Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 6 octobre 2026

Le Premier ministre Pedro Sánchez durant son allocution officielle lundi 5 septembre depuis le palais de la Moncloa. © Ministry of the Presidency. Government of Spain - Pool Moncloa - 5/10/2026 Aujourd'hui en Europe - 6 octobre 2026
Le Premier ministre Pedro Sánchez durant son allocution officielle lundi 5 septembre depuis le palais de la Moncloa. © Ministry of the Presidency. Government of Spain - Pool Moncloa - 5/10/2026

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • Espagne : le Premier ministre Pedro Sánchez convoque des élections législatives anticipées. 
  • UE : l’euro atteint son plus bas niveau depuis mai 2025 face au dollar américain. 
  • France : les mobilisations lycéennes continuent. 

On commence ce journal en Espagne, où le Premier ministre Pedro Sánchez a convoqué des élections législatives anticipées. 

Depuis le palais de la Moncloa, le Premier ministre espagnol a annoncé, ce lundi, la dissolution des Cortes, le Parlement espagnol. Initialement prévues mi-2027, les prochaines élections législatives se tiendront finalement le dimanche 29 novembre. Cette annonce intervient trois jours  après le rejet par les députés des deux décrets d’urgence présentés par le gouvernement pour répondre à la crise du logement. En invitant les Espagnols aux urnes, le dirigeant socialiste dit compter obtenir, je cite, “une majorité progressiste bien plus large“ pour pouvoir gouverner plus facilement et faire adopter ses réformes. 

Le gouvernement de Pedro Sánchez est fragilisé face aux crises politiques et sociales récentes qui agitent l’Espagne. 

La crise du logement que connaît le pays a en effet connu une résonance inédite après l’expulsion fin septembre de Maria Carmen Abascal, 87 ans, qui vivait dans son appartement à Madrid depuis 71 ans. 

Sa situation a provoqué d’importantes mobilisations dans le pays, des dizaines de milliers de personnes descendant dans les rues pour protester contre les difficultés à se loger. Les manifestations ont surtout dénoncé l’inflation des loyers et une réduction de l’offre résidentielle, au profit notamment des touristes. Le gouvernement de Pedro Sanchez était déjà fragilisé par sa gestion de la crise de Ceuta. Pour rappel, 70 000 Marocains étaient arrivés dans l’enclave espagnole suite à des rumeurs sur les réseaux sociaux évoquant l’ouverture des frontières. Si la majorité d’entre eux étaient repartis quelques heures plus tard, certains se trouvent toujours dans l’enclave espagnole, dans des conditions précaires, deux mois après les événements.  

Le Parti socialiste, le PSOE du Premier ministre Pedro Sánchez, est affaibli face aux partis de droite et d’extrême droite espagnols. 

Selon les sondages, le principal parti conservateur d’opposition, le Parti populaire, devrait devancer les socialistes aux élections. Cependant, il leur sera nécessaire de s’allier avec l’extrême droite espagnole Vox, troisième force politique du pays pour obtenir une majorité absolue et pouvoir gouverner. Alberto Núñez Feijoo, président du PP, s’est d’ailleurs félicité de l’annonce du Premier ministre ce lundi, après avoir demandé à plusieurs reprises la tenue d’élections anticipées. 

En juillet 2023, Pedro Sánchez avait déjà convoqué des élections anticipées mais dans un contexte différent. Le PSOE n’avait pas obtenu de majorité mais avait cependant réussi à rester au pouvoir en s’alliant avec la gauche radicale et des formations indépendantistes catalanes, une coalition devenue au fil des mois de plus en plus fragile.

On continue ce journal en évoquant la chute de l’euro. La devise européenne se trouve à son plus bas niveau depuis mai 2025 face au dollar américain. 

L’euro est repassé lundi sous 1,12 dollar, atteignant jusqu’à 1,1161 dollar, un record depuis dix-sept mois. La monnaie européenne a perdu environ 4,5 % face au dollar depuis le début de l’année. Cela fait maintenant quatre semaines consécutives que la devise est en baisse, impactée, entre autres, notamment par les difficultés industrielles de l’UE et des perspectives sombres.

La situation économique de la France pèse aussi dans cette situation.

Le niveau d’endettement de la France inquiète de plus en plus les marchés. La semaine dernière, alors que le gouvernement présentait son projet budgétaire pour 2027, le taux d’emprunt français est passé à un niveau record depuis 2002. Les marchés font notamment payer à la France son incapacité à contenir son déficit public depuis des décennies. En outre, la France fait face à un contexte de fortes tensions politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.

L’Union européenne peut-elle craindre une crise telle qu’elle l’avait connue à la fin de la décennie 2000 ? 

L’Italie et la Belgique sont largement endettées elles aussi. Et si la situation budgétaire de la France continue de se dégrader, une crise pourrait avoir des conséquences dans l’ensemble de la zone euro. Une crise aux conséquences potentiellement bien plus graves que celles de la crise de la dette publique grecque, il y a maintenant 15 ans. La situation pourrait pousser la Banque centrale européenne à intervenir pour soutenir la dette française, mais en aurait-elle les capacités ? 

On clôture ce journal en restant en France, où aux difficultés financières s’ajoute un contexte social éruptif marqué notamment par les mobilisations lycéennes qui continuent.

Le mouvement de contestation qui touche une grande partie des lycées français se poursuit. Ce mardi matin, plus de 400 lycées étaient bloqués. Depuis fin septembre, les élèves se mobilisent pour dénoncer le manque de moyens, les classes surchargées, le manque d’enseignants ou encore des bâtiments scolaires dégradés, notamment en banlieue. 

Des universités ont rejoint le mouvement de mobilisation. 

Rejoignant les lycéens, des étudiants dénoncent les manques de moyens des universités, les conséquences directes sur l’enseignement et les difficultés d’accès aux masters. La lutte contre la précarité étudiante est aussi au cœur des revendications. Le gouvernement avait récemment indiqué vouloir geler les aides aux logements. Les frais d’inscription pour plus de 70 % des étudiants étrangers non européens ont quant à eux été multipliés par 16. 

La réponse policière, parfois brutale, suscite également une certaine indignation.

Depuis le début des mobilisations, 5 060 personnes ont été placées en garde à vue, dont 87 % de mineurs. Des poursuites judiciaires ont d’ailleurs été engagées contre 1 802 jeunes. Ce lundi à Lens, un jeune de 15 ans a perdu une main, après avoir ramassé une grenade de désencerclement lancée par la police. Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a qualifié la situation d’“humainement dramatique”. 

À ce jour, 215 élèves et 85 personnels éducatifs ont été blessés lors des mobilisations depuis le début du mouvement. Dix enquêtes de l’IGPN sont désormais ouvertes. La Ligue des droits de l’Homme dénonce, je cite, “une dérive globale par rapport à l’État de droit”. 

Un journal de Audrey Heller et Thomas Kox.