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Les Jours fêtent leurs dix ans : le pari de l’indépendance

Photo de AbsolutVision sur Unsplash Les Jours fêtent leurs dix ans : le pari de l’indépendance
Photo de AbsolutVision sur Unsplash

En 2016, Isabelle Roberts, ancienne journaliste à Libération, cofonde Les Jours avec une conviction : les sites d’information se contentent trop souvent de reproduire le papier à l’écran, sans exploiter les possibilités du numérique. L’équipe décide alors de tout casser, à commencer par les rubriques. Ici, pas de "France" ou de "Monde", mais des sujets traités en séries, avec épisodes, personnages, documents et cliffhangers.

Le principe : ne jamais lâcher un sujet tant qu’il n’est pas épuisé. L’enquête sur Vincent Bolloré, lancée il y a dix ans, compte ainsi plus de 250 épisodes. "C'est la fin de l’info sans mémoire", résume la cofondatrice : tous les épisodes consacrés à un sujet restent réunis sur le site.

Indépendant et sans publicité, le média ne vit que de ses abonnés, un modèle choisi après avoir comparé les trajectoires de Rue89 et de Mediapart. Le plus pur, mais aussi le plus dur : il faut recruter sans cesse, sans jamais pouvoir s’arrêter, un "marathon couru à la vitesse d’un 100 mètres".

Les Jours sont à l’équilibre depuis 2020, avec douze salariés, une quarantaine de journalistes et photojournalistes indépendants et environ 10 000 abonnés. 90 % des revenus sont reversés au journalisme.

Mais la concurrence s’est durcie, entre médias traditionnels passés au numérique et nouveaux titres indépendants. Les procédures bâillons se multiplient aussi, et le média lance une campagne de dons.

Une interview menée par Florent Vautier pour l'émission "Médias : raviver, résister, ré-inventer", le 19 septembre 2026 à l'occasion des Journées européennes du patrimoine.