Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 10 juin 2026

Déplacement forcé de civils Palestiniens dans la bande de Gaza, après des bombardements israéliens dévastateurs, le 29 janvier 2025. © Jaber Jehad Badwan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons Aujourd'hui en Europe - 10 juin 2026
Déplacement forcé de civils Palestiniens dans la bande de Gaza, après des bombardements israéliens dévastateurs, le 29 janvier 2025. © Jaber Jehad Badwan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme : 

  • Gaza et Cisjordanie : Israël sous le feu des critiques internationales 
  • Nouveau paquet de sanctions contre la Russie : l’UE frappe l’économie russe 
  • Cybersécurité : Paris et Madrid bientôt devant la CJUE pour retard dans l’application du droit européen

On ouvre ce journal en évoquant la récente multiplication des condamnations internationales contre Israël.

Ce mardi, la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Norvège ont annoncé de nouvelles sanctions contre des acteurs de la colonisation israélienne en Cisjordanie, dénonçant “l’intensification de la colonisation et des violences”. Le Royaume-Uni a également appelé ses entreprises à cesser toute activité économique dans les colonies israéliennes illégales. Une manière, selon Londres, d’empêcher les colons de tirer profit “d’une terre qu’ils ont prise aux Palestiniens”. De son côté, Paris a interdit d'entrée sur son territoire le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich. Il est accusé de soutenir activement les colons et l’annexion de la Cisjordanie, alors que la majorité de la communauté internationale revendique la solution à deux États. Quatre responsables d’organisations de colons et 21 “colons violents” sont également concernés par cette interdiction.

Il s’agit du deuxième ministre israélien d’extrême-droite à faire l’objet d’une telle sanction.

Le 23 mai dernier, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’était lui aussi vu interdire l’entrée sur le sol français. En cause : son rôle dans les violences et humiliations à l’encontre des militants de la Flottille pour Gaza pendant leur détention, après qu’Israël les ait capturés dans les eaux internationales alors qu’ils tentaient de briser le blocus israélien de Gaza. Depuis, des enquêtes ont été ouvertes en France et en Italie pour de possibles faits de “tortures” et “crimes de guerre”.

Toutes ces mesures ont suscité une vive réaction de l’État hébreu.

Le gouvernement israélien a dénoncé des mesures “ honteuses”, qu’il considère comme une tentative d’imposer une position politique sur le conflit israélo-palestinien et sur le droit des Juifs à s’installer en Israël.

Pourtant, ces critiques ont également trouvé un écho au sein d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU.

Hier, cette commission a alerté sur la situation dans les territoires palestiniens. Elle estime que les civils palestiniens sont “systématiquement et délibérément victimes de graves violations du droit international des droits de l’homme” et se retrouvent “pris au piège” entre les violences des colons soutenus par Israël et celles du Hamas. Bien qu’elle ne dispose d’aucun pouvoir judiciaire, cette commission peut toutefois contribuer à renforcer la pression diplomatique et à fournir des éléments de preuves susceptibles d’être utilisés par les tribunaux.

Ces multiples condamnations n’empêchent d’ailleurs pas Israël de poursuivre ses opérations au Liban.

Hier matin, Israël a appelé les habitants de Tyr, dans le sud du Liban, à évacuer la ville avant de mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah. Ces bombardements auraient fait huit morts et trente-deux blessés. L’armée israélienne dit aussi avoir tué deux responsables du Jihad islamique palestinien, un mouvement armé allié du Hamas, ainsi qu’un homme accusé d’avoir attaqué ses soldats dans le nord du pays.

Et on poursuit ce journal en Russie, après que la Commission européenne a dévoilé mardi un nouveau paquet de sanctions visant Moscou, le vingt-et-unième depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022.

Un paquet de sanctions qui intervient dans un contexte d'intensification des frappes russes en Ukraine, et surtout quelques jours après le début du dégel des 90 milliards d'euros de prêt de Bruxelles pour Kyiv. Pour les 27, l’objectif de ces sanctions reste le même : "frapper l'économie russe" selon les mots d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, afin de limiter la capacité du Kremlin à financer la guerre.

Alors, que contient ce nouveau paquet ?

Son principal volet concerne les exportations de pétrole russe. La Commission propose de maintenir le plafond du prix du pétrole à son niveau actuel de 44,10 dollars le baril afin d’éviter qu’une hausse des cours mondiaux ne profite à Moscou. Un gel seulement temporaire, prévu jusqu’en janvier 2027, mais qui permettrait selon la Commission de “laisser le temps aux marchés pétroliers de se stabiliser, tout en maintenant la pression sur les revenus de la Russie”. Le texte prévoit également d'inscrire sur "liste noire" 30 nouveaux bateaux de la "flotte fantôme" russe, c'est-à-dire des pétroliers en état de délabrement alarmant utilisés pour contourner les restrictions occidentales.

Et avec ces nouvelles sanctions, Bruxelles souhaite également interdire l’entrée dans l’espace de l'Union européenne aux soldats russes ayant participé à la guerre en Ukraine.

Une mesure réclamée depuis plusieurs mois par plusieurs États membres, notamment les pays baltes, qui jugent inacceptable que d’anciens combattants puissent voyager librement en Europe. Ursula von der Leyen a déclaré à ce sujet que “l'Europe restera interdite à toute personne ayant participé à l'invasion de l'Ukraine”. Reste maintenant à faire valider ce nouveau volet de sanctions par les 27, qui doivent l'adopter à l'unanimité.

Et on termine ce journal à Bruxelles, où la Commission européenne s’apprête à poursuivre la France et l’Espagne devant la justice européenne pour leur retard dans l’adoption d’une loi sur la cybersécurité.

Les deux pays avaient jusqu'à août 2024 pour transposer dans leur droit national la directive européenne NIS2, pourtant adoptée en 2022, il y a plus de 4 ans. Ce texte vise à renforcer la protection informatique des secteurs critiques, comme l’énergie, les transports, l'eau et les infrastructures numériques, face à la multiplication des cyberattaques ces dernières années.

Et après plusieurs rappels à l’ordre, Bruxelles envisage désormais de saisir la Cour de justice de l’Union européenne, la plus haute juridiction de l'UE, dans les prochains mois.

Une procédure rare qui pourrait déboucher sur des sanctions financières exemplaires de plusieurs dizaines de millions d’euros, même si la Cour pourrait également accorder un délai supplémentaire aux États concernés. Paris prévoyait d’intégrer cette directive dans un projet de loi plus important sur les secteurs critiques, mais son examen a été repoussé à l’automne, alimentant les crispations avec Bruxelles face aux retards accumulés.

Un journal de Manon Gendreau et Nicolas Le Guily.