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Le rapport du GIEC, ou l’urgence absolue d’agir – Smart for climate #38

Écrit par sur 7 octobre 2021

Cette semaine, Jeanne Gohier de Fideas Capital nous parle du 6ème rapport d’évaluation du GIEC. Ce dernier alerte sur l’ampleur du changement climatique et l’accélération brutale de la dégradation partout sur la planète.

Avant de revenir sur le rapport, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est le GIEC ?

Ce qu’on appelle communément le GIEC est le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, qui a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale. Il est ouvert à tous les pays membres de l’ONU, et il est constitué d’une part de scientifiques experts en climatologie et d’autre part de représentants des Etats membres.

En somme c’est un laboratoire de recherche international ?

Non, parce qu’il ne produit pas de recherche ! L’objectif du GIEC est de donner aux gouvernements des informations « sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective » sur le changement climatique d’origine humaine. Le groupe publie tous les 7 ans des rapports d’évaluation, qui sont une synthèse de milliers d’articles scientifiques publiés autour de la thématique du changement climatique. Il n’est donc pas un laboratoire de recherche, et d’ailleurs les représentants des Etats participent au processus d’examen des rapports.

Comment est-ce que le GIEC s’assure d’une synthèse objective et sans parti pris de la recherche scientifique ?

Dans les rapports publiés, il y a non seulement un résumé des connaissances scientifiques autour du changement climatique, mais il y a aussi un vocabulaire précis pour déterminer d’une part la probabilité des résultats, et d’autre part le consensus scientifique autour de ces résultats. Par exemple dans le dernier rapport, il est indiqué que les extrêmes de chaleur ont augmenté en fréquence et en intensité : le niveau de probabilité est quasi-certain, et il y a un consensus très fort pour affirmer que les activités humaines sont les principales responsables de ce changement.

Alors justement quels sont les points à retenir de ce rapport du GIEC ? 

Pour l’instant la totalité du rapport n’a pas encore été publiée, seulement le premier de trois chapitres qui résume les observations et les fondements scientifiques du changement climatique. Deux autres chapitres seront publiés plus tard dans l’année, qui détailleront tous les impacts du changement climatique ainsi que l’adaptation et l’atténuation qui peuvent être réalisées. Les informations qui ont été publiées sont sans appel : depuis 1850, la température de surface a augmenté de 1,1°C, le niveau des océans a augmenté de 20cm, et la responsabilité humaine fait désormais consensus pour toute la communauté scientifique.

Y a-t-il de nouvelles observations qui n’avaient pas été publiées auparavant ?

Ce ne sont pas vraiment de nouvelles observations, mais plutôt des certitudes qui augmentent sur le caractère déjà irréversible de certains phénomènes. Par exemple, les extrêmes de température, les canicules, les tempêtes, les épisodes de précipitation intenses sont de plus en plus fréquents et de plus en plus sévères, directement imputables au réchauffement climatique. Les vagues de chaleur sont par exemple 4,8 fois plus fréquentes avec un réchauffement de 1,2°C. Les scientifiques tirent également la sonnette d’alarme sur le peu de temps qu’il reste pour limiter le réchauffement. Si l’on veut éviter de dépasser 1.5°C de réchauffement, il nous reste l’équivalent de 10 ans d’émissions de gaz à effet de serre au niveau de 2019.

Le rapport du GIEC a-t-il créé du remous dans le secteur financier ? 

Très peu. A l’annonce de la publication du rapport, les marchés financiers n’ont pas vraiment réagi, cela n’est pas surprenant parce que même si les investisseurs se sentent de plus en plus concernés et exposés aux risques climatiques, la publication d’un tel rapport n’a pas d’effets à court terme. Cela présage des régulations plus fortes à venir pour faire diminuer les émissions. Il y aura aussi changements accélérés des entreprises pour s’adapter à cette accélération du changement climatique. On doit donc s’attendre, sans aucun doute, à des effets à plus long terme sur les marchés financiers. Affaire à suivre donc, notamment avec la publication des autres chapitres du rapport sur les impacts du changement et l’atténuation des émissions 

Laurence Aubron – Jeanne Gohier

Jeanne Gohier est analyste sur la finance du climat chez Fideas Capital, qui propose aux Européens d’investir « Smart for Climate », c’est-à-dire de prendre en compte les enjeux du réchauffement climatique dans leurs placements.

Tous les éditos “Smart for Climate” de Jeanne Gohier sont à retrouver juste ici

Image via Pxfuel


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