Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 3 avril 2025

© Site officiel de la Maison Blanche Aujourd'hui en Europe - 3 avril 2025
© Site officiel de la Maison Blanche

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'euradio à Bruxelles. Avec Gaspard Timmermans, Robin Job Thomas Kox, Paul Thorineau et Ulrich Huygevelde.

Au programme

  • L’annonce des droits de douanes de Donald Trump
  • La nouvelle autorisation de voyage pour accéder au Royaume-Uni
  • La fermeture de la dernière centrale à charbon finlandaise

Bonjour Gaspard, on commence ce journal en revenant sur la nouvelle annonce de droits de douanes de Donald Trump. Le président américain a notamment dévoilé une taxe de 20 % sur les produits européens.

Oui, le président américain a dévoilé ce mercredi 2 avril une série de nouvelles taxes visant les partenaires commerciaux des États-Unis. Il a déclaré cette date comme le " liberation day”, le jour où, je le cite, les Etats-Unis “se libèrent de leurs importations en faveur de leur indépendance économique”.

Ces nouvelles taxes douanières seront d’application les 5 et 9 avril.

Oui la Maison-Blanche a précisé que ces droits de douane réciproques seront appliqués en deux phases : dès le 5 avril à 6 h 01 (heure de Paris), une taxe minimale de 10 % sera imposée sur tous les produits importés aux États-Unis. Puis, le 9 avril à la même heure, des taxes plus élevées prendront effet, notamment à hauteur de 34 % pour la Chine et de 20 % pour l’Union européenne.

L’Union européenne a jusqu’à présent adopté une posture modérée pour faire face aux premières offensives douanières de la nouvelle administration à Washington.

En cantonnant les droits de douanes à certains produits emblématiques américains, l’UE a privilégié une réplique mesurée. En appliquant des droits de douanes similaires à ceux imposés par l’administration Trump sur les métaux industriels, les 27 ont jusqu’à présent cherché à éviter l’escalade de la guerre commerciale.

Cependant, avec ces nouveaux droits de douanes imposés par Donald Trump, l’UE prévoit une réponse plus massive pour défendre les intérêts économiques des Etats membres.

“Nous aborderons ces négociations en position de force”, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un discours prononcé devant le Parlement européen mardi, à la veille de l’annonce par Trump de l’imposition de droits de douane importants.

“L’Europe a beaucoup de cartes en main. Du commerce au numérique, en passant par la taille de notre marché. Mais cette force repose également sur notre volonté de prendre des contre-mesures fermes. Tous les instruments sont sur la table.” a-t-elle poursuivi. L’Union européenne exporte davantage d’automobiles, de produits pharmaceutiques et de denrées alimentaires qu’elle n'importe des États-Unis, mais elle est déficitaire en matière de services, ce qui lui confère un levier en cas de conflit commercial.

La Commission européenne prépare notamment des représailles ciblant 26 milliards d’euros d’exportations américaines. 

Oui, Bruxelles pourrait durcir les règles sur les grandes entreprises tech, taxer les banques américaines ou ralentir l’octroi de licences commerciales. Le règlement sur les marchés numériques, le DMA, Digital Markets Act, pourrait aussi être utilisé contre Apple et Meta, avec une décision attendue cette semaine. 

Même les leaders européens proches de l'administration Trump s’inquiètent des conséquences de cette guerre commerciale.

Oui la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a ainsi été la première dirigeante d’un gouvernement de l’UE à réagir au coup porté par Trump sur les tarifs douaniers, qualifiant cette décision de « mauvaise et contraire aux intérêts des deux parties. »  Selon la plupart  des économistes, cette décision et les contre-mesures qui seront prises devraient porter un rude coup à la dynamique de l’économie mondiale, peut-être même entraîner une augmentation de l'inflation.

On poursuit ce journal en évoquant la mise en place d’une autorisation de voyage électronique au Royaume-Uni pour les voyageurs européens.

Oui les touristes européens qui voudront passer outre-Manche devront désormais être munis de leur autorisation de voyage électronique, l’ETA, pour Electronic Travel Authorisation. Obligatoire à partir du mercredi 2 avril, ce document numérique qui coûtera 12 euros sera exigé dans la gare ou l’aéroport de départ. Selon le gouvernement britannique, cette initiative est censée « sécuriser les frontières », en « numérisant le système d’immigration ».

Ce n’est pas le 1er pays qui adopte ce  système déjà appliqué dans bien d'autres pays.

Oui ce système avait été imposé en janvier aux ressortissants d’une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis, le Canada et l’Australie. Pour obtenir l’ETA, les voyageurs doivent remplir un questionnaire en ligne, se photographier et payer 12 euros, puis 19 euros, à partir du 9 avril. Cette démarche permettra d’accélérer les contrôles des voyageurs à l’arrivée sur le sol britannique par des portiques automatisés. L’ETA permet de séjourner au Royaume-Uni pendant six mois au maximum et autorise un nombre de voyages illimités pendant deux ans, mais la demande doit être renouvelée s’il y a un changement de passeport.

L'Union européenne envisage déjà de mettre en place un système similaire.

L’UE envisage de mettre en place le même type de système, avec Etias (pour European Travel Information and Authorisation System). Cette autorisation permettrait de voyager dans 30 pays européens, et serait mise en vigueur à partir de 2026.

On termine ce journal en abordant la fermeture en Finlande de la dernière centrale électrique à charbon, marquant, dans ce pays, « la fin de l’ère » du combustible noir. 

L’une des plus grandes entreprises d’énergie de Finlande, Helen, a annoncé, mardi 1er avril, la fermeture de la dernière centrale électrique à charbon du pays, marquant ainsi « la fin de l’ère du charbon » pour le pays nordique. Grâce à cette fermeture, les émissions annuelles de CO₂ d’Helsinki baisseront de 30 %, selon la compagnie d’énergie gestionnaire de la centrale Salmisaari. Située dans le centre d’Helsinki, cette centrale produisait de l’électricité et alimentait le réseau de chaleur urbain de la capitale du pays, mais émettait du dioxyde de carbone, qui contribue au réchauffement climatique.

Grâce à cette fermeture, les émissions annuelles de CO2 de l’entreprise Helen devraient fortement diminuer. 

Oui les émissions de la compagnie d’énergie seront réduite de moitié par rapport aux niveaux de 2024 a déclaré la compagnie d’énergie, dont la ville d’Helsinki est propriétaire.  Cela équivaut à une réduction de 2 % à l’échelle du pays. « L’abandon du charbon est une étape concrète vers la production d’énergie propre, autosuffisante et abordable d’Helen », a déclaré Olli Sirkka, directeur général de l’entreprise. En 35 ans, la compagnie d’énergie a réussi à réduire ses émissions de 80%. 

Un journal de Gaspard Timmermans et Robin Job.