Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 24 juin 2024

À gauche, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. À droite, Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine © ZUMA Press, Inc Aujourd'hui en Europe - 24 juin 2024
À gauche, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. À droite, Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine © ZUMA Press, Inc

Aujourd'hui en Europe est un format quotidien regroupant les actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction Euradio à Bruxelles. Avec Alizée Lambin, Paloma Biessy, Thomas Kox, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde. 

Au programme : 

  • Négociations autour de l’adhésion de l’Ukraine et la Moldavie débutent cette semaine.
  • Menace très musclée de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah libanais à l’encontre de Chypre.
  • Nouvelles sanctions européennes à l'encontre du gaz naturel liquéfié russe (GNL).

Bonjour, ouvrons journal en évoquant cette annonce des pays de l'Union européenne : les négociations autour de l’adhésion de l’Ukraine et la Moldavie vont débuter cette semaine.

Tout à fait, et il s’agit d’une étape de plus de franchie pour ces deux anciennes républiques soviétiques qui, pour rappel, avaient obtenu le statut de candidats à l’adhésion dans l’UE, en juin 2022, quelques mois après le début de l’offensive russe en Ukraine. Et ce, dans un geste à forte portée symbolique. 

Vendredi 21 juin, alors que les ministres des Finances de l'UE étaient réunis à Luxembourg, ils ont fini par  adopter le cadre des négociations pour ces deux pays candidats, confirmant un accord de principe - on le rappelle -  trouvé péniblement la semaine dernière.

Cet accord ouvre donc la voie à des négociations en bonne et due forme - demain - mardi 25 juin - à Luxembourg ?

Tout à fait. À noter que les négociations d'adhésion entre l'UE et un pays tiers se font dans le cadre d'une conférence intergouvernementale (CIG). Conférence qui marque le début officiel des pourparlers d’adhésion, généralement longs et ardus.

La Hongrie - qui remplacera par ailleurs la Belgique à la présidence tournante du Conseil de l’UE le 1 juillet-  freinait jusque là - l'ouverture des négociations avec l'Ukraine notamment. 

Effectivement. Depuis plus d’un an, l’eurosceptique Viktor Orban - à la tête de la Hongrie - menait une politique d'obstruction délibérée à l’égard de l’aide à l’Ukraine. Pour rappel, lors des dernières négociations concernant l’intégration de l’Ukraine à l'UE, Budapest avait été jusqu’à menacer de faire usage de son droit de véto pour couper court à toute négociation, avant de finalement s'abstenir. 

Et comment expliquer que l’exécutif européen relance les négociations ? 

Et bien les conditions préalables sont toutes remplies par Kiev et Chisinau selon la Commission européenne. Notamment au niveau des mesures entreprises pour lutter contre la corruption et l'emprise des oligarques, qui a longtemps rongé ces deux pays. 

Il n’empêche que l’éventuelle entrée de l'Ukraine dans l’UE, un pays de plus d’environ 35 millions d'habitants, et une puissance agricole posera immanquablement de nombreux défis.

Poursuivons ce tour de l’actualité avec - la semaine dernière -  cette menace très musclée de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah libanais à l’encontre de Chypre, avec en toile de fond la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas.

Tout à fait, le chef religieux chiite et homme politique a proféré des menaces de représailles à l’encontre de  Nicosie, affirmant que Chypre pourrait devenir une cible du Hezbollah libanais - allié du Hamas - . Hassan Nasrallah assure détenir des preuves selon lesquelles Chypre serait disposée à aider l’armée israélienne, en lui donnant accès aux aéroports chypriotes dans l’éventualité où  le conflit israélo-palestinien s’étendrait au Liban. Pour rappel, l’escalade des tensions s’accroît de plus en plus à la frontière entre l'État hébreu et le Liban.

Le Président chypriote, Nikos Christodoulides a quant à lui nié toute implication dans ce conflit.

“La République de Chypre n'est, en aucun cas, impliquée dans des conflits” a assuré le président chypriote en rappelant la neutralité et le rôle que l’île a joué dans la mise en place d’un corridor maritime pour acheminer l’aide humanitaire à Gaza. 

Si ces dernières années Nicosie et Tel-Aviv ont renforcé leur coopération en matière de défense, Chypre entretient également une bonne politique de voisinage avec Beyrouth. Les autorités chypriotes ont donc assuré qu’elles ne permettraient pas à un État d’utiliser son territoire pour des opérations militaires contre un autre État

En parallèle, l’UE a exprimé son soutien inconditionnel à Nicosie. 

“Toute menace contre l’un de nos États membres est une menace contre l’Union européenne” a déclaré Peter Stano, porte-parole de l’UE.

Les Occidentaux s’inquiètent de la possibilité que le conflit entre Israël et le Hamas ne s’agrave avec une possible extension libanaise alors que se multiplient les anicroches entre Tsahal et le Hezbollah libanais. 

Concluons ce journal en évoquant de nouvelles sanctions européennes à l'encontre du gaz naturel liquéfié russe (GNL) que plusieurs États membres continuent d'acheter alors que la guerre se poursuit en Ukraine.

Il s’agit oui du quatorzième train de mesures à l’encontre de Moscou décidé depuis février 2022. Ces nouvelles sanctions de l'UE visent notamment à freiner cette activité lucrative pour Moscou et à limiter la capacité de la Russie à lever des fonds pour financer sa coûteuse guerre contre l'Ukraine. 

Et pour la première fois, ces sanctions concernent le gaz naturel liquéfié russe. L'embargo sur le GNL n'est cependant pas une interdiction totale des importations, comme l'Union l'a fait précédemment avec le charbon et le pétrole maritime. Les entreprises de l'UE seront toujours autorisées à acheter du GNL russe, mais il leur sera interdit de le réexporter vers d'autres pays, une pratique connue sous le nom de "transbordement".

Et quels sont les pays “plaques-tournantes” du GNL en Europe  ?

La Belgique, la France et l'Espagne, sont principaux points d'entrée du GNL russe

D’après le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) -une organisation indépendante qui suit les combustibles fossiles russes - en 2023, l'UE aura payé 8,3 milliards d'euros pour 20 milliards de mètres cubes de GNL russe, ce qui représente 5 % de la consommation totale de gaz.

Un journal d'Alizée Lambin et Paloma Biessy