Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 23 juin 2026

Des Parisiens profitent de la fraîcheur des quais de Seine, au pied du Pont Neuf, à Paris. © Marc Barrot Aujourd'hui en Europe - 23 juin 2026
Des Parisiens profitent de la fraîcheur des quais de Seine, au pied du Pont Neuf, à Paris. © Marc Barrot

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme :

  • Canicule : l'Europe en surchauffe
  • Après le SCAF, la France et l'Allemagne se rabattent sur les chars
  • Guerre en Ukraine : sommet à Berlin sur fond de frappes

On ouvre ce journal en évoquant la canicule qui frappe l'Europe occidentale, et qui place la France au cœur d'un épisode d'une intensité et d'une précocité inédites.

Entamée le 17 juin, la vague de chaleur poursuit son plateau ce mardi, sans répit. 54 départements sont placés en vigilance rouge, le niveau d'alerte maximal, un record depuis la création du dispositif, exposant plus de 90 % de la population française à des températures extrêmes et exceptionnelles. Lundi, la température la plus élevée du pays a été relevée à Châteaumeillant, dans le centre, avec 43,3 degrés. Ce mardi, le thermomètre approche ou dépasse les 40 degrés dans de nombreuses grandes villes : autour de 40 degrés à Paris, et jusqu'à 42 degrés à Lyon, Dijon ou Strasbourg.

Une chaleur qui fait déjà des victimes. Et face à l'urgence, les autorités multiplient les mesures.

Des centaines d'écoles ont fermé leurs portes ou écourté leurs journées. De nombreux trains ont été supprimés, notamment les RER et les Transiliens en Île-de-France. Le président Emmanuel Macron a réuni une cellule interministérielle de crise, la consommation d'alcool a été restreinte dans plusieurs lieux publics. Certains musées et sites culturels ont de leur côté fermé leurs portes, et la région parisienne recommande le télétravail et d'éviter les déplacements.

Un épisode qui dépasse les frontières françaises.

L'Espagne a placé plusieurs régions en alerte rouge au-delà de 40 degrés, et Madrid a ouvert un abri climatique pour les sans-abri. Le Royaume-Uni a déclenché une rare alerte rouge « chaleur extrême ». En Belgique aussi, la chaleur s'installe : le pays passe progressivement en code orange, des trains ont été supprimés aux heures de pointe, et selon l'Institut royal météorologique, la semaine pourrait être la plus chaude jamais enregistrée. L'Organisation mondiale de la santé parle d'une urgence sanitaire, tandis que les climatologues rappellent que le réchauffement d'origine humaine rend ces épisodes plus fréquents et plus intenses. En France, le plateau devrait se maintenir jusqu'à jeudi, avant une dégradation orageuse attendue vendredi.

On continue ce journal en évoquant cette nouvelle tentative de rapprochement entre la France et l'Allemagne sur le terrain de la défense après quelques tentatives malheureuses.

Paris et Berlin ont annoncé ce lundi un accord sur la stratégie et la gouvernance du groupe franco-allemand KNDS, l'un des principaux fabricants de chars du continent, né en 2015 de la fusion du français Nexter et de l'allemand KMW. Les deux États veulent en devenir coactionnaires à parité : la France détient aujourd'hui 50 % du capital, et l'Allemagne va monter à 40 %. L'accord ouvre la voie à une introduction en Bourse, à Paris et à Francfort, pour une opération qui valoriserait le groupe entre 15 et 18 milliards d'euros.

Un accord qui intervient dans un contexte particulier.

Il survient deux semaines après l'échec du SCAF, le projet d'avion de combat du futur, abandonné début juin faute d'entente entre les industriels français et allemands impliqués sur le dossier, Dassault et Airbus notamment. Le rapprochement autour de KNDS apparaît donc comme une volonté de sauver, sur le terrain terrestre, ce qui a échoué dans les airs.

Reste un enjeu majeur : le char du futur.

KNDS est l'un des piliers du programme MGCS, le char de combat du futur, censé remplacer le Leclerc français et le Leopard 2 allemand à l'horizon 2040. Un programme commun, mené aussi avec l'allemand Rheinmetall et le français Thales, mais jusqu'ici au point mort. L'accord de lundi pourrait contribuer à relancer ce projet. Reste une étape : côté allemand, le volet budgétaire doit encore être approuvé par le Bundestag.

Un dossier qui s'inscrit dans un vaste mouvement de réarmement.

Partout en Europe, les États augmentent leurs dépenses militaires face à la menace persistante de la guerre russe en Ukraine et aux doutes sur la fiabilité des États-Unis. KNDS, qui a réalisé l'an dernier 4,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, ne produit pas que des chars : ses véhicules blindés, comme le Puma ou le Boxer, sont de plus en plus recherchés, alors que les armées européennes reconstituent des stocks épuisés par les livraisons à l'Ukraine.

On termine ce journal en restant sur le terrain militaire, en évoquant cette nouvelle réunion consacré à l’Ukraine.

Oui les dirigeants des principales puissances militaires européennes se réuniront mercredi 24 juin à Berlin alors que l'Europe cherche à peser davantage dans les efforts pour mettre fin à la guerre. Réunis autour du chancelier Friedrich Merz, ils seront rejoints en visioconférence par le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte.

Une nouvelle réunion alors que les frappes se poursuivent.

Dans la nuit, la Russie a lancé 135 drones sur l'Ukraine, dont 118 ont été interceptés. Ce lundi, au moins 7 personnes sont mortes dans des frappes russes, dont trois membres d'une même famille. De son côté, l'armée ukrainienne a revendiqué une attaque contre une usine de missiles Iskander à Voronej, en Russie : selon le gouverneur régional, elle a fait 5 morts.

Certains craignent que le soutien européen à l’Ukraine ne pâtisse du départ de Keir Starmer, un des principaux soutien de Kyiv en Europe

À Londres, le Premier ministre Keir Starmer, fervent soutien de Kyiv, a annoncé sa démission ce lundi, poussé vers la sortie par son propre camp. Volodymyr Zelensky, mais aussi Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen, ont salué son engagement en faveur de l'Ukraine. Reste désormais une question : celle de savoir si Londres maintiendra le même niveau de soutien une fois son successeur désigné.

Un journal de Thomas Kox et Giona Melotto