À la une du Parlement européen, c'est l'analyse des grands sujets qui seront débattus lors de la session plénière à Strasbourg. Avec le bureau en France du Parlement européen, on décrypte les discussions, les textes, la fabrique de la loi européenne et ses conséquences pour nos quotidiens. Une chronique à retrouver tous les lundis avant le début de la session plénière.
La session plénière du Parlement européen est de retour cette semaine à Strasbourg. On va donc passer en revue quelques-uns des grands sujets abordés par les députés à partir de ce lundi soir et jusqu’à jeudi après-midi. Isaure Magnien, c'est une semaine de plénière qui, on s’en doute, va de nouveau être marquée par le contexte géopolitique actuel.
Et c’est d’abord la situation au Moyen-Orient qui occupera les députés européens mercredi. Les députés échangeront avec Kaja Kallas, qui est la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité. Il sera question de l’approche européenne face aux crises dans la région, à la fois en Iran, en Israël et en Syrie.
Concernant l’Iran, vous vous en rappelez certainement, le sujet était déjà à l’ordre du jour de la dernière session plénière d’avril, mais le Parlement européen souhaite maintenir la pression et prône de façon répétée une désescalade. L’Union européenne envisage par ailleurs de réviser le mandat de son opération navale « Aspides » qui est présente dans la région depuis 2024, afin de garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz.
En ce qui concerne Israël, les ministres de l'UE ont convenu lundi dernier d'imposer des sanctions aux colons impliqués dans des violences contre les Palestiniens en Cisjordanie.
Enfin, l'UE s'efforce également de faire progresser la normalisation des relations avec la Syrie et de soutenir les autorités de transition syriennes tant dans leurs efforts de réforme politique que dans ceux de reconstruction.
Autre sujet crucial pour la sécurité de l’UE : la protection des secteurs stratégiques.
Mardi, les députés européens devraient adopter définitivement de nouvelles règles sur le filtrage des investissements étrangers.
Ces règles concernent des secteurs stratégiques comme la défense, l’IA, les semi-conducteurs ou encore les services financiers.
Attention, il ne s’agit pas de se fermer aux entrées de capitaux en provenance de pays tiers, mais bien de détecter et de traiter les risques potentiels pour la sécurité ou l’ordre public. C’est donc une mesure essentielle alors que l’UE cherche à renforcer son autonomie stratégique face aux enjeux géopolitiques.
Le dossier est d’ailleurs porté par un Français pour le Parlement européen, Raphaël Glucksmann.
Enfin une cérémonie symbolique viendra ponctuer cette session plénière de mai.
Mardi à 11h30, nous assisterons à une cérémonie qui marquera certainement les esprits et rassemblera quelques-uns des principaux bâtisseurs contemporains de l’Union européenne.
En effet, nous connaissons maintenant les noms des lauréats de la première édition de l’ordre du Mérite européen et ils recevront leurs insignes lors de cette cérémonie.
Parmi les personnalités distinguées, on retrouve l'ex-chancelière allemande Angela Merkel, le cofondateur du mouvement Solidarność et ancien président polonais Lech Wałęsa, le président ukrainien Volodymyr Zelensky ou encore, pour ce qui est des Français, l’ancien président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet. Notez que treize des vingt premiers lauréats seront présents à Strasbourg et chacun prononcera une brève allocution devant la plénière.
Rappelons peut-être que ce prix a été créé à l'occasion du 75ᵉ anniversaire de la déclaration Schuman l’année dernière et qu’il s’agit de la première décoration de ce type décernée par une institution de l'UE.
On parlait tout à l'heure de protection des secteurs stratégiques. Autre secteur stratégique pour l’Union européenne : l'acier. Mardi les députés voteront sur la mise à jour de mesures de sauvegarde pour faire face à la surcapacité du marché mondial.
C’est également mardi que la Commission présentera un plan d’action sur les engrais alors que la majorité des engrais utilisés dans l’UE sont importés.
Mercredi les députés débattront d’une nouvelle stratégie contre la pauvreté. Objectif 0 pauvreté d’ici 2050. En 2024, 93,3 millions de personnes étaient exposées à ce risque, dont 20 millions d’enfants, soit un quart des enfants dans l’UE.
Et puis l’actualité européenne, c’est aussi le hantavirus. Cette épidémie issue d’un paquebot de croisière passé par l’Amérique du Sud. Jeudi les députés examineront la préparation de l’Union à ce type d’urgence sanitaire. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a d’ailleurs publié un rapport.
Selon lui, le risque pour la population générale de l'UE lié à l'épidémie est très faible.
Entretien réalisé par Florent Vautier