Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme :
- Le Parlement européen parvient à un accord sur le pacte commercial avec les États-Unis.
- Le président ukrainien Zelensky annoncera des élections anticipées et un référendum sur la fin de la guerre, selon le Financial Times
- Pour renouer avec Trump, l'Otan lance la nouvelle mission "Arctic Sentry" en Arctique, la Russie menace de "contre-mesures"
On ouvre ce journal à Strasbourg, où le Parlement européen dit avoir trouvé un compromis sur le pacte commercial entre l’UE et les États-Unis — une série de textes destinés à mettre en œuvre l’accord douanier conclu l’été dernier entre Bruxelles et Washington.
Oui, mardi 10 février, les principaux groupes politiques du Parlement européen se sont accordés sur une position commune, après plusieurs semaines de blocage. L’objectif est d'éviter une nouvelle escalade commerciale entre Bruxelles et Washington. Le cœur de l’accord, négocié fin juillet 2025 par Ursula von der Leyen et Donald Trump, est simple : les États-Unis limiteraient leurs droits de douane à 15% sur la plupart des produits européens, tandis que l’Union supprimerait une large partie de ses tarifs sur les importations américaines. Concrètement, cela donnerait un cadre plus stable aux entreprises, notamment dans l’automobile, la chimie ou l’agroalimentaire, en fixant des plafonds de taxes et des règles de riposte. Le paquet précise aussi, produit par produit, comment l’UE applique ces règles.
Un accord aux enjeux massifs : la relation transatlantique pèse environ 1 600 milliards d’euros d’échanges de biens et services sur l’année 2024.
Oui cet accord intervient après un premier échec il y a quelques semaines qui faisait suite à des menaces de nouveaux droits de douane annoncées par Donald Trump sur fond de bras de fer autour du Groenland. Les eurodéputés ont donc ajouté plusieurs garde-fous au texte.
Premier de ces garde-fous : une clause de suspension.
Oui si Washington ne respecte pas l’accord — ou si les intérêts de sécurité et l’intégrité territoriale de l’Union ou d’un État membre sont menacés — l’UE pourrait geler les avantages et réintroduire des droits de douane.
Deuxième garde-fou : une date de fin. Les allègements tarifaires européens expireraient fin mars 2028, sauf décision explicite de les prolonger.
Et puis il y a le dossier le plus sensible : l’acier. Le texte prévoit que les tarifs européens pourraient être automatiquement rétablis si, dans les prochains mois, les États-Unis ne ramènent pas à 15% leurs droits de douane sur plus de 400 produits liés à l’acier — un point censé être réglé dès l’accord de juillet, mais qui reste en suspens.
Dans l’hémicycle, le débat reste vif : certains dénoncent un texte déséquilibré, puisque Washington conserve son plafond de 15% quand l’UE ouvre davantage son marché ; d’autres répondent que c’est le prix de la prévisibilité, pour des entreprises déjà secouées par les menaces de guerre commerciale.
Prochaine étape : un vote en commission du commerce international le 24 février, puis un vote en plénière début mars. Ensuite, il faudra finaliser avec les États membres. En clair : le Parlement avance, mais ce n’est pas encore la dernière ligne droite.
On continue ce journal en Ukraine où, sous la pression américaine, un débat politique secoue Kiev autour de la tenue ou non de prochaines élections présidentielles et d’un éventuel référendum sur un possible accord de paix avec la Russie.
Initialement prévue le 31 mars 2024, l’élection présidentielle ukrainienne avait été repoussée dans le contexte de la loi martiale en vigueur depuis l’invasion russe. Des révélations du Financial Times mercredi annonçaient la possible tenue d’élections et d’un référendum sur un accord de paix le 24 février 2026, date qui marque la quatrième année de guerre en Ukraine.
La tenue d’élections présidentielles est cependant, jusqu’ici, démentie par le cabinet de Volodymyr Zelensky.
Oui, les responsables ukrainiens ont affirmé que leur pays n’organisera des élections qu’après «un cessez-le-feu» et l’obtention de «garanties de sécurité». De fait, l'organisation d’élections en pleine guerre soulève de nombreux obstacles juridiques et logistiques : la loi martiale en vigueur interdit actuellement les scrutins nationaux, des régions ukrainiennes sont occupées et des millions d’Ukrainiens sont déplacés ou réfugiés, rendant difficile la tenue d’un vote dans des conditions acceptables.
Des responsables européens et des médias internationaux confirment malgré ces difficultés que la Maison-Blanche ferait pression sur l’Ukraine pour mener des élections avant le 15 mai.
Oui cette pression n’est pas nouvelle et s'inscrit dans une logique de calendrier diplomatique. Washington souhaiterait un accord de paix en juin avant que l’attention politique ne se détourne vers les élections américaines de novembre
La tenue d’une élection présidentielle marquerait un tournant politique majeur pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Oui, l’organisation d’élections en temps de guerre pourrait favoriser Valeri Zaloujny, l’ancien commandant en chef des armées. Le président Zelensky demeure une figure populaire en Ukraine, mais la confiance des électeurs a diminué.
Et nous terminons ce journal dans le grand Nord, où les pays de l’OTAN cherchent à sécuriser la région au travers d’une nouvelle mission nommée “Arctic Sentry”, après les menaces d’annexion du Groenland par Donald Trump.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait affirmé fin janvier à Davos que le président américain n’avait pas besoin de posséder le territoire d’un pays allié, pour en faire un lieu exempt de toute menace de puissances concurrentes.
Ces propos ont pris forme mercredi 12 février avec le lancement d’Arctic Sentry, une opération qui ne cherche pas à augmenter les moyens militaires mais seulement à mieux coordonner les exercices existants en Arctique.
La mission reprend des activités déjà en cours dans la région et tente de les regrouper sous un même commandement, ce qui permettrait de mettre la puissance de l’OTAN au profit de la sécurisation du Grand Nord selon le général Alexus Grynkewich. Cela pourrait apaiser les tensions après les affirmations américaines d’une présence russe et chinoise dans la zone, présence cependant rapidement démentie par des diplomates de l’OTAN.
Mais l’annonce du lancement de la sentinelle arctique a fait immédiatement réagir, ce mercredi.
Oui, notamment par la Russie, où le diplomate Sergueï Lavrov a annoncé devant le parlement russe que des mesures adéquates de contre-attaque seraient prises en cas de militarisation du Groenland.
Un journal de Mathilde Boht et Salomé Moinet.