon de la chaîne y trouve son compte.
Ces réseaux sont de plus en plus internationaux et s’appuient sur la géographie. L’Espagne, à quinze kilomètres du Maghreb, dispose de ports et d’aéroports majeurs et marque la frontière sud de l’espace Schengen, ce qui en fait l’une des principales portes d’entrée de la drogue en Europe.
Le trafic prospère aussi sur les fragilités sociales. Les réseaux recrutent en ligne et dans les quartiers défavorisés, et ciblent des familles en difficulté financière, parfois des mères isolées, poussées à garder argent liquide et drogue chez elles. Ce recrutement se fait désormais à visage découvert : en Estonie, la police a repéré des QR codes collés sur des panneaux d’affichage de supermarchés. La vente, elle, se déplace massivement vers Telegram, Snapchat ou Signal, sans aucune vérification de l’âge des recrues.
Cette expansion s’accompagne d’une violence inédite, de règlements de comptes et d’enlèvements, ainsi que de pressions sur les douaniers et les policiers, menacés avec leurs familles. En juin, l’Union européenne a présenté un plan d’action pour 2026-2030, qui repose notamment sur la coopération internationale, les extraditions et la confiscation des avoirs des trafiquants. Mais les moyens restent insuffisants : face à des cartels richement dotés et technologiquement en avance, le rapport de force est inégal.
Avec environ 7 600 morts par overdose dans l’Union en 2024, la question n’est plus de savoir si le trafic est un problème européen, mais si la réponse sera à la hauteur dans tous les États membres.
Un podcast réalisé par Lolla Sauty-Hoyer.