Amour et fantaisie à Vilnius

Amour et fantaisie à Vilnius

Ce mois-ci, The Wandering Playlist prend prétexte d’une soirée Stereotrip Vilnius à Stereolux à Nantes, pour s’établir dans la capitale lituanienne.

Petite capitale qui abrite un cinquième de la population d’un pays de 2,7 millions d’habitants, Vilnius est réputée pour le caractère kaléidoscopique de de son architecture (médiévale, gothique, baroque, soviétique, contemporaine …). Elle l’est également pour sa vitalité économique et culturelle. Pour ce qui est de la scène musicale, elle a été intimement liée à la sortie du système soviétique. Le mouvement qui - de 1987 à 1991 - a porté les trois pays Baltes vers une nouvelle indépendance est surnommé The Singing Revolution. En Lituanie, ce sont les festivals de rock itinérants, Roko Marsas, qui ont contribué à cristalliser l’aspiration à l’indépendance. Laquelle indépendance a provoqué un indéniable appel d’air, particulièrement sensible ces dernières années, qui ont vu émerger une scène indépendante foisonnante.

De quoi se réjouir et justement notre promenade commence par une réjouissante rencontre amoureuse Inna Vilnius City. Elle est racontée par Ministry of Echology, formation reggae-pop à géométrie variable qui officie depuis la fin des années 2000 - une époque où paraît-il il n’existait aucun groupe de reggae à Vilnius. Les « ministres » passent le relais à Afrodelic, groupe fondé par Victor Diawara, installé à Vilnius depuis 1997, ex-leader de Skamp qui représenta la Lituanie à l’Eurovision et qui dans Le temps est venu met en musique un texte de son père, l’écrivain malien Gaoussou Diawara. On poursuit dans l’exotisme avec Boliche de Planeta Polar, improbable et entraînant trio de cumbia lituanienne mené par Ademas Koreniukas. Lequel Ademas joue également dans Superkoloritas, un duo rétro-disco qu’il forme avec Giedré Nalivaikaitė. Laquelle Giedré officie également dans le trio féminin Shishi, dépositaire d’un mermaid rock (leur expression) sautillant et comme l’illustre ce Burbulas ir Burbuliene réjouissante adaptation d’une comptine. On continue en rythme avec trois groupes plus établis : Garbanotas, dont le rock crasseux a déjà beaucoup tourné en Europe, les paradoxaux Solo Ansamblis et Kamanių šilelis, duo qui revisite le folklore lituanien façon darkwave. Puis petite pause avec la pop-folk Piano Out Of Tune de Kabloonak et avec Rupestelis, berceuse d’amour de homechestra (dont la chanteuse Dominyka officie également dans Ministry of Echology et shishi). Et direction l’Opium, club électro où le DJ et producteur Roe Deers est résident, pour un « bizarre et dansant » Rodeo King concocté avec le producteur norvégien Sex Judas. Nous terminons notre circuit avec un deuxième titre de Ministry of Echology, ici accompagnés de Eazystyle MC, producteur de son état, pour un Laikas Meilei - moment d’aimer - qui n’est jamais déplacé.

Pour aller plus loin > Music Information Centre Lithuania (en anglais) : https://www.mic.lt/en/