L'état de l'État de droit - Elise Bernard

Une page se tourne en Hongrie (partie 3)

Image par Оксана de Pixabay Une page se tourne en Hongrie (partie 3)
Image par Оксана de Pixabay

Elise Bernard, docteur en droit public et enseignante à Sciences-Po Aix et à l'ESSEC, décrypte chaque lundi sur Euradio les implications concrètes de l'État de droit dans notre actualité et notre quotidien. Ses analyses approfondies, publiées sur la page Europe Info Hebdo, offrent un éclairage précieux sur ce pilier fondamental de l'Union européenne.

La vision d’un État de droit exigeant semble enfin avoir vaincu en Hongrie et marque un moment charnière pour les démocraties européennes.

Oui, le premier message est d’abord que le soutien des MAGA et du Kremlin ne garantissent pas la victoire électorale en Europe. Mais cela ne signifie pas que ces ennemis de l’État de droit exigeant vont cesser leurs perturbations.

Une lecture triomphaliste serait une erreur.

Oui, on en a déjà parlé et on peut le lire régulièrement : la défaite de Viktor Orbán tient autant à l’usure du régime, à la profondeur de la crise économique et au sacrifice de l’opposition, qu’à un sursaut en faveur de l’état de droit.

C’est notre responsabilité de ne pas se contenter de cette victoire, mais bien de reconstruire un projet européen porteur d’imaginaire, de justice et de perspectives collectives.

C’est vrai car la haine reste alimentée par les frustrations sociales, le déficit de sens des politiques publiques, ainsi que par l’influence croissante de think tanks europhobes..

Oui on en a déjà parlé, en particulier ceux financés par le mouvement MAGA qui gagnent en visibilité.

Des études signalent un déséquilibre croissant en ce qui concerne leur surreprésentation dans l’espace numérique, du fait de moyens en hausse et de meilleures capacités de plaidoyer. Les idées critiques de l’Union sont nécessaires, il n’y a pas de débat mais les exposer et les exagérer en leur faisant occuper une place disproportionnée obligent les pro-intégration à encore plus de rigueur et d’exemplarité au moment de promouvoir l’État de droit. 

Un entretien réalisé par Laurence Aubron.