En Europe, une génération sous tension. Selon la deuxième édition du rapport de Nightline Europe, publiée en juin 2026, la santé mentale des étudiants continue de se dégrader. La moitié des 15-30 ans déclarent avoir vécu un problème émotionnel ou psychosocial au cours de l'année écoulée, et le suicide reste la première cause de décès chez les 15-29 ans au sein de l'Union européenne, représentant 18,9 % des décès dans cette tranche d'âge.
Le réseau, qui fédère 37 lignes d'écoute nocturnes étudiantes dans six pays (Autriche, France, Allemagne, Irlande, Suisse et Royaume-Uni) a recueilli une matière inédite sur le mal-être étudiant. En 2025, plus de 1 400 bénévoles ont répondu à près de 23 200 appels et tchats, contre 14 000 l'année précédente. Deux motifs dominent partout : les relations (42 % des contacts) et la santé mentale (44 %), avec de fortes disparités selon les pays : jusqu'à 57 % pour les relations en France, contre seulement 15 % en Autriche.
Autre signal préoccupant : en France, 12,5 % des contacts recensés concernent le suicide ou l'automutilation, l'un des taux les plus élevés du réseau. "Le suicide est aujourd'hui la première cause de mortalité chez les 15-29 ans dans l'Union européenne", rappelle Louise Sanna, responsable du développement de Nightline Europe.
Le rapport pointe aussi l'insuffisance des ressources disponibles : la France compterait un psychologue pour 15 000 étudiants, quand les standards internationaux recommandent un professionnel pour 1 000 à 1 500 étudiants. Face à ce constat, Nightline Europe appelle à une approche globale, associant prévention, littératie en santé mentale et implication directe des étudiants dans la conception des dispositifs qui les concernent.
Si vous êtes inquiet pour un proche ou si vous avez des idées suicidaires, vous pouvez appeler le 3114. Gratuit, ce service propose une écoute professionnelle et confidentielle, 24h/24 et 7j/7, par des infirmiers et psychologues spécifiquement formés.