En quête d’Europe est une émission animée par les étudiant·es du Master 2 Science Politique de l’Europe de Nantes Université, encadré·es par Clémence Ledoux et Aurélien Evrard.
Bienvenue dans ce nouvel épisode d’En quête d’Europe, nous sommes Efflam et Victoria, étudiants en Sciences politiques à Nantes et nous allons aujourd’hui vous parler des bidonvilles et plus particulièrement du nantais ainsi que la place de l’Europe sur ce sujet.
En France, d’après les chiffres officiels, on trouve un peu plus de 10 000 personnes vivant en bidonvilles fin 2024 (227 sites), et ce malgré une volonté nationale qui vise à la disparition totale de ces lieux de vie.
Les bidonvilles : c’est un mot qui renvoie souvent en France aux années 60/70 où plusieurs populations issues de l’immigration se sont concentrées dans des bidonvilles autour des grandes villes françaises et ont petit à petit intégré les grands ensembles de nos banlieues. Dans le vocabulaire institutionnel, c'est surtout un "habitat informel, construit de matériaux de récupération, sans raccordement aux réseaux, sur un terrain occupé sans titre".
Dans la réalité, à Nantes, c’est près de 3400 personnes qui vivent dans plus de 60 bidonvilles sur la métropole dans des conditions indignes. On a ici le plus grand bidonville de France hexagonale qui est situé dans l’Est de la ville, à la Prairie de Mauves.
Et bien sûr, la question des bidonvilles elle est politique. Dans le cadre de la campagne municipale, les bidonvilles nantais ont refait la Une, quand certains candidats ou influenceurs d’extrême droite s’en sont servis pour ranimer l’anti-Tsiganisme et la peur de l’étranger en répandant rumeurs et calomnies sur ces populations.
Ces élections locales elles sont particulièrement intéressantes pour les habitants de ces bidonvilles, car ils sont citoyens européens et peuvent donc voter là où ils vivent et avoir directement un poids sur le choix des politiques de la ville.
L’Union Européenne ou le Conseil de l’Europe ont souvent eu des recommandations sur comment respecter la dignité de ces populations et la résorption des bidonvilles, mais n’ont pas vraiment réussi à mettre en place des politiques communes permettant d’accueillir dans de bonnes conditions ces populations qui, aujourd’hui, vivent et travaillent ici.
C’est pour toutes ces raisons que nous avons voulu aborder le sujet dans cette émission avec nos deux invités :
- François Prochasson, qui était jusqu’au dernières élections vice-président de Nantes Métropole, délégué au droit au logement et au logement social. Et lors de ce dernier mandat il a été en charge du dossier bidonvilles dans l'agglomération nantaise, tout en pilotant le plan de résorption de la Prairie de Mauves.
- Olivier Peyroux, qui est sociologue et enseignant à Science Po, spécialisé dans les migrations d'Europe de l'Est, les phénomènes d'exploitation et de traite des êtres humains dans les bidonvilles, et les parcours d'insertion post-bidonville. Il est aussi co-directeur de l'association Trajectoires, une association nationale dont la mission est d'appuyer les acteurs publics et associatifs dans la résorption des bidonvilles et squats, principalement pour les populations d'Europe de l'Est.