L'Europe de demain

Peut-on être compétitif sans accepter les migrants ?

© Crédit photo : Cytonn sur Unsplash Peut-on être compétitif sans accepter les migrants ?
© Crédit photo : Cytonn sur Unsplash

Les Européen·nes, confronté·es à une dynamique mondiale en rapide mutation, semblent faire face à une accélération de l'histoire. Les fondements mêmes de l'Union Européenne sont ébranlés, ses principes étant constamment remis en question. Alors que notre monde est en profonde transformation, les radios du réseau paneuropéen Euranet Plus explorent dans le podcast L'Europe de demain une série de scénarios potentiels pour l'UE.

Ce second épisode de l'année se penche sur les questions de compétitivité économique, au regard de l'embauche de personnes immigrées au sein des 27.

1. Une pénurie de main d'œuvre

D’ici 2050, l’UE aura perdu environ 35 millions de personnes en âge de travailler. Mais dans certains pays, comme en Lituanie, cette tendance se ressent déjà, selon Aurelija Maldutytė, présidente de la Confédération lituanienne des employeurs. Et puis d'après les derniers statistiques, la main-d’œuvre se fait rare particulièrement dans les secteurs de la construction, de l’industrie et des transports. Ces pénuries ont triplé au cours des dix dernières années.

2. Chercher de la main d'œuvre dans les pays tiers

Cette pénurie de main d’œuvre pousse les Européens à regarder au-delà de leurs frontières. Pour Nikos Vasileiou, de la Chambre de commerce et d'industrie d'Athènes, l'union Européenne a besoin de davantage de migrants pour rester compétitive. Un constat partagé par Gonzalo Fanjul, chercheur spécialisé dans les questions migratoire.
Et c'est là qu'intervient le TalentPool, cette plateforme numérique européenne conçue pour mettre en relation des employeurs basés dans l’UE avec des demandeurs d’emploi originaires de pays tiers pour des postes où il existe une pénurie de main-d’œuvre, dont l'eurodéputée Renew Fabienne Keller dévoile les contours.

Mais avant d’essayer d’attirer de la main d’œuvre de pays tiers, certains sont d’avis de se concentrer sur celle qui est déjà là, comme le souligne Nikos Vasileiou ou encore la luxembourgeoise Judith Kohlenberger, chercheuse spécialisée dans les questions migratoires. 

Et c’est d'ailleurs dans cette optique que l’Espagne a mis en place une initiative en avril dernier : le gouvernement offre un statut légal à environ un demi-million de personnes sans papiers, assorti d’un permis de travail immédiat et illimité.

Un podcast réalisé par Charlotte Baechler.