Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme :
- Guerre en Iran : Trump prolonge une trêve sous tension
- Ukraine : face aux menaces, l’Europe relance son soutien à Kyiv
- Hongrie : un arrêt historique pour les droits des personnes LGBTQIA+
On ouvre ce journal en Iran, après l’annonce de Donald Trump de la prolongation pour une durée indéterminée du cessez-le-feu avec Téhéran.
Le président américain a fait cette annonce sur son réseau Truth Social, à la veille de l’expiration de la trêve actuelle. Washington dit vouloir laisser plus de temps à la diplomatie, alors que l’Iran n’a toujours pas présenté de position commune claire pour une reprise des discussions. Une annonce qui résonne comme une nouvelle volte-face de Donald Trump, coutumier des déclarations maximalistes suivies de brusques changements de ligne.
Une décision à rebours des menaces proférées la semaine dernière par le président américain.
Oui, Donald Trump avait initialement menacé de frapper les centrales et les ports iraniens si Téhéran refusait de négocier. Mais en l’absence d’interlocuteurs iraniens face à la délégation américaine envoyée au Pakistan lundi, le président a réuni ses principaux conseillers à la Maison-Blanche. La décision qui en a résulté, à savoir la prolongation de la trêve, semble traduire avant tout l’incapacité de Washington à obtenir des résultats sur le terrain des négociations.
Mais en parallèle, le ton reste très belliqueux de part et d’autre.
Donald Trump a précisé que les États-Unis maintiendraient leur blocus contre l’Iran, mis en place la semaine dernière. Il affirme que l’armée américaine restera prête à frapper de nouveau si les discussions échouent. Et Téhéran n’a pour le moment pas réagi à la dernière annonce du président Trump de façon positive. Cette nuit, après l’annonce du renouvellement de la trêve, l’Iran a en effet visé un porte-conteneurs dans le détroit d’Ormuz. L’ambassadeur iranien à l’ONU Amir Saeid a déclaré ce matin qu’avant toute nouvelle série de négociations, les Etats-Unis doivent “mettre fin à leur violation du cessez-le-feu”.
Pendant ce temps, sur l’autre terrain du conflit, au Liban, la trêve entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah reste particulièrement fragile.
Oui, le Hezbollah a annoncé mardi soir avoir repris ses attaques dans le nord d’Israël en riposte à des “violations flagrantes” du cessez-le-feu. Une première depuis l’entrée en vigueur de la trêve vendredi dernier. Dans un communiqué, le Hezbollah a affirmé hier que ses combattants ont lancé des roquettes et déployé des drones d’attaque, visant une installation militaire israélienne. Dans ce contexte, le Monde indique qu’une vague de déplacements, bien que plus modeste que les précédentes a eu lieu cette nuit, des habitants recommençant à quitter le sud du pays.
Et face à la situation, l’UE a annoncé préparer une éventuelle “mission civile” au Liban.
C’est en effet ce qu’a déclaré, ce mardi lors de son point presse, Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne. Kaja Kallas a donc évoqué une possible mission civile au Liban, en plus des 100 millions d’euros d’aide humanitaire que l’Europe s’est déjà engagée à fournir. Rappelons que le cessez-le-feu en vigueur dans la région reste extrêmement fragile et arrivera à son terme en fin de semaine.
On continue ce journal en Ukraine, où une nouvelle tension monte au nord du pays, alors que Kyiv alerte sur des mouvements militaires biélorusses près de la frontière.
Volodymyr Zelensky affirme que la Biélorussie construit de nouvelles routes en direction de l’Ukraine et installe des positions d’artillerie près de la frontière. Selon lui, Moscou chercherait à entraîner Minsk plus directement dans la guerre. Une alerte prise au sérieux à Kyiv, car le territoire biélorusse avait déjà servi de base arrière à l’offensive russe contre la capitale ukrainienne en 2022.
Et pendant ce temps, Bruxelles s’apprête à franchir une étape importante dans son soutien à l’Ukraine.
Les 27 ambassadeurs de l’Union européenne doivent donner ce mercredi leur feu vert final au prêt de 90 milliards d’euros destiné à Kyiv. Si le dossier avance enfin, c’est aussi parce que Viktor Orbán, toujours en poste mais battu aux élections, semble avoir renoncé à maintenir son blocage. Le déblocage du prêt apparaît donc avant tout comme la conséquence de son affaiblissement politique, plus que comme un véritable changement de ligne de Budapest sur l’Ukraine.
Et cet accord est crucial pour l’Ukraine, qui a désespérément besoin de ces fonds pour financer, notamment, sa défense face à Moscou.
L’enveloppe serait répartie sur deux ans, avec 45 milliards en 2026 puis 45 milliards en 2027. Les premières tranches pourraient être versées dès la fin mai ou au début du mois de juin. Au total, ce prêt couvrirait environ les deux tiers des besoins de financement ukrainiens pour les deux prochaines années. Pour les Européens, l’enjeu est double : continuer à soutenir l’effort de guerre ukrainien, mais aussi montrer que, malgré les blocages répétés de la Hongrie et l’usure du conflit, l’Union européenne reste capable de tenir ses engagements envers Kyiv.
On clôture ce journal en Hongrie, condamnée hier par la Cour de Justice de l’Union européenne.
La CJUE a rendu son verdict hier : la loi, votée en 2021 par Budapest, je cite, “stigmatise et marginalise” les personnes LGBTQIA+. Pour la Cour, le contenu de cette loi, qui interdisait de “montrer l’homosexualité aux mineurs”, restreint les contenus “promouvant la divergence par rapport à l’identité personnelle”. La CJUE dénonce ainsi une atteinte “particulièrement grave”, “contraire à l’identité de l’Union européenne”.
La Commission européenne a salué un arrêt “historique”.
Historique en effet. Pour la première fois, dans une procédure de recours contre un État membre, la Cour constate une violation du Traité sur l’Union européenne. La Commission européenne rappelle “qu’il revient maintenant au gouvernement hongrois d’appliquer cette décision”. Reste à savoir désormais ce que Péter Magyar, fraîchement élu, décidera une fois au pouvoir. Dès le soir de sa victoire, ce dernier avait adressé un message rassurant à la communauté LGBTQIA+. Il avait en effet déclaré qu’au vu du résultat des élections, la Hongrie avait décidé de “vouloir être un pays où personne n’est stigmatisé pour aimer autrement ou d’une manière différente de la majorité”.
Un journal de Nicolas Le Guily et Giona Melotto.