Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Lucas Savino, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme:
- Flambée des prix de l'énergie suite aux conflits en cours au Moyen-Orient
- Guerre en Ukraine: Zelensky renforce ses alliances
- Les élections municipales approchent en France: un scrutin très observé au niveau national
On commence ce journal en revenant sur la flambée des prix de l’énergie suite à la guerre au Moyen-Orient. Le conflit autour de l’Iran fait grimper les prix du pétrole et du gaz, et inquiète particulièrement les Européens. Mais derrière cette crise, certains observateurs signalent également un effet inattendu : la Russie pourrait bien profiter de la situation.
Oui, bonjour Salomé La guerre contre l’Iran et le blocage du détroit d'Ormuz suscitent des tensions majeures sur les marchés énergétiques, ce qui se répercute immédiatement sur les prix. Le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars, porté par les craintes de perturbations de l’approvisionnement mondial. Dans ce contexte, la Russie, grand exportateur de pétrole, pourrait tirer avantage de cette hausse des prix. Moscou est pourtant sous sanctions occidentales depuis l’invasion de l’Ukraine, mais lorsque les prix de l’énergie augmentent, les revenus tirés des exportations augmentent aussi. Pour le Kremlin, cette flambée constitue donc une divine surprise.
Aux États-Unis, l’administration de Donald Trump réfléchit à plusieurs solutions pour freiner la hausse des prix de l’énergie.
Parmi les pistes évoquées figure la possibilité de suspendre temporairement certaines sanctions sur le pétrole russe, afin de permettre à la Russie d’exporter davantage de brut sur les marchés internationaux. L’objectif serait d’augmenter l’offre mondiale de pétrole pour faire baisser les prix et soulager les consommateurs.
En parallèle, Washington a décidé d’agir avec ses partenaires internationaux en rejoignant une initiative coordonnée par l’International Energy Agency, qui regroupe une trentaine de pays consommateurs d’énergie.
Ensemble, ils ont décidé de mettre sur le marché 400 millions de barils de pétrole provenant des réserves stratégiques, une mesure exceptionnelle destinée à stabiliser les marchés et à limiter la hausse des prix de l’énergie.
La conférence de presse de Donald Trump a eu lieu après un échange téléphonique avec Vladimir Poutine, ce qui alimente les spéculations selon lesquelles la Russie pourrait être l’un des principaux bénéficiaires de ce changement de politique énergétique.
Oui, surtout que la semaine dernière Washington avait déjà accordé un allégement des sanctions à l’Inde pour lui permettre d’acheter du pétrole russe bloqué en mer, un revirement de position après des mois de pression américaine pour que New Delhi stoppe ses importations russes.
À Bruxelles, l’Union européenne affirme qu’elle maintiendra ses sanctions contre la Russie et son soutien à l’Ukraine dans tous les cas.
Du côté de l’Union européenne, plusieurs responsables s’inquiètent. Le commissaire européen à l’économie Valdis Dombrovskis a déclaré que l’UE devait continuer à exercer une « pression maximale » sur Moscou, car pour l'Union européenne, il est essentiel de maintenir ses sanctions afin de réduire la capacité de la Russie à financer la guerre en Ukraine.
On poursuit d’ailleurs ce journal avec la guerre en Ukraine. Alors que l’attention internationale est en grande partie tournée vers la crise au Moyen-Orient, les combats continuent sur le terrain entre Kiev et Moscou.
Dans la nuit de mardi à mercredi, la Russie a mené une nouvelle attaque massive de drones contre l’Ukraine. Selon l’armée de l’air ukrainienne, 99 drones ont été lancés au total. La défense aérienne affirme en avoir abattu 90 dans le nord, le sud et l’est du pays. Malgré ces interceptions, plusieurs frappes ont atteint leur cible : neuf drones ont touché six sites différents, et des débris sont tombés sur au moins trois autres zones.
Les forces ukrainiennes poursuivent également leurs frappes en territoire russe.
Kiev affirme avoir visé une usine liée à l’industrie militaire dans la région de Briansk, à l’ouest de la Russie. Cette installation serait impliquée dans la production d’équipements utilisés par l’armée russe. Suite à cette frappe, le Kremlin accuse de son côté la Grande-Bretagne d’avoir été impliquée dans cette attaque de missiles, une accusation que Moscou utilise régulièrement pour dénoncer le soutien militaire occidental à l’Ukraine.
Sur le plan diplomatique, l’Ukraine tente aussi de maintenir l’attention de ses alliés.
La présidente du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, Julia Klöckner, est en visite à Kiev ce mercredi. Elle est venue réaffirmer le soutien de l’Allemagne à l’Ukraine, alors que la guerre au Moyen-Orient risque de détourner l’attention de la communauté internationale du conflit avec la Russie. Le président ukrainien se rendra ensuite à Paris demain, pour discuter des leviers de pression sur la Russie avec son homologue Français.
On termine ce journal en France, où vont se tenir les élections municipales le 15 mars prochain, marquant peut-être un tournant dans la politique du pays.
Oui, pour rappel, ce scrutin ne concerne que l'élection des conseillers municipaux et des maires, et ce, dans plus de 35 000 communes; des élections souvent tournées vers des enjeux locaux, comme l’urbanisme, le logement, les écoles ou les transports. Pourtant, cette année, elles sont observées de près par l’Europe: plusieurs médias, dont Politico, considèrent que les batailles politiques qui ont lieu dans les villes telles que Lyon ou Marseille, des bastions historiques de la gauche, sont des indicateurs de dynamiques nationales, qui permettent de déceler les tendances électorales plus grandes, au niveau national comme au niveau européen.
A un an de la présidentielle française et avec l’avancée du parti d'extrême droite Rassemblement National, représenté notamment par Jordan Bardella et Marine Le Pen, ces élections pourraient renforcer leur position à l’approche du scrutin national - une tendance généralisée des partis nationalistes qui tentent de conquérir le local afin de gagner en crédibilité nationale.
La présence étendue du RN ne peut pas être ignorée; mais ces élections municipales constituent surtout un test pour mesurer l’ampleur de la réaction des autres forces politiques et déterminer si le principe du « front républicain » demeure encore un mécanisme efficace pour lui faire barrage. Ces prédictions sont d’autant plus importantes pour l’UE, car si l'extrême droite passe en pouvoir, cela pourrait complètement déstabiliser les relations extérieures françaises. Cette progression est d’ailleurs commune à toute l'Europe, selon la BBC et Euronews, avec les questions de la sécurité et de l’ordre public de plus en plus aux centres des débats.
Un journal de Mathilde Boht et Salomé Moinet.