Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 28 septembre 2026

Classe d'école primaire. © Unsplash Aujourd'hui en Europe - 28 septembre 2026
Classe d'école primaire. © Unsplash

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • Ukraine : le déblocage d’une aide militaire de l’UE de 6,6 milliards d’euros.
  • Commission européenne : l’annonce d’un plan d’aide de 710 millions d’euros pour aider les victimes de crises et de catastrophes à travers le monde. 
  • Italie : l’adoption jeudi d’un décret-loi sur l’école, qualifié de « honteux » par l’opposition. 

On ouvre ce journal à Bruxelles, où les Vingt-Sept se sont accordés vendredi sur l'utilisation d'une enveloppe de 6,6 milliards d'euros d'aide militaire destinée à l'Ukraine.

Réunis vendredi à Bruxelles au sein du Comité politique et de sécurité, les ambassadeurs des pays de l'Union européenne ont trouvé un accord sur la répartition de ces fonds destinés à l’Ukraine, gelés depuis plus de trois ans. L'argent provient de la Facilité européenne pour la paix. Créée en 2021 et alimentée par les États membres en dehors du budget de l'UE, elle finance des actions extérieures dans les domaines militaire et de la défense. Depuis l'invasion russe de 2022, la FEP sert notamment à rembourser les États qui livrent des armes à l'Ukraine.

Le dispositif était bloqué par la Hongrie depuis 2023. 

En mai 2023, la Hongrie de Viktor Orbán avait imposé un véto, bloquant le dispositif, et s’opposant au déblocage de fonds supplémentaires. Cette décision était liée à un différend entre Budapest et Kyiv autour d’OTP Bank, la principale banque hongroise. L’Ukraine avait inscrit l’établissement sur sa liste des « sponsors internationaux de la guerre », notamment en raison de la poursuite de ses activités en Russie.

Il a fallu attendre la défaite de Viktor Orbán aux législatives d'avril pour que le nouveau gouvernement de Péter Magyar lève son veto. Il aura finalement fallu encore près de quatre mois de négociations entre des capitales divisées sur l'usage des fonds. Plusieurs actes législatifs doivent encore être adoptés avant le versement effectif. 

Ces 6,6 milliards d'euros envoient un nouveau signal fort du soutien européen à l'Ukraine. 

« Les attaques hybrides de Moscou tentent d'intimider l'Europe pour qu'elle réduise son soutien à l'Ukraine. L'Europe fait exactement l'inverse. » a réagi Kaja Kallas. Sur la somme totale, 4,7 milliards d’euros serviront à rembourser les États membres de l’UE de leurs livraisons à Kyiv. Un milliard permettra l’achat conjoint de nouveaux équipements militaires. L’argent restant, soit 900 millions d’euros, sera investi pour la mission de l’Union européenne qui forme les forces armées ukrainiennes. 

Un fond qui intervient dans un contexte difficile pour l’Ukraine. 

Une enveloppe qui arrive alors que les frappes russes se poursuivent : cette nuit encore, des attaques ont fait deux morts dans la région de Kyiv et 28 blessés, dont neuf enfants. L’Ukraine fait face à un déficit budgétaire de 23,67 milliards d’euros dans le budget de son ministère de la Défense, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Il a notamment averti que l’Ukraine comptait sur une rentrée d’argent rapide, rappelant que la crise doit être résolue entre octobre et novembre, afin de pouvoir payer les livraisons de drones de l’hiver 2027. 

On continue ce journal à New York, où la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé ce samedi un plan de 710 millions d’euros d’aide pour aider les victimes de crises et de catastrophes à travers le monde. 

L'aide ira principalement à l'Afrique, avec l'objectif, je cite, de « soutenir les communautés déplacées à travers l'Afrique, ainsi que les communautés qui les accueillent ». Le plus gros volet, environ 380 millions d'euros, financera des programmes liés aux migrations en Afrique subsaharienne : protection des migrants vulnérables, aide au retour volontaire et réintégration. S'y ajoutent 60 millions pour les soins de santé primaires en Éthiopie et 10 millions pour la paix dans la région des Grands Lacs. Enfin, 7,5 millions serviront à lutter contre l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo et à renforcer la surveillance sanitaire. 

Le plan vise également à soutenir les populations en Palestine et au Liban notamment.

Une réserve d'urgence de 252 millions d'euros, qui doit encore être validée par l'autorité budgétaire de l'UE, financera l'aide humanitaire aux populations touchées par les guerres, les déplacements, les épidémies ou les catastrophes. Elle se répartit ainsi : 103 millions pour les territoires palestiniens et le Liban, 97 millions pour l'Afrique subsaharienne, face à l'insécurité alimentaire et aux chocs climatiques, et 52 millions pour l'Ukraine, notamment pour aider la population à passer l'hiver. 

On clôture ce journal en Italie, où le gouvernement a adopté un décret-loi jeudi soir sur l’école pour, je cite, « la promotion de l’intégration des élèves étrangers dans le milieu scolaire », un décret qualifié de « honteux » par l’opposition. 

Jeudi soir, le Conseil des ministres italien a adopté un décret-loi, qui s’appliquera à partir de la rentrée 2027. Ce décret interdit tout d’abord l’usage de la burqa et du niqab dans les établissements scolaires, durant les activités curriculaires et extracurriculaires. En cas de non-respect du décret, une sanction de 200 à 1 000 euros pourra être appliquée. Cette mesure avait été réclamée en juillet par Futuro Nazionale, parti d’extrême droite italien qui ne fait pas partie de la coalition gouvernementale et qui fait concurrence dans les sondages à Giorgia Meloni.

Il est aussi question de l’instauration d’un plafond de 30 % d’élèves étrangers par classe de première année. 

À l'école primaire, cette mesure concerne les enfants qui ne sont pas nés en Italie ou qui n’ont pas suivi au minimum deux années d’école maternelle en Italie. Au collège et au lycée, elle concerne les élèves étrangers qui n’ont pas encore validé trois années de scolarité italienne. 

Selon le ministre de l’Éducation, Giuseppe Valditara, environ 34 000 classes dépassent actuellement ce plafond. Pour les établissements qui ne peuvent pas respecter cette limite, le gouvernement prévoit une enveloppe de 17,5 millions d’euros. Cet argent doit notamment permettre de mettre en place des dispositifs d’accompagnement et de soutien pour les élèves concernés. 

Ce projet prévoit aussi des sanctions qui pourraient aller jusqu’au placement de certains mineurs hors de leurs familles.

En cas de graves difficultés d’intégration d’un enfant à l’école, le projet prévoit que les services sociaux puissent être saisis, obligeant les parents de l’enfant à suivre des cours d'italien gratuits, prévus par le décret. Si la famille ne respecte pas cette obligation, le tribunal pour mineurs pourra placer l’élève hors du foyer familial, puisque cela représenterait « une situation de préjudice concret pour le mineur dans son parcours éducatif et d'intégration scolaire ».

Ce décret-loi a provoqué une forte indignation de l’opposition.

La secrétaire du Parti démocrate Elly Schlein a dénoncé, je cite, « un décret honteux, qui tente de dissimuler, derrière un nouveau drapeau idéologique, l'incapacité du gouvernement à apporter des réponses aux problèmes concrets de l'école publique ». L’ONG Save the Children met en garde contre l’établissement d’un plafond d’élèves étrangers, pouvant créer des élèves de “première” et de “seconde” classe. 

Un journal de Audrey Heller et Thomas Kox.