Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.
Au programme :
Guerre en Ukraine : l'Europe peine à maintenir son unité sur les sanctions.
Budget européen : Près de 2 000 milliards d'euros prévus, les Vingt-Sept commencent la bataille du prochain budget européen.
Metz : la visite du pape Léon XIV qui se prépare avec étape Europe Metz Schuman.
Bonjour à tous et à toutes. On commence ce journal à Bruxelles où l’Union européenne s’est une nouvelle fois difficilement accordée sur le renouvellement des sanctions envers Moscou alors que l’Ukraine fera bientôt face à son 4ème hiver de guerre.
Après un premier échec lundi, les Vingt-Sept se sont de nouveau réunis mardi matin à Bruxelles pour tenter de s'accorder sur le renouvellement et l’adaptation des sanctions face à la Russie qui ne montre aucune velléité de vouloir arrêter sa guerre en Ukraine, particulièrement meurtrière ces derniers mois, notamment pour les civils ukrainiens.
C’est donc le 22ème paquet de sanctions dont l’objectif est de limiter la Russie dans sa capacité à poursuivre le conflit.
Oui pour rappel les premières sanctions de l’UE contre la Russie remontent à 2014, après l'annexion de la Crimée, mais c'est l'invasion à grande échelle de février 2022 qui a déclenché leur montée en puissance, avec vingt et un trains de sanctions, plus ou moins laborieusement adoptés par les 27. Ceux-ci ont progressivement étendu les mesures à l'énergie, avec notamment un plafonnement du prix du pétrole russe et une interdiction progressive du gaz naturel liquéfié. La finance est aussi concernée avec l'exclusion de grandes banques russes du système Swift, mais aussi le commerce et les transports, avec, entre autres, une liste noire qui cible plus de 550 pétroliers de la flotte fantôme russe qui contournent les sanctions.
Ces sanctions visent aussi des individus.
Oui, près de 3 000 personnes sont visées par des interdictions d'entrée dans l'UE ou un gel des avoirs. On y trouve Poutine, des ministres ou encore des oligarques russes. Mais la dernière négociation a buté sur le cas de deux individus : Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman.
Pour Ousmanov, c'est la France qui a posé son veto, officiellement au nom de la « sécurité nationale ». Selon Le Monde, Paris aurait en réalité négocié en coulisses avec l'Azerbaïdjan, qui détient deux hommes d'affaires français emprisonnés : leur libération contre la levée des sanctions visant cet oligarque Russo-ouzbek.
Pour Fridman, c'est la Slovaquie qui a menacé de bloquer le renouvellement des sanctions s’il restait dans la liste.
Ces deux exemptions ont provoqué des réactions indignées du côté de l’Ukraine.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a qualifié la décision de l’Union européenne de « honteuse et injustifiable ».Sur le réseau social X, il a estimé que Moscou pouvait se réjouir d’obtenir « un sentiment d’impunité, l’humiliation de l’UE et la division entre les Européens ». Volodymyr Zelensky s’est également exprimé sur X en plaidant pour “un renouvellement inconditionnel et opportun des sanctions individuelles, jusqu’à ce que Moscou s’engage dans de réelles négociations de paix ».
On poursuit ce journal en restant à Bruxelles, où les discussions s’engagent concernant le prochain budget de l’UE.
Les ministres des Affaires européennes se sont réunis mardi pour discuter du budget à long terme de l’Union européenne pour la période 2028-2034.
Des négociations qui promettent d’être rudes dans un contexte économique particulièrement délicat et alors que l'Union européenne doit financer de nouvelles priorités, notamment la défense, la compétitivité, le soutien à l’Ukraine et la transition numérique, tout en continuant à financer des politiques traditionnelles comme la politique agricole commune et la cohésion entre les régions européennes.
La commission souhaiterait une augmentation assez conséquente du budget de l’UE.
La Commission européenne a proposé un budget d’environ 2 000 milliards d’euros pour les sept prochaines années. Le cadre financier en cours, celui de 2021-2027 s’élevait à 1 216 milliards d'euros. Mais loin des ambitions de la commission, plusieurs États membres comptent à l’inverse réduire l’enveloppe budgétaire européenne. Dans une déclaration commune, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède ont ainsi réclamé plusieurs centaines de milliards d’euros de coupes dans les dépenses communautaires.
De son côté, le président du Conseil européen, António Costa, défend la création de nouvelles recettes liées à des taxes au niveau européen pour financer les dépenses de l’UE. La Commission estime que ces nouvelles ressources pourraient rapporter plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. Mais les États membres n’ont, pour l’instant, pas trouvé d’accord sur ce sujet.
On sent à Bruxelles une certaine urgence à convenir d’un budget avant 2027.
Antonio Costa compte finaliser les perspectives budgétaires avant la fin de l’année : il sait qu’en 2027, les élections présidentielles prévues en France, au printemps, risquent de rendre les compromis plus difficiles. À cela s’ajoute désormais l’incertitude politique en Allemagne. L’ascension de l’Afd, nationaliste et eurosceptique, fragilise Friedrich Merz alors que l’Allemagne reste à ce jour le premier contributeur net de l’UE. Plus la position de Merz se fragilise, plus sa marge de manœuvre pour accepter des compromis au niveau européen se réduit, ce qui risque de compliquer davantage les négociations.
On termine ce journal à Metz où le pape Léon XIV sera en visite lundi prochain, dernière étape de son voyage en France.
La ville de Metz n'a pas été choisie au hasard. Elle est située à proximité de la frontière allemande et luxembourgeoise et porte une histoire marquée par les guerres franco-allemandes. Le pape doit notamment participer à une rencontre intitulée « Aux racines de l'Europe, pour la paix et l'unité ». Le Vatican présente cette étape comme un moment destiné à adresser un message à l'ensemble du continent.
Léon XIV devrait notamment y parler de paix, de réconciliation et d'unité européenne.
Alors que le continent est confronté, depuis plus de 4 ans et demi, à la guerre en Ukraine, plusieurs représentants des institutions européennes doivent participer à la rencontre de Metz. Le Vatican souligne d'ailleurs que “l'Europe, son avenir et son passé” seront au cœur du discours du pape.
Cette visite fait aussi directement référence à Robert Schuman, l'un des pères fondateurs de la construction européenne.
Le pape doit participer à cette rencontre au Centre Robert Schuman. Robert Schuman a joué un rôle central dans le rapprochement entre la France et l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. C'est lui qui présente, le 9 mai 1950, sa célèbre déclaration proposant de placer la production française et allemande de charbon et d'acier sous une autorité commune, une initiative qui donnera naissance à la Communauté européenne du charbon et de l'acier, ancêtre de l'Union européenne. C'est donc dans cette ville, marquée par les conflits franco-allemands et associée à l'un des fondateurs de l'Europe communautaire, que Léon XIV veut porter son message de paix et d'unité européenne.
Un journal de Thomas Kox et Mathilde Boht.