Chaque semaine sur euradio, retrouvez la chronique de Bernard Guetta, député européen, qui effectue un retour sur les actualités et événements européens actuels.
C’est l’agonie d’une dictature. Peut-être sera-t-elle longue et douloureuse. Peut-être est-ce au contraire dans les jours à venir qu’on verra soudainement s’écrouler cette théocratie iranienne qui avait si rapidement confisqué la révolution démocratique de 1979.
Tous les scenarios sont possibles mais les manifestations contre la cherté de la vie se sont très vite étendues et la certitude est que ce régime est à bout, divisé, honni, intellectuellement épuisé et constamment contesté depuis près de trois décennies.
En 1997, il avait suffi que Mohammad Khatami, réformateur issu des rangs du pouvoir, promette plus de tolérance, de libertés et de respect du droit, pour que les femmes, les jeunes, tout le pays ou presque, se ruent sur les bureaux de vote et le portent à la présidence de la République. L’Iran, déjà, rejetait la théocratie mais dans cette République islamique, le substantif compte beaucoup moins que l’adjectif.
La République et son président y sont coiffés par les institutions religieuses dont le chef, Ali Khamenei, le « Guide suprême », contrôle les tribunaux, l’audiovisuel, la police, les Bassidjis, milice chargée de l’ordre religieux, et surtout les Gardiens de la Révolution, l’armée du régime, Etat dans l’Etat et première puissance économique du pays. Mohammad Khatami n’avait donc rien pu tenir ou presque de ses promesses mais les Iraniens l’avaient réélu en 2001 pour réaffirmer leur volonté de changement.