L'état de l'État de droit - Elise Bernard

La doctrine MAGA

Image par Richard Reid de Pixabay La doctrine MAGA
Image par Richard Reid de Pixabay

Elise Bernard, docteur en droit public et enseignante à Sciences-Po Aix et à l'ESSEC, décrypte chaque lundi sur Euradio les implications concrètes de l'État de droit dans notre actualité et notre quotidien. Ses analyses approfondies, publiées sur la page Europe Info Hebdo, offrent un éclairage précieux sur ce pilier fondamental de l'Union européenne.

La vision d’un État de droit s’attache à un ordre mondial pacifié et sécurisé, c’est pour cela que l’Union européenne privilégie les organisations internationales traditionnelles, mais comment réagir à ces appels à un nouvel ordre mondial ?

C’est vrai Laurence que malgré des désaccords souvent difficiles à surmonter, la gouvernance de l’Union est finalement plus stable que celles de certains États… et c’est peut être dû à son “interétaticité”. Dés décisions plus longues à prendre, certes, mais surtout plus en phase avec des attentes parfois divergentes.

L’Union tient bon, on dirait, mais on se pose la question par rapport à l’OTAN avec les ambitions et déclarations fracassantes de l’administration Trump !

Oui, l’Europe est encore liée à l’Alliance atlantique et à l’heure où le lien transatlantique est au plus mal, il est difficile d’imaginer une alternative à l’OTAN.

Mais les Européens y tiennent. Au Conseil européen organisé par Chypre, Giorgia Meloni, pourtant proche de Donald Trump, insiste sur la nécessité de rester unis dans cette Alliance.

Donald Trump a quand même menacé d’exclure l’Espagne de l’OTAN.

Encore des mots ! Aucune disposition du traité de Washington de 1949 ne prévoit la suspension d’un État. Il est aussi admis qu’aucune décision ne peut se prendre à ce niveau sans unanimité entre les États membres.

Les États-Unis seuls ne peuvent donc pas décider de mettre fin à l’Alliance militaire !

En fait, cette multiplication de décisions impulsives et présentées comme efficaces de l’exécutif états-unien donnent de plus en plus l’impression d’un colosse aux pieds d’argile. L’ère du bluff arrive peut-être à son terme.

Oui parce que finalement, toutes les actions en provenance de Washington ne permettent aucune construction tangible.

Pour l’instant, ce que l’on constate ce sont des tentatives incessantes de sabotage de la construction européenne, mais aussi de la justice pénale internationale ! toutes ces constructions internationales ont été imaginées pour garantir la paix mais, visiblement, elles sont en contradiction avec l’agenda élaboré à Washington - qui apparaît de plus en plus personnel.

La doctrine MAGA envisage donc l’amélioration de son pays en causant du tort à tous ceux qui le dérangent.

Oui on dirait ! mais je ne suis pas sûre que cela assure la stabilité gouvernementale et un rôle de leader sur la scène internationale.

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.