Et si une paire de lunettes suffisait à rendre l'opéra accessible à un malentendant, ou le théâtre français compréhensible pour un touriste néerlandais ? C'est le pari de Panthea, entreprise cofondée par Carl de Poncins, qui développe depuis plus de dix ans des solutions de surtitrage individualisé pour les salles de spectacle.
Tout est parti d'un constat simple : un ami australien, venu découvrir la culture française, se retrouvait confiné à des bars anglophones faute de maîtriser la langue. De cette frustration est née l'idée de lunettes de réalité augmentée affichant des sous-titres directement dans le champ de vision du spectateur, sans écran collectif, sans contrainte de placement dans la salle.
Le dispositif s'adresse autant aux personnes sourdes ou malentendantes qu'aux spectateurs étrangers, avec un contenu au choix : langue étrangère, surtitres adaptés ou langue des signes. L'effet sur la fréquentation est réel : à l'Opéra de Lille, des néerlandophones font désormais le déplacement. A la Comédie-Française, le public anglo-saxon s'est considérablement élargi.
Déployé dans les Hauts-de-France via le projet Chrysalide, le dispositif a séduit bien au-delà des frontières régionales. Il est aujourd'hui présent aux Pays-Bas, en Italie, au Canada et jusqu'au Japon.