Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 12 octobre 2026

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald J. Trump à la base interarmées Elmendorf-Richardson d'Anchorage, en Alaska, aux États-Unis, lors du sommet Alaska 2025. Le 15 août 2025. © Benjamin Applebaum via Wikimedia Commons Aujourd'hui en Europe - 12 octobre 2026
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald J. Trump à la base interarmées Elmendorf-Richardson d'Anchorage, en Alaska, aux États-Unis, lors du sommet Alaska 2025. Le 15 août 2025. © Benjamin Applebaum via Wikimedia Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • Kyïv-Washington : Donald Trump affirme qu’il est « temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président ».
  • Chine : des relations commerciales particulièrement déséquilibrées entre l’Union européenne et la Chine. 
  • Pologne : une réunion d’urgence organisée ce dimanche après des « possibles tentatives d’assassinat » contre des membres du gouvernement. 
  • La Haye : Washington menace de sanctionner la Cour pénale internationale. 

On commence ce journal en revenant sur ce nouveau coup de chaud dans la relation Kyïv-Washington, alors que Donald Trump vient d’affirmer qu’il était « temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président ». 

Samedi, depuis la Maison-Blanche, le président américain s’en est directement pris à Volodymyr Zelensky, qu’il accuse de ne pas vouloir conclure d’accord avec la Russie afin de mettre fin à la guerre. Cette nouvelle sortie - qui rappelle la scène du 28 février 2025 dans le bureau ovale pendant laquelle Volodymyr Zelensky avait été malmené - est intervenue après un entretien par téléphone vendredi entre Donald Trump et Vladimir Poutine. 

Dimanche, le président ukrainien lui a répondu de façon assez directe que c’était au peuple ukrainien, « qu’il revenait de choisir tel ou tel dirigeant ». Trump a également ordonné à l’Ukraine d’arrêter ses attaques ciblées contre des raffineries russes, car selon lui, elles aggraveraient la pénurie mondiale de gazole. 

Quelques heures auparavant, Donald Trump avait annoncé un accord énergétique avec la Russie. 

Vendredi soir, le président américain a annoncé avoir scellé un accord d’importation de gazole russe. La Russie s’est engagée à fournir 300 000 tonnes de gazole « immédiatement » sur les 4,8 millions de tonnes promis. À moins d’un mois des élections américaines de mi-mandat, Donald Trump fait tout pour baisser les prix des carburants, un enjeu majeur de la campagne. 

Une nouvelle annonce américaine qui suscite une certaine stupeur.

Kyïv et les Européens s’inquiètent de l’impact que pourrait avoir cette reprise des exportations russes sur ses capacités à poursuivre et intensifier la guerre en Ukraine. Kaja Kallas a affirmé ce samedi : « Ce n’est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie, et l’Europe ne le fera pas ». À Washington également, certains élus, démocrates mais aussi républicains, s’insurgent contre cette annonce qui contrevient à une loi adoptée par le Congrès en 2022 et qui interdit théoriquement l’importation d’énergie russe.

Dimanche, Donald Trump a également annoncé, sur son réseau Truth Social, et apparemment à sa seule initiative, que la Russie et l’Ukraine avaient conclu « un cessez-le-feu énergétique ». 

Un cessez-le-feu qui mettrait fin aux frappes contre les infrastructures énergétiques respectives. Pourtant, Volodymyr Zelensky a rapidement réagi, expliquant ne pas avoir été informé de cet « accord », ajoutant cependant : « Si les Russes l’acceptent, l’Ukraine l’acceptera ». L’idée d’une trêve énergétique a été saluée par les alliés européens, dont la présidente de la Commission européenne, la France et le Royaume-Uni. L’accord qui pourrait, selon toute vraisemblance, n’être qu’un coup de bluff n’aura pas tenu longtemps puisque le président ukrainien a dénoncé, quelques heures plus tard, des frappes russes contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes. La guerre continue par ailleurs à faire rage. Ce weekend, des frappes russes sur Zaporijia ont encore fait 20 morts, dont 4 enfants.

On continue ce journal en évoquant les relations commerciales particulièrement déséquilibrées entre l’Union européenne et la Chine. 

À Pékin, jeudi et vendredi, le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao, et le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, ont coprésidé la deuxième réunion du mécanisme de consultation UE-Chine sur le commerce et l’investissement. L’objectif de Bruxelles est de commencer à réduire son déficit commercial avec la Chine, qui dépasse le milliard d’euros par jour.

Quels consensus ressortent de cette réunion ?

Le principal concerne les véhicules hybrides, dont les exportations chinoises vers l’Europe ont explosé : environ 50 000 en juillet dernier, contre moins de 4 000 en octobre 2024. Pékin accepte de modérer ces exportations, que Bruxelles espère réduire de plus de moitié. Les modalités restent à préciser et doivent encore être validées par les dirigeants européens. La Chine va aussi baisser ses droits de douane sur une série de produits européens, des pièces automobiles à l’huile d’olive, qui représentent près de 4 milliards d’euros d’exportations. Cela devrait permettre d’économiser au moins 225 millions d’euros de droits de douane. 

On poursuit ce journal en Pologne, où une réunion d’urgence a été organisée ce dimanche après des « possibles tentatives d’assassinat » contre des membres du gouvernement. 

Dimanche, les autorités ont reçu des informations sur une possible tentative d’attentat visant le premier ministre Donald Tusk, et le ministre de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz. Selon le ministre de l’Intérieur, « il est probablement trop tôt pour affirmer qu’une piste étrangère soit envisageable ici ». Selon lui, il s’agirait d’un individu issu de groupes très radicaux. Un homme d’une soixantaine d’années a été arrêté plus tard dans la journée, les enquêteurs l’ont identifié grâce à son activité en ligne. 

Plus tôt dans la semaine, le Premier ministre avait dénoncé « un culte de la violence omniprésent dans le monde », et qui « a atteint la Pologne ». Le pays est d’ailleurs déjà en état d’alerte après plusieurs agressions ou tentatives à l’arme blanche dans des établissements scolaires. 

On clôture ce journal à La Haye, alors que Washington menace de sanctionner la Cour pénale internationale. 

Vendredi, la CPI a été inscrite sur la liste officielle des entités sanctionnées par le Trésor américain. D’ici avril 2027, l’administration Trump exige notamment que la CPI annule les mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité émis contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et son ex-ministre de la défense, Yoav Gallant. Si ces demandes ne sont pas respectées, Marco Rubio promet d’interdire « toute transaction avec ce « tribunal voyou », afin de le priver de ses ressources et de paralyser sa capacité à fonctionner ». Ce n’est pas la première fois que le président Trump s’attaque à la CPI, puisque 13 de ses membres, soit plus de la moitié des magistrats de l’institution, sont visés par des sanctions individuelles. Des sanctions à fort impact sur le bon fonctionnement de l’institution. 

Quelles sont les réactions en Europe face à cet ultimatum?

La Haye a rapidement réagi. Elle dénonce « une attaque contre l’État de droit et les fondements même de l’ordre juridique international ». La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a elle aussi critiqué samedi les attaques de l’administration Trump contre la CPI. Dans un communiqué commun publié vendredi, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, le Canada, le Japon et le Danemark ont mis en avant la nécessité d’un dialogue avec les États-Unis. « Comme il y a un délai de six mois avant que les sanctions ne soient applicables, il y a un espace pour le dialogue » a notamment ajouté la Commission européenne. 

Un journal de Audrey Heller et Élise Houben.