Travailler quatre jours au lieu de cinq, sans perte de salaire : le concept de la semaine de quatre jours s'installe progressivement dans le débat social français, porté par des expérimentations menées à l'étranger et par quelques pionniers en France.
En Europe, le mouvement a déjà fait ses preuves. Au Royaume-Uni, plus de neuf entreprises sur dix ayant participé à un pilote ont choisi de le pérenniser. L'Islande expérimente le dispositif depuis 2015, l'Allemagne et l'Espagne s'y engagent à leur tour. En France, la dynamique reste plus timide, freinée notamment par le souvenir controversé du passage aux 35 heures.
C'est dans ce contexte qu'évolue 4jours.work, structure française fondée par Philippe du Payrat pour accompagner les organisations souhaitant franchir le pas. Son approche repose sur un constat : il n'existe pas un modèle unique, mais une trentaine de formats différents, à adapter selon la culture de l'entreprise, ses contraintes sectorielles et ses objectifs. Hôtellerie, restauration, artisanat : des secteurs a priori peu compatibles avec ce rythme expérimentent eux aussi, motivés par des difficultés de recrutement et de fidélisation.
Parmi les arguments avancés par ses promoteurs : la réduction du burn-out, l'amélioration de l'égalité professionnelle, et la question de l'intelligence artificielle, dont les gains de productivité pourraient, selon eux, être redistribués en temps plutôt qu'en volume de travail supplémentaire.