Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 17 avril 2026

Le président libanais, Joseph Aoun, en 2018.  Source : Arlington National Cemetery, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons Aujourd'hui en Europe - 17 avril 2026
Le président libanais, Joseph Aoun, en 2018. Source : Arlington National Cemetery, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Liban - Israël : un cessez-le-feu fragile 
  • Hongrie : Péter Magyar ouvre l’après-Orbán
  • Guerre en Ukraine : Kiev presse ses alliés d’agir après de nouvelles frappes massives 

On ouvre ce journal au Liban où un cessez-le-feu a été annoncé avec Israël jeudi soir. 

Oui, une trêve de dix jours est entrée en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi, à minuit, heure locale, après plus d’un mois de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. L’accord a été conclu entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun, avec une forte médiation américaine. Le président des États-Unis, Donald Trump, en a officialisé l’annonce. 

Mais le dialogue entre dirigeants israéliens et libanais ne s’est fait qu’indirectement.

Oui, si Israël et le Liban ont accepté mardi d’entamer des négociations à Washington en vue d’une cessation des hostilités, les discussions directes, un temps prévues entre Benjamin Netanyahou et le président libanais Joseph Aoun ont été annulées au dernier moment. À Beyrouth, toute forme de dialogue avec Israël reste très impopulaire, ce qui oblige le président Joseph Aoun à ménager son opinion publique. Dans ce contexte, une rencontre avec le Premier ministre israélien aurait pu fragiliser sa position intérieure, d’autant plus que B. Netanyahu fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crime contre l’humanité et crime de guerre depuis la guerre à Gaza. 

La milice pro-iranienne Hezbollah n'a pas non plus pris part à ces discussions.

Oui, le Hezbollah est resté en retrait des négociations. Le mouvement avait ouvert un nouveau front le 2 mars en attaquant Israël, dans un contexte de tensions régionales liées à l’Iran impliquant les États-Unis et Israël. Ce cessez-le-feu s’inscrit d’ailleurs dans une séquence plus large, alors que la trêve conclue début avril entre Israël et l’Iran arrive elle aussi à échéance dans les prochains jours. 

À peine entré en vigueur, le Liban accuse, sur le réseau social X, Israël de violer le cessez-le-feu.

Oui, pendant la nuit, l’agence nationale de l’information libanaise a fait état de bombardements sur la localité de Khiam et le village voisin de Debbine. De son côté, l’armée israélienne appelle les habitants à ne pas regagner le sud du fleuve Litani, où des troupes israéliennes sont toujours présentes. Des accusations qui fragilisent déjà une trêve encore très incertaine. 

Dans ce contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, la question de la sécurité des routes énergétiques reste centrale pour les Européens.

Le président français Emmanuel Macron réunit aujourd’hui à Paris plusieurs dirigeants européens, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni. Au cœur des discussions : la mise en place d’une mission pour sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, régulièrement menacé par les tensions avec l’Iran.

On continue ce journal en Hongrie, où Péter Magyar a annoncé ses premières mesures.

Oui, tout d’abord, lors d’une interview avec la chaîne publique hongroise, le futur premier ministre a menacé cette dernière de fermeture, l’accusant de faire de la propagande “à la nord coréenne”. Il a aussi fustigé la télévision publique en déclarant avoir été victime de diffamation de la part de celle-ci pendant les élections, avec de fausses déclarations sur sa famille. Péter Magyar s’est ensuite engagé à transformer cet organe en un service public indépendant, qui réunira des conditions “objectives et impartiales pour mettre un terme à cette propagande”.

Mais ce n’est pas la seule mesure annoncée par le futur premier ministre lors de ses deux premières interviews depuis les élections.

Tout à fait, mercredi, lors de la même interview, Péter Magyar a demandé à Viktor Orban la levée du veto sur l’aide de 90 milliards d'euros vers l’Ukraine, le gouvernement Orban fonctionnant toujours en tant que gouvernement exécutif pendant les 30 prochains jours. Le premier ministre sortant a quant à lui annoncé que le “véto technique” sera retiré quand les flux de pétrole reprendront par l’oléoduc de Droujba, dont la fermeture avait causé des tensions avec Kyiv, alimentant la campagne de Viktor Orban. Et même si l’Union européenne prépare déjà le premier versement de l’aide, cruciale pour Kyiv, la décision dépend encore de ce dernier. 

Des représentants de la Commission européenne se déplacent d’ailleurs ce vendredi à Budapest pour rencontrer l’équipe du futur premier ministre.

Oui, cette visite aura pour but d’entamer le déblocage de 17 milliards d’aide de l’UE pour la Hongrie, gelés sous le mandat de Viktor Orban en raison de préoccupations vis-à-vis de la corruption et de l’état de droit dans le pays. Péter Magyar, qui s’était engagé en cas de victoire aux élections à reconstruire celui-ci, a annoncé ce lundi la mise en place d’un plan en quatre étapes, consacré au respect des conditions d’accès aux fonds européens. Mais le déblocage de ceux-ci ne sera pas la seule question abordée vendredi : les deux parties vont aussi discuter de l’Ukraine, afin de régler les différends amorcés pendant le mandat du premier ministre sortant.

Et alors que le réchauffement des relations entre Budapest et Kyiv est en cours, la Russie espère toujours maintenir son emprise énergétique sur Budapest.

Oui, si l’avenir des relations diplomatiques entre Moscou et Budapest semble s’assombrir, Vladimir Poutine dispose toujours de leviers en Hongrie . Il compte en effet sur le “pragmatisme” annoncé par Péter Magyar pour maintenir la dépendance de la Hongrie aux hydrocarbures russes. Maxime Ioussine, l’éditorialiste porte-voix du Kremlin, écrivait mardi à ce sujet je cite que malgré tout, Péter Magyar reste un “nationaliste” qui risque d’être “guidé en premier lieu par les intérêts hongrois, et non par les intérêts européens”. 

On clôture ce journal en Ukraine, où Kyiv accuse de nouvelles frappes massives menées par la Russie, qui ont fait au moins 19 morts et plus d’une centaine de blessés.

Ce mercredi et ce jeudi, le pays a été victime de bombardements russes qui ont visé plusieurs villes ukrainiennes. Ces frappes, comptant parmi les plus violentes de ces dernières semaines, ont causé un bilan particulièrement meurtrier à Odessa, Kherson, Dnipro, et Kyiv, la capitale. Le ministère de la défense russe revendique quant à lui des attaques “contre des cibles du complexe militaro-industriel” ukrainien, en réponse aux récentes opérations militaires de Kyiv, qu’il qualifie de “terroriste”.

Et face à cette nouvelle vague d’attaques, Kyiv appelle à une réaction internationale.

Oui, Andrii Sybiha, ministre des affaires étrangères ukrainien a réagi aux frappes russes en exhortant la communauté internationale à agir le plus rapidement possible. Au lendemain de ces nouvelles frappes meurtrières, il a dénoncé le délai avec lequel les sanctions contre la Russie sont prises, en qualifiant cette latence “d’immorale, contre-productive et dangereuse”.

Un journal de Mathilde Boht et Nicolas Le Guily.