Euradio et l'Agence nationale de la cohésion des territoires présentent "1000 façons de faire l'Europe". Chaque semaine, dans une alternance de reportages et d’interviews, partez à la rencontre de projets et de citoyen·nes qui font bouger les lignes, partout en France. Avec le soutien de l'Union européenne.
Dans l’imaginaire collectif, biodiversité ne rime pas toujours avec prairies. Pourtant, cet espace est un élément central de nos écosystèmes. Les prairies, en particulier les prairies dites “permanentes”, sont un rouage essentiel de l’équilibre climatique et même de l’agriculture.
Ces prairies dites “permanentes” se démarquent des prairies temporaires par leur durée d’existence sans être labourées. Définie dans la Politique Agricole Commune, une prairie est “permanente” si “l’herbe ou d'autres plantes fourragères herbacées y prédominent depuis cinq années révolues”. Menacées par le “retournement”, c’est-à-dire l’action agricole qui laboure les champs, et par le dérèglement climatique, ces prairies permanentes diminuent chaque année. Entre 2019 et 2020, on note une réduction de 5,3% de la surface de ces prairies. Elles ont pourtant de nombreux bénéfices qui figurent dans les priorités dessinées par le Pacte Vert de l’Union européenne. Elles sont un puits de carbone très important, permettent l’existence d’une biodiversité floristique et faunistique, participent à la lutte contre l’érosion des sols, à la préservation des pollinisateurs et au maintien de la qualité de l’eau.
Pour les protéger, le Parc national de forêts, situé entre la Bourgogne et la Champagne, a lancé en septembre 2023 un plan pour “mieux connaître, gérer et préserver la diversité des prairies permanentes”, financé à 60% par l’Union européenne.
Aurélie Perrin, chargée de mission prairies permanentes au Parc national de forêts, salue cet apport via le Fonds européen de développement régional (FEDER), qui a permis aux équipes de bénéficier d’un “poste permanent”, mais aussi de financer des prélèvements et analyses botaniques.
“Sans l’Europe, ce projet n’aurait pas lieu” explique-t-elle. Le projet prendra fin le 31 août prochain, et Aurélie Perrin se félicite de la réussite du programme. “On a un réseau d’éleveurs qui travaille actuellement avec nous, qui est très dynamique et qui a énormément réfléchi sur ces thématiques. Ils nous ont beaucoup apporté”, conclut-elle.
Un entretien mené par Camille Buonanno, en partenariat avec l’Agence nationale de la cohésion des territoires, avec le soutien de l’Union européenne.