Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - Lundi 09 janvier 2023

 Aujourd'hui en Europe - Lundi 09 janvier 2023

Aujourd'hui en Europe est un format quotidien regroupant les actualités européennes du jour, présenté par Raphaël Ligot, Félix Doladille et Laura Léger.

Au programme de cet épisode : 

- Deux tiers des Britanniques favorables à un retour dans l'UE

- Rencontre entre Josep Borrel et le ministre des affaires étrangères marocain

- Lourde amende de l'UE à l'encontre de Meta

Ouvrons ce journal, en évoquant la situation au Royaume-Uni. D’après un sondage, commandé par The Independent, deux tiers des Britanniques sont désormais favorables à un référendum sur le retour dans l’Union. 

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l'UE le 31 janvier 2020, mais la "période de transition" lui a permis de rester dans le marché unique jusqu'au 31 décembre de la même année. Depuis le Brexit n’a pas eu les effets escomptés, loin s’en faut. D’après ce sondage, les Britanniques estiment que l'économie, le rayonnement international et la capacité à contrôler ses propres frontières se sont détériorées. Le nombre de Britanniques favorables à un retour dans l’Union est en constante augmentation. En janvier 2022, 55% étaient favorables à un nouveau vote sur la question, ils sont aujourd’hui 65%. 

D’après l’institut de sondage, cela pourrait être dû au fait que beaucoup ont surestimé les avantages potentiels du Brexit

Oui premièrement, l’un des enjeux majeurs de la campagne de 2019 était la question migratoire. Les pro-Brexit ont martelé la nécessité pour Londres de reprendre le contrôle de ses frontières. Aujourd’hui, la moitié des Britanniques pensent que la capacité du Royaume-Uni en la matière a empiré. Économiquement, selon plusieurs groupes de réflexion, le Brexit n’a pas rendu service au Royaume-Uni. Une étude a révélé que la sortie de l'UE avait déjà "coûté aux consommateurs britanniques un total de 5,8 milliards de livres" sur la période 2019-2021, ajoutant "en moyenne 210 livres aux factures alimentaires" des ménages.

Ce sondage reflète un certain malaise au sein du peuple Britannique, le premier ministre Rishi Sunak s’attend à une année 2023 très tendue socialement. 

Arrivé au pouvoir en octobre après le bref passage de Liz Truss, dont les projets de baisses massives d'impôts, non financées, ont effrayé les marchés. Rishi Sunak a annulé quasiment toutes ces mesures. Face à la forte augmentation du coût de la vie, le premier ministre refuse l’augmentation des salaires réclamée par les employés du service public. Le pays connaît actuellement d'importants mouvements sociaux, sans précédent depuis des décennies. Le système de santé publique connaît lui aussi une crise majeure dû à des années de sous-financement. 

Dans ce contexte, le parti de gauche travailliste gagne en popularité, prenant une avance de 26 points dans les sondages sur le parti conservateur. 

Continuons ce journal en nous tournant du côté de Rabat, où Josep Borrell, le haut représentant de l’UE, s'est rendu pour rencontrer le ministre des affaires étrangères marocain.

En effet, ils ont évoqué les multiples enjeux économiques, énergétiques, sécuritaires ou migratoires qui lient le Maroc à l’UE. L’objectif de Bruxelles et de Rabat est de relancer la relation après des mois de brouille, et de réactiver notamment le partenariat d’un point de vue sécuritaire et économique, le Maroc étant le premier partenaire commercial de l’UE en Afrique. En matière de sécurité, le chef de la diplomatie européenne a annoncé la mise en place d’«un dialogue de haut niveau» afin de lutter contre la menace terroriste notamment au Sahel.

La rencontre s’est tenue dans un contexte tendu suite au scandale de corruption au parlement européen qui pointe le Maroc et le Qatar.

Oui et pour rappeler les faits, suite à l’affaire du Qatargate, l’ex-eurodéputé socialiste italien Antonio Panzeri a été arrêté. Et selon la presse belge, il aurait travaillé pour les services de renseignement marocains et aurait reçu de l’argent et des cadeaux en provenance de ce pays. Le ministre des affaires étrangères marocains a parlé d’attaque médiatique à l’encontre du Maroc visant à affaiblir sa relation avec Bruxelles. Tandis que Josep Borrell a rappelé la position ferme de l’Europe, je cite « il ne peut pas y avoir d’impunité pour la corruption. Zéro tolérance pour ça ».

Néanmoins, la question du Sahara occidental reste un l’obstacle majeur aux relations Maroc-UE. Le tribunal de justice de l’UE a même rejeté deux accords commerciaux de pêche et d’agriculture avec le Maroc pour « non-respect du consentement du peuple du Sahara occidental »,

Oui tout à fait, bien que Rabat et Bruxelles aient construit une relation d’interdépendance mutuelle, les 27 ont besoin de la coopération du royaume chérifien en matière de contrôle migratoire. Tandis que le Maroc a besoin des financements européens pour consolider son régime et renforcer son économie. Le dossier sahraoui a toujours été vecteur de tensions. Les institutions européennes cherchent à éviter le sujet, alors que l’Allemagne, la France ou l’Espagne, trois poids lourds de l’Union, soutiennent le plan d’autonomie de ce territoire. Le Sahara occidental est contrôlé à 80 % depuis 1976 par le Maroc, une occupation illégale et illégitime du point de vue du droit international. 

Terminons ce journal en revenant sur la lourde amende de l’UE infligée au géant du web META.

En effet,  la commission irlandaise pour la protection des données (DPC), qui agit au nom de l’Union européenne a annoncé dans le courant de la semaine passé, deux amendes d’un montant total de 390 millions d’euros pour violation du RGPD pour la maison mère de Facebook et d’ instagram. D’après le régulateur irlandais, Meta a violé « ses obligations en matière de transparence » et se fondait sur une base juridique erronée « pour son traitement des données à caractère personnel à des fins de publicité » ciblée. 

La note des sanctions européennes s’alourdit pour META, depuis septembre l’addition ne fait que gonfler et se rapproche des 1 milliards d’euros.  

Oui en septembre dernier, une sanction de 405 millions d’euros lui a été infligée pour manquement dans le traitement des données des mineurs sur instagram. Puis en novembre une seconde sanction de 265 millions est tombée pour cause de défaut de protection des données personnelles chez Facebook.

Mais ce qui importe vraiment c’est le fond de l’affaire, les régulateurs européens souhaitent réviser le modèle de publicité ciblée, qui adapte les annonces en fonction du profil et de l’activité en ligne des utilisateurs. 

Oui et c’est le cœur de l’activité du leader mondial des réseaux sociaux qui est visé. L’association de défense de la vie privée Noyb, qui est à l’origine des trois plaintes contre le groupe, s’est félicitée ce mercredi de la décision européenne , ce qui forcera Meta à mettre en place « une option de consentement oui/non » pour l’utilisation data personnelles des utilisateurs. Meta s’est dit « déçu » des décisions et a indiqué son intention de faire appel, « à la fois du fond et des amendes ».