Aujourd’hui en Europe

Aujourd’hui en Europe - 1 octobre 2026

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez lors d’une session plénière au Parlement européenne le 13 décembre 2023. © European Union 2023 - Source : EP Aujourd’hui en Europe - 1 octobre 2026
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez lors d’une session plénière au Parlement européenne le 13 décembre 2023. © European Union 2023 - Source : EP

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • Ukraine : des frappes russes continuent de viser les infrastructures énergétiques.
  • Espagne : la crise à Ceuta suscite de nouvelles tensions.
  • Espagne : la visite du président français Emmanuel Macron. 

On commence ce journal en Ukraine, où les frappes russes continuent de viser les infrastructures énergétiques, à l'approche de l'hiver.

Des frappes russes ont fait au moins cinq morts mercredi à Kyïv, selon les autorités ukrainiennes. Plusieurs infrastructures énergétiques ont été touchées, provoquant des coupures de courant dans la capitale. C'est la première fois depuis l'hiver dernier que la Russie reprend ses frappes massives sur l'énergie à Kyïv.

Selon le Premier ministre ukrainien Serguiï Koretsky, ces bombardements marquent le début d'une nouvelle campagne russe contre le secteur énergétique. L'an dernier, ces frappes avaient déjà privé des millions de personnes d'électricité et de chauffage, par des températures descendues jusqu'à -20 degrés.

Pour faire face, Kyïv réclame davantage de moyens de défense à ses alliés.

L'Ukraine manque cruellement d'intercepteurs contre les missiles balistiques et les nouveaux drones russes à réaction, plus rapides et plus difficiles à abattre.

Même si depuis le retour de Donald Trump, Washington ne finance plus de nouvelle aide à l'Ukraine, le Pentagone vient toutefois d'engager 400 millions de dollars votés par le Congrès fin 2025, malgré les réticences de la Maison Blanche : des armes, des munitions, des véhicules. Mais pas d'intercepteurs Patriot.

La Russie aurait par ailleurs constitué d'importants stocks de drones et de missiles en prévision de l'hiver, ce qui fait craindre une intensification des frappes.

Kyïv manque d’armements et d’intercepteurs mais fait aussi face à des difficultés budgétaires et se tourne vers Bruxelles.

Les nouveaux appels à l’aide de l’Ukraine à l’UE suscitent une certaine crispation à Bruxelles qui fait également face à des budgets sous tension, à des opinions publiques réticentes et à l’approche d’élections cruciales en 2027, notamment en France. L'UE rappelle aussi que 15 milliards destinés au budget ukrainien attendent encore des réformes contre la corruption. Si les demandes ukrainiennes se faisaient plus pressantes dans les prochaines semaines, le débat sur l'utilisation des 210 milliards d'euros d'avoirs russes gelés en Europe pourrait donc ressurgir, malgré l'opposition de la Belgique. Les ministres des Finances des 27 devraient évoquer le sujet le 9 octobre.

En parallèle de la guerre qu’elle mène en Ukraine, la Russie se fait également toujours plus martiale et menaçante face aux pays européens.

En ce moment au cœur de ces tensions : Kaliningrad, une enclave russe située entre la Pologne et la Lituanie, deux pays membres de l'OTAN, une zone abrite d'importantes installations militaires.

Moscou accuse l'OTAN de chercher à isoler Kaliningrad. Dans une lettre adressée à l’alliance atlantique, la Russie s'est dite prête à utiliser l'ensemble de son arsenal, y compris nucléaire, si la région était coupée du reste du pays.

Mark Rutte a toutefois tenu à relativiser cette menace.

Interrogé par Euronews à Bruxelles, le secrétaire général de l'OTAN affirme qu'il n'existe « pas de menace immédiate » contre le territoire de l'Alliance. Selon lui, Moscou cherche surtout à détourner l'attention de la guerre en Ukraine et à diviser les alliés. Il appelle l'OTAN à rester calme, à continuer de soutenir l'Ukraine et à investir davantage dans la défense.

« Nous sommes une alliance défensive. Il faut mettre fin à la menace nucléaire. Cela n'a absolument pas lieu d'être et n'est d'aucune utilité. Et, surtout, il faut mettre fin à la guerre en Ukraine, qui est une guerre d'agression non provoquée contre l'Ukraine », a déclaré Mark Rutte.

On continue ce journal en Espagne, où la crise à Ceuta suscite de nouvelles tensions. 

Depuis l’arrivée soudaine de plus de 70 000 migrants à la fin du mois de juillet, la situation reste tendue dans le petit territoire espagnol enclavé au Maroc. Si la majorité de ces personnes étaient d’ailleurs retournées au Maroc quelques heures après leur arrivée, 3 000 à 3 500 migrants se trouvent toujours aujourd’hui dans l’enclave, le plus souvent en dehors des structures d'accueil. Alors que 2 200 mineurs migrants ont été placés sous protection à Ceuta, 500 à 700 d’entre eux seraient toujours dans la rue. 

Si l’Espagne a largement renforcé le contrôle de la frontière de l’enclave depuis juillet, la question du rôle joué par les autorités marocaines dans l’arrivée massive de ces dizaines de milliers de jeunes à Ceuta reste pour l’heure sujette à débats. Des arrivées à la nage, qui, rappelons-le, se sont soldées par la mort de plus de 140 personnes, principalement des jeunes attirés par l’espoir d’une vie meilleure côté espagnol après des rumeurs de l’ouverture de la frontière qui avaient tourné sur les réseaux sociaux.

La gestion de cette crise est critiquée, notamment par Amnesty International qui  accuse les forces espagnoles de violences contre des migrants.

Après une enquête menée à Ceuta en septembre, l’ONG affirme avoir recueilli plus de 20 témoignages directs faisant état de passages à tabac, d’humiliations, de violences avec des matraques et des bottes, mais aussi d’expulsions effectuées sans procédure. L’organisation demande donc l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour déterminer les éventuelles responsabilités. Elle estime que certains des faits rapportés pourraient, s’ils étaient établis, constituer des actes de torture ou des traitements cruels..

On clôture ce journal toujours en Espagne, avec la visite du président français Emmanuel Macron.  

En déplacement à Madrid, le président français a affiché son soutien à l’Espagne face à la crise migratoire. Il a estimé que le pays avait été, je cite, « victime d’une attaque multiple » et a appelé les Européens à faire preuve de davantage de solidarité.

Emmanuel Macron défend notamment une réponse européenne commune pour mieux protéger les frontières de l’Union. Il appelle toutefois à trouver un équilibre entre responsabilité et solidarité, avec des mesures fermes pour contrôler les frontières, mais toujours dans le respect du droit européen et des valeurs de l’Union.

Cette visite intervient toutefois dans un contexte particulier pour les relations franco-espagnoles.

Mardi, le Sénat espagnol a rejeté le traité d’amitié et de coopération signé en 2023 par Emmanuel Macron et Pedro Sánchez. Ce texte devait renforcer la coopération entre les deux pays, notamment dans les domaines de l’économie, de l’énergie, de l’environnement, de l’éducation et de la sécurité.

Le texte avait déjà été ratifié par la France, mais le Sénat espagnol l’a rejeté par 142 voix contre 106. Le Parti populaire et Vox se sont opposés au traité. L’un des points qui faisait débat concernait notamment la possibilité pour un membre du gouvernement français de participer à certaines réunions du gouvernement espagnol. 

Malgré ce rejet, Pedro Sánchez et Emmanuel Macron ont voulu afficher leur volonté de poursuivre leur coopération. Le Premier ministre espagnol s’est excusé auprès du président français et a promis de faire adopter un nouvel accord avant la fin de la législature.

Un journal de Elise Houben, Thomas Kox et Audrey Heller.