Aujourd’hui en Europe

Aujourd’hui en Europe - 25 septembre 2026

Emmanuel Macron, président français, au Conseil européen à Bruxelles le 15 décembre 2022. © Union européenne, 2022 - CE - Service audiovisuel Aujourd’hui en Europe - 25 septembre 2026
Emmanuel Macron, président français, au Conseil européen à Bruxelles le 15 décembre 2022. © Union européenne, 2022 - CE - Service audiovisuel

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • France : Emmanuel Macron dément que la CIA aurait alerté la France d’une possible attaque de la Russie.
  • Annonce de l’UE : 43 millions d’euros débloqués pour rétablir les services essentiels à Gaza.
  • Ukraine : deux soldats nord-coréens capturés ont été transférés en Corée du Sud. 

On commence ce journal en France, avec les déclarations d’Emmanuel Macron ce jeudi sur TF1. Le président a démenti les informations selon lesquelles la CIA aurait alerté la France d’une possible attaque de drones russes visant le sud de l’Europe. 

Selon le quotidien espagnol El Mundo, les services de renseignement américains auraient alerté plusieurs gouvernements européens au sujet d’une possible opération russe qui pourrait frapper l’Espagne, la France ou l’Italie. Cette opération consisterait à lancer des drones explosifs depuis des conteneurs dissimulés à bord de navires marchands, d’après le quotidien.

Une source proche du ministère lituanien de la Défense, citée par El Mundo, affirme que la méthode envisagée par Moscou rappellerait l’opération ukrainienne « Toile d’araignée ». Lors de cette opération, Kyiv avait dissimulé des drones dans des camions circulant en Russie, avant de les utiliser à proximité d’aérodromes stratégiques. « Les Russes utiliseront des drones lancés depuis la mer, cachés dans le conteneur d’un bateau. Ce n’est pas difficile du tout », a expliqué cette source, sous couvert d’anonymat.

Le président français a affirmé que la CIA n’avait pas informé les services français d’une telle attaque. Il a toutefois estimé qu’un scénario de ce type était plausible.

« Mais quand vous me posez la question : « Est-ce que ça peut arriver ? », ma réponse est oui », a déclaré Emmanuel Macron.  Le président français a également estimé que la Russie considère l’Europe comme une profondeur stratégique de l’Ukraine. Selon lui, le soutien européen à l’Ukraine pourrait donc faire des pays européens des cibles potentielles.

Une alerte que l’Italie a également démentie.

Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, s’est également exprimé sur X à ce sujet en se montrant plus rassurant. Il a déclaré que l’alerte évoquée par le journal espagnol concernant de possibles attaques contre la France, l’Italie et l’Espagne par des navires et drones russes n’était, je cite, « corroborée par aucun élément », reconnaissant cependant que la situation était inquiétante.

Ces mises en garde interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et l’Europe.

Dans son intervention, Emmanuel Macron est notamment revenu sur l’incident survenu à l’aéroport de Leipzig/Halle, en Allemagne. Dans la nuit du 4 au 5 août, un drone chargé d'explosifs avait été découvert dans une zone sécurisée de l'aéroport, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens.  L’Allemagne avait attribué cette tentative à la Russie. 

Le président français a également déclaré que Moscou « multiplie les actes hostiles et parfois criminels à l’égard des pays européens ». Il estime ainsi que la menace russe à l’égard de l’Europe doit être prise au sérieux, et que la Russie serait prête à tout et à faire encore plus de sacrifices pour prendre l’ensemble du Donbass. 

On continue ce journal avec l’annonce de l’UE de débloquer 43 millions d’euros pour rétablir les services essentiels à Gaza.

L'Union européenne vient de lancer ses deux premiers projets dans le cadre de son initiative « Team Gaza ». Ils représentent un financement de 43 millions d'euros et doivent permettre de rétablir certains services essentiels pour la population de Gaza. Les projets ont été signés mercredi, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Concrètement, à quoi vont servir ces 43 millions ?

Une première enveloppe de 37 millions d'euros doit permettre d'améliorer l'accès à l'eau potable et de réduire l'exposition aux eaux usées. Le projet est mené avec l'UNICEF et doit concerner environ un million de personnes. Les six millions d’euros restants seront consacrés à la collecte et au traitement des déchets, avec le Programme des Nations unies pour le développement, le PNUD. L'objectif est notamment de réduire les risques sanitaires liés à l'accumulation des déchets.

Pourquoi parler de « rétablissement » des services plutôt que de l’aide humanitaire ?

Car l'Union européenne veut aller au-delà de l'aide d'urgence. L'initiative « Team Gaza » vise ce que l'UE appelle le « early recovery », c'est-à-dire commencer à remettre en fonctionnement les infrastructures et les services nécessaires à la vie quotidienne, alors même que la situation reste une situation de crise.

Ces deux projets sont les premiers d'une initiative beaucoup plus large.

Lancée en juillet, « Team Gaza » doit mobiliser près de 900 millions d'euros de financements de l'Union européenne associée dans ce projet à plusieurs États et d'autres partenaires internationaux. Les domaines concernés vont de l'eau et de l'assainissement à la santé, l'énergie, l'agriculture et l'alimentation. L'enjeu maintenant est donc de passer des financements annoncés aux projets réellement mis en œuvre sur le terrain.

On termine ce journal en Ukraine, où deux soldats nord-coréens capturés ont été transférés en Corée du Sud. 

Deux soldats nord-coréens capturés par l’armée ukrainienne viennent d’être transférés en Corée du Sud. L’annonce a été faite par Volodymyr Zelensky devant l’Assemblée générale de l’ONU, puis confirmée par Séoul. Ils avaient été capturés en janvier 2025, dans la région russe de Koursk, où des soldats nord-coréens combattaient aux côtés des forces russes.

Pourquoi leur capture est-elle assez exceptionnelle ?

Selon Volodymyr Zelensky, les soldats nord-coréens avaient reçu l’ordre de se suicider plutôt que de se laisser capturer. L’un des deux hommes aurait d’ailleurs tenté de mettre fin à ses jours au moment de son arrestation. 

Ces deux soldats auraient ensuite demandé à ne pas être renvoyés en Corée du Nord, mais à rejoindre la Corée du Sud. Ils auraient donc choisi de faire défection : autrement dit, de quitter les rangs dans lesquels ils combattaient et de demander à rejoindre le camp sud-coréen.

Comment ces deux hommes peuvent-ils finalement être accueillis en Corée du Sud ?

Leur transfert a nécessité des négociations entre Kyïv et Séoul, notamment parce qu’ils étaient considérés comme des prisonniers de guerre. Une fois arrivés en Corée du Sud, ils doivent d’abord faire l’objet d’une procédure d’identification et d’enquête par les services sud-coréens. 

Ils pourront ensuite intégrer le dispositif de réinsertion prévu pour les Nord-Coréens arrivant en Corée du Sud. Ils passent notamment par Hanawon, un centre où ils suivent environ douze semaines de formation à l’adaptation à la société sud-coréenne, avec notamment un accompagnement professionnel et psychologique.

Cette annonce rappelle que la Corée du Nord est directement impliquée aux côtés de la Russie.

Selon les estimations sud-coréennes, entre 14 000 et 15 000 soldats nord-coréens ont été déployés en Russie depuis fin 2024, principalement dans la région de Koursk. Une implication qui internationalise encore davantage le conflit entre la Russie et l’Ukraine.

Un journal de Augustin Giaumé, Elise Houben et Thomas Kox.