Aujourd’hui en Europe

Aujourd’hui en Europe - 29 septembre 2026

Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie, lors d’une réunion hebdomadaire de la Commission européenne le 17 juillet 2026 à Bruxelles. © Union européenne , 2026 - CE - Service audiovisuel Aujourd’hui en Europe - 29 septembre 2026
Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Énergie, lors d’une réunion hebdomadaire de la Commission européenne le 17 juillet 2026 à Bruxelles. © Union européenne , 2026 - CE - Service audiovisuel

Au programme : 

  • UE : la Commission européenne appelle les États membres à réduire leur consommation d’énergie. 
  • France : retour sur le voyage du pape en France après sa visite de 4 jours. 
  • Serbie : le président de la République Aleksandar Vučić démissionne de ses fonctions. 

On commence ce journal à Bruxelles, où, à l'approche de l’hiver, la Commission européenne met en garde les Vingt-Sept sur leur consommation d’énergie. 

Dans une lettre adressée aux ministres de l’énergie des États membres, le commissaire européen à l’Énergie Dan Jørgensen a mis en garde d’une possible aggravation de la situation énergétique. Il appelle les États à se préparer pour l’hiver et à réduire leur consommation de gaz et d'électricité.   

Les niveaux de stockage seraient « exceptionnellement bas » en Europe. 

Après un premier avertissement de la Commission en mars dernier, la situation ne s’est pas améliorée. Les réserves de gaz de l'Union européenne sont actuellement remplies à environ 70 % de leur capacité, soit un niveau nettement inférieur à celui de l’an dernier. À la même période, elles étaient remplies à environ 82 % selon Gas Infrastructure Europe. Ces réserves permettent notamment de constituer un stock de sécurité pour répondre à la hausse de la demande d’énergie pendant l'hiver et de faire face à d’éventuelles perturbations d’approvisionnements. 

L’année 2026 a été marquée par des perturbations liées au conflit au Moyen-Orient, notamment depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran en février. Le TTF néerlandais, l’indice de référence européen pour les prix du gaz naturel, tourne actuellement autour de 72 euros par mégawattheure, soit environ 40 euros de plus qu’avant le début du conflit. 

La Commission européenne met en garde contre des achats dits de “panique”.

Dan Jørgensen appelle les États à viser un niveau de remplissage des réserves de 80 % et pas davantage, car si les États venaient à acheter de grandes quantités de gaz au même moment, cela pourrait entraîner une hausse incontrôlable des prix.

Le commissaire assure toutefois que le niveau actuel des réserves ne présente pas de risque immédiat pour la sécurité d'approvisionnement. Dans sa lettre, il explique notamment que l’Union européenne est « collectivement beaucoup mieux préparée » qu’elle ne l’était lors des précédentes crises énergétiques.

La Commission pousse notamment à continuer les efforts sur les économies d’énergies.

La lettre rappelle plusieurs mesures qui avaient déjà été mises en place au plus fort de la crise énergétique, en 2022. Ces mesures reposent notamment sur les ménages et la consommation : réduction de l’utilisation aux heures de pointe, l’utilisation de compteurs intelligents et la restriction du chauffage en extérieur. 

Le commissaire refuse toutefois d’imposer des mesures contraignantes. « Les mesures volontaires et bien planifiées de réduction de la demande se sont révélées utiles pendant la crise énergétique de 2022 », rappelle-t-il. 

On continue ce journal en France, où le pape a quitté Metz, après une visite de 4 jours d’un voyage particulièrement dense. 

Venu à l’invitation du président de la République, des évêques de France et de l’UNESCO, le pape souhaitait, selon les organisateurs, soutenir « une Église confrontée au sécularisme et au matérialisme ». La visite a aussi été tournée vers la jeunesse. Vendredi soir, il a réuni environ 80 000 jeunes lors d'une grande veillée au Stade de France. Le lendemain, près de 800 000 personnes, selon le Vatican, ont assisté à sa messe en plein air, entre la Concorde et les Champs-Élysées. 

Depuis Metz, le pape a également appelé à la paix en Europe.

Ce lundi, Léon XIV s’est adressé aux quelques dirigeants et aux représentants de l’Union européenne qui s’étaient déplacés pour l’occasion. Dans son discours, il les a appelés à « sacrifier certaines positions pour le bien supérieur de la paix » en Europe, alors que la guerre se poursuit en Ukraine. Le pape a également dénoncé « un massacre inutile qui fait chaque jour d’innombrables victimes civiles », sans nommer de pays responsables. De son côté, le Saint-Siège maintient toujours des canaux de discussion avec la Russie.

Autre moment important de cette visite : la question des violences sexuelles au sein de l’Église. 

Dimanche matin, le pape Léon XIV s’est entretenu à huis clos avec les évêques de France. Selon les propos rapportés par le Vatican, le pape a reconnu la problématique des abus sexuels dans l’Église. Il a également pointé un « engagement déterminé en faveur d’une culture de la prévention et de la protection contre ces crimes ». 

Pour rappel, selon le rapport Sauvé en 2021, le nombre de victimes dans l’Église catholique en France est estimé à 330 000 personnes depuis 1950. En fin de journée, le pape a également rencontré sept victimes de violences sexuelles commises dans le cadre de l’Église. 

On clôture ce journal en Serbie, où Aleksandar Vučić a démissionné de ses fonctions de président.

Devant le palais présidentiel, le président serbe a annoncé, ce dimanche, sa démission, huit mois avant la fin de son second mandat, prévu en mai. « Demain matin, je remettrai mon mandat au président de l’Assemblée nationale », a-t-il assuré. Et c’est chose faite ce lundi matin. 

Après 14 ans de règne, le président nationaliste serbe Vucic démissionne du poste présidentiel pour prétendre au poste de premier ministre. En effet, fin octobre, la Serbie attend la tenue d’élections législatives anticipées. Même si la loi ne l’empêche pas de prétendre au poste de Premier ministre en étant toujours président, il a déclaré le faire afin de se présenter « comme un homme ordinaire, comme l’un des membres du peuple ». Il est donc désormais à la tête de la liste électorale du Parti progressiste serbe, parti populiste de droite. 

Des élections législatives réclamées par les citoyens depuis longtemps. 

C’est l'effondrement d’un auvent de la gare de Novi Sad en novembre 2024, tuant 16 personnes, qui avait créé une mobilisation d’une large partie de la population contre le pouvoir.  L’incident avait rapidement été associé à la corruption autour de la rénovation du bâtiment, provoquant des manifestations d’ampleur en Serbie, dont la formation d’un mouvement étudiant assez massif. Le mouvement, qui réclamait au départ seulement une enquête transparente, a évolué pour exiger la tenue d’élections anticipées, dans l’espoir de destituer du pouvoir le parti de Vucic. Le président avait promis ces élections anticipées sans toutefois fixer la date de celles-ci. Il a finalement annoncé début septembre que ce scrutin sera organisé fin octobre en invoquant « d'importantes turbulences sur la scène politique intérieure ». 

Avant sa démission, le président serbe a profité de ses pouvoirs pour gracier des citoyens serbes. 

Il a gracié des dizaines de personnes qui étaient soupçonnées d’infractions commises lors de manifestations. Les personnes sont notamment des étudiants et des fidèles de son parti. En somme, on compte 49 personnes qui ont profité des pouvoirs constitutionnels du président. La présidente du Parlement, Ana Brnabić, est donc devenue ce lundi présidente par intérim, comme le prévoit la loi, pour une durée maximale de trois mois. Une élection présidentielle doit être convoquée durant cette période.

Un journal de Audrey Heller, Elise Houben et Thomas Kox.