Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - lundi 20 septembre 2022

Aujourd'hui en Europe - lundi 20 septembre 2022

L'essentiel de l'actualité européenne du jour :

  • Visite d’Ursula Von der Leyen à Kiev, immédiatement après son discours sur l'État de l’Union
  • En Italie, à moins d’une semaine du prochain scrutin législatif, l'extrême droite semble en pole position pour l’emporter.
  • Le bras de fer continue entre Bruxelles et Budapest

Visite d'Ursula Von der Leyen à Kiev

Le 15 septembre, le discours sur l'État de l’Union a été largement dominé par le conflit en Ukraine. La présidente de la Commission a voulu donner encore plus de poids à son message de soutien en se rendant à Kiev dans la foulée. 

Un troisième voyage sur place dans un contexte particulier alors que le pays parvient à mener des contre-offensives victorieuses mais découvre en même temps avec horreur les exactions des soldats russes en déroute. 

Plusieurs centaines de corps ont ainsi été récemment découverts dans une fosse commune à Izioum  après la récente reconquête de territoire à l’Est du pays.

Ursula Von der Leyen a annoncé pendant ce voyage que le soutien de l’EU à l’Ukraine continuerait à être “total”

En effet Félix, la présidente de la commission a assuré que l’UE soutiendrait l’Ukraine “aussi longtemps qu’il le faudrait”. Elle a également profité de ce voyage pour confirmer une aide financière de 5 milliards d’euros destinée à faire face aux conséquences de l’effondrement de l’économie qui fait suite à la guerre.

Fait nouveau, la présidente de la commission a également réclamé la comparution immédiate de Vladimir Poutine devant la justice internationale. 

Oui alors que les preuves d’exactions commises par la Russie se multiplient, la présidente de la commission s’est dite favorable, lors d’une interview récente au journal Bild, à la création d’un  tribunal international spécial afin de juger le président russe pour crime de guerre. 

La présidence tchèque de l’Union a également appelé à la création d’un tribunal international spécial pour juger les crimes de Moscou dans ce conflit.

 

En Italie, l'extrême droite semble en pole position pour l’emporter dimanche.

A moins d’une semaine du prochain scrutin législatif, l'extrême droite semble en pole position pour l’emporter. Une perspective qui fait trembler Bruxelles ? 

Effectivement Félix, les derniers sondages ne cessent d’annoncer une probable victoire aux élections générales du 25 septembre des partis de droite et d’extrême droite menés par Giorgia Meloni.  La coalition menée par son parti souverainiste et ultraconservateur, Fratelli d’Italia est ainsi crédité de près de 47% des intentions de vote. C’est la première fois depuis la naissance de la République en 1948, qu'un parti d’extrême droite pourrait devenir la première formation politique du pays. 

Une campagne centrée sur la sécurité et l’immigration…

En effet, les débats sont très largement tournés vers ces  thèmes porteurs pour l’axe droit de l'échiquier politique italien. Le contexte géopolitique et migratoire semble peser dans cette situation. L’Italie, rappelons-le, se plaint depuis longtemps d’être laissée seule face aux arrivées massives de migrants. 

Ces thèmes omniprésents des migrations et de la sécurité ont d’ailleurs totalement effacé l’écologie des débats. Selon les études de l’observatoire du Pavie, moins de 0,5% des interventions des candidats principaux ont porté sur la crise climatique. Une absence des questions écologiques d’autant plus étonnante que l’Italie a été confrontée ces derniers mois à une série d’épisodes climatiques exceptionnels.

Quels sont les enjeux de l’UE dans ces élections? 

Durant, sa campagne Giorgia Meloni, dont la carrière avait commencé dans des partis post-fascistes, a travaillé à lisser ses positions sur Bruxelles. Néanmoins la possible arrivée à la tête d’un pays fondateur de l’UE d’un parti eurosceptique tel que Fratelli d'Italia est évidemment vu avec une grande inquiétude dans les institutions européennes. 

Le bras de fer continue entre Bruxelles et Budapest

Pour conclure ce journal, prenons la direction de la Hongrie ou le bras de fer continue entre Bruxelles et Budapest. Après la publication d’un rapport très sévère du parlement européen à l’égard de la situation politique à Budapest, la commission réagit à son tour.

En effet, le rapport du parlement dédié à la situation en Hongrie statue que le pays n’est plus une démocratie mais un "régime hybride d'autocratie”électorale".

Le parlement exhorte les institutions européennes à mettre en place des sanctions à l’égard de la Hongrie pour la forcer à se conformer aux valeurs fondamentales de l’Union. 

La commission a réagi en activant son moyen de pression le plus puissant : la conditionnalité des versements financiers. Bruxelles menace ainsi de priver la Hongrie de 7,5 milliards d’euros de fonds communautaires si le gouvernement de Viktor Orban ne met pas en place les réformes promises de lutte contre la corruption.

Que réclame concrètement Bruxelles à Budapest ?

La commission avait déjà lancé en avril dernier un mécanisme inédit afin de vérifier les manquements à l’état de droit et s'inquiète déjà depuis longtemps de l’usage des fonds européens. 

La commission est préoccupée par la corruption, les conflits d’intérêts ou encore les conditions de passation de marchés publics dans ce pays qui ont déjà donné lieu à de multiples scandales d’enrichissement, notamment au sein de l’entourage du Premier ministre Viktor Orban. Bruxelles réclame plus de transparence et également davantage d’indépendance des juges. Des voix se font également entendre pour forcer Budapest à intégrer l’institution européenne de lutte contre les fraudes aux fonds européens, le parquet européen. 

Que pouvons-nous espérer de ces démarches?

Budapest a proposé une série de réformes pour répondre aux exigences de Bruxelles mais, dans les couloirs des institutions à Bruxelles, beaucoup craignent que ces annonces ne soient pas véritablement suivies d’effet et permettent à nouveau au régime de Victor Orban de gagner du temps.

Viktor Orban  qui vient d’ailleurs à nouveau d’être pointé du doigt pour le peu d'empressement  que son pays met à appliquer les sanctions contre la Russie. Le commissaire à la justice Didier Reynders vient ainsi d’annoncer que la Hongrie n’avait gelé que 3 petits milliers d'euros d’avoirs russes depuis la mise en place des sanctions à l’encore de Moscou. A comparer par exemple aux 2,7 milliards d’avoirs gelés par la Belgique par exemple…

Laura Leger et Felix Doladille