Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 15 septembre 2026

Conférence de presse pendant le sommet européen sur l'arctique. ©European Union Aujourd'hui en Europe - 15 septembre 2026
Conférence de presse pendant le sommet européen sur l'arctique. ©European Union

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • Cardiff : la réunion des dirigeants de l'Écosse, du pays de Galles et de l’Irlande du nord.
  • Finlande : la tenue lundi un sommet de l'Arctique entre représentants européens.
  • Belgique : réaction du monde universitaire belge face au refus du gouvernement d'accueillir 13 étudiants gazaouis.

Nous ouvrons ce journal au pays de Galles, où se sont réunis les dirigeants de l’Écosse, du pays de Galles et de l’Irlande du Nord.

C’est bien dans la capitale, Cardiff, que les représentants des trois nations se sont retrouvés pour une réunion qualifiée d’« historique ». Pour la première fois depuis la création des institutions autonomes, en 1999, chacune de ces nations est dirigée par des indépendantistes. Le Premier ministre écossais, John Swinney, et la Première ministre nord-irlandaise, Michelle O’Neill, ont été accueillis par le Premier ministre gallois, Rhun ap Iorweth, ce lundi.

Mais de quoi a-t-il été question lors de cette rencontre ?

Un protocole d’accord a été signé. Dans celui-ci, on retrouve une reconnaissance mutuelle de leur droit respectif à l’autodétermination, mais aussi une déclaration réitérant leur volonté de se rapprocher de l’Union européenne. “Nous sommes convaincus que l’avenir de nos nations se trouve au sein de l’Union européenne” déclarent-ils notamment. Les partis indépendantistes de ces nations reprochent au Brexit d’avoir porté préjudice à leurs économies respectives.

Quel avenir pour le Royaume Uni ?

Les responsables politiques ont appelé le gouvernement britannique à “préparer, planifier et faciliter” tout changement constitutionnel. Alors, un référendum ou une indépendance seraient-ils à l’agenda ? C’est bien ce que John Swinney a avancé, en estimant qu’un référendum sur ce sujet en Ecosse devrait avoir lieu dans les 5 prochaines années. Cependant, ce n’est pas si simple, car la semaine dernière, Londres avait écarté cette possibilité, expliquant que ce n’était “pas d’actualité”.

La réunion a suscité de vives réactions des partis unionistes.

La vice-Première ministre nord-irlandaise, Emma Little-Pengelly, a vivement critiqué la présence de Michelle O’Neill à Cardiff. Selon elle, je cite : “Michelle O’Neill n’a aucune autorité pour se présenter comme représentant les fonctions de Première ministre lors d’un quelconque “sommet”.” C’est d’ailleurs pour cette raison que les trois responsables politiques se sont chacun présentés à Cardiff comme dirigeants de leurs partis indépendantistes respectifs, sans engager leur responsabilité de chef de nation.

On continue ce journal en Finlande, où s’est tenu lundi un sommet sur l'Arctique entre représentants européens.

À Rovaniemi, dans le nord de la Finlande, plusieurs responsables européens se sont réunis pour évoquer la position de l’Union européenne en Arctique. Le sommet a rassemblé des représentants de 12 pays européens, comme le Premier ministre polonais Donald Tusk ou encore la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Des représentants de l’UE étaient eux aussi présents, notamment Kaja Kallas, la haute représentante de l’UE ainsi que le commissaire chargé des partenariats internationaux, Jozef Sikela.

Un sommet important car l'Arctique est une région hautement convoitée.

Depuis plusieurs années, l’Arctique est au centre de tensions géopolitiques. Encore récemment Donald Trump menaçait d’annexer le Groenland mettant en avant ses ressources et sa position stratégique. De plus, en raison du changement climatique, certaines routes maritimes de l’Arctique sont navigables durant des périodes qui s’allongent progressivement. La Russie, la Chine ou encore les Etats-Unis intensifient également leur présence dans la région.

C’est dans ce contexte disputé que l'Union européenne cherche à renforcer sa présence dans la zone.

Le mot d’ordre du sommet était la sécurité. Les pays se sont accordés sur une nouvelle stratégie politique, mettant l'Arctique au centre de la sécurité européenne. Selon le Premier ministre finlandais, “l’UE a un intérêt direct pour sa stabilité, sa sécurité et son développement durable”. La Commission européenne doit d’ailleurs présenter dans les prochaines semaines une nouvelle stratégie pour la région.

Et on clôture ce journal en Belgique, où le monde universitaire dénonce le refus du gouvernement d'accueillir 13 étudiants gazaouis malgré l’obtention de leur bourse.

Cela fait maintenant des mois que 13 étudiants gazaouis se voient refuser l’entrée en Belgique, malgré l’obtention de bourses d’études données par des universités belges. Lundi, les dix recteurs et rectrices des plus grandes universités, dont L’UCLouvain, l’ULB, la VUB, ou encore celle de Namur, ont signé une lettre ouverte dénonçant la situation, estimant que cela ne doit se transformer “ni en enjeu de négociation ni une variable d’ajustement dans les débats politiques sur les migrations”.

La situation reste bloquée.

La lettre ouverte critique les obstacles que les étudiants gazaouis rencontrent pour obtenir un visa, notamment avec l’exigence de déposer en personne la demande dans un poste diplomatique belge. Cela signifie se déplacer soit à Jérusalem, soit au Caire.

Une situation qui crée des tensions au sein du gouvernement belge.

Oui, une proposition pour évacuer les étudiants a été déposée vendredi au Conseil des ministres par le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, mais une absence de consensus empêche de faire avancer la situation. Le ministre, issu de la droite modérée, dénonce “un chantage” où le sort des étudiants a été mis en balance selon lui, avec des dossiers migratoires. De son côté, la ministre chargée de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, issue du parti séparatiste flamand de la NVA dont fait aussi partie le premier ministre, a mis en garde contre, je la cite, un “effet domino”. Selon elle, l’évacuation des étudiants pourrait engendrer un mouvement d’immigration. Le monde universitaire, quant à lui, a rappelé lundi le droit à l’enseignement et à la recherche, en jeu dans cette situation. C’est aussi, plus fondamentalement, une simple question d’humanité“, terminent-ils.

Un journal de Audrey Heller et Elise Houben.