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La rédu-flation – L’éco de Marc Tempelman

Écrit par sur 5 mai 2022

Nous accueillons Marc Tempelman, un des co-fondateurs de la FinTech Cashbee, qui aide les Européens à épargner plus et mieux. Nous discutons toutes les semaines de finance. 

Avec la réapparition et la forte hausse de l’inflation, un nouveau terme économique a vu le jour. Il s’agit du concept de shrinkflation, qui est la contraction entre le verbe “to shrink” qui veut dire rétrécir en anglais et “inflation”. En français cela donnerait “rédu-flation”. Je pensais qu’il était intéressant d’expliquer ce concept aux auditeurs.

Oui, parce que ce type de décrochage est relativement rare ?

En effet. Bien sûr, les marchés actions peuvent réagir violemment et les fluctuations des prix peuvent, théoriquement, être importantes. Mais dans la pratique, pour des sociétés de la taille de Netflix, c’est plutôt rare. N’oublions pas que Netflix fait partie des FAANGs, aux côtés de Facebook, Apple, Amazon et Google. Ces mastodontes de la tech servent comme indicateurs de la santé générale des sociétés technologiques dans le monde.

Donc que s’est-il passé dans le cas particulier de Netflix ?

L’action de la société, comme de nombreuses autres dans la tech, fait partie des actions, dites, de croissance. Les investisseurs apprécient les valeurs de ce type pour les perspectives de forte croissance qu’elles offrent. C’est typiquement le cas d’entreprises innovantes et technologiques, comme Netflix. En révolutionnant un secteur donné, elles peuvent multiplier le nombre de leurs clients, et donc de leurs chiffres d’affaires d’une année à l’autre. Tant que la croissance est au rendez-vous, trimestre après trimestre, le soutien des investisseurs peut propulser le prix de leurs actions à des niveaux très élevés. Mais lorsqu’un grain de sable enraye la machine, leur désamour peut se manifester tout aussi rapidement.

Qu’est-il arrivé à la croissance de Netflix ?

Ce sont les résultats trimestriels de Netflix qui ont très désagréablement surpris les marchés. Après une décennie d’augmentations successives et significatives du nombre de ses clients, la société a annoncé que son nombre d’abonnés avait baissé de 200 000 au 1er trimestre. Ce qui est très loin des 2,6 millions de souscripteurs de plus auxquels s’attendaient les analystes financiers. Pire, elle anticipe en perdre 2 millions de plus au courant du 2nd trimestre.

Qu’est-ce qui a causé cet arrêt brutal dans les souscriptions aux services de streaming de Netflix ?

Il existe sans doute plusieurs explications. Tout d’abord, la compétition s’est réveillée. Si Nextflix garde l’avantage d’avoir été l’innovateur dans le domaine, Disney, Amazon et Apple se sont lancés dans la bataille, avec des moyens importants. Netflix reste le leader sur son marché, mais après avoir augmenté ses tarifs, certains de ses clients américains sont allés chercher leurs séries et films ailleurs. En se retirant de la Russie, elle a perdu 700 000 utilisateurs de plus. Le gain de plus d’un million d’abonnés en Asie n’a pas suffi pour inverser la tendance.

Notons qu’au-delà de la compétition accrue les effets d’inflation mondiale s’est également fait sentir. Avec des budgets sous pression, un certain nombre de ménages ont fait le choix de réduire leurs dépenses en coupant leurs abonnements.

La société pourra-t-elle remonter la pente ?

Le futur le dira, mais son PDG légendaire Reed Hastings s’attèle à la tâche. Et il a plusieurs cordes à son arc. Il souhaite s’attaquer au partage des mots de passe, qui font que des dizaines de millions de foyers regardent Netflix sans payer d’abonnements. Par ailleurs, Netflix va mieux surveiller ses dépenses et son budget dédié à la production de contenu sera plus surveillé. Enfin, la société songe à introduire de la publicité afin de pouvoir attirer des clients à plus faible budget avec une offre moins chère mais contenant de la pub.

Bref, des mesures toutes très sensibles, mais pour lesquelles Netflix n’avait pas le temps, tellement l’entreprise était obsédée par la croissance. Peut-être que Netflix est en train de faire la transition, parfois douloureuse, de société de croissance à société de valeur.

Toutes les éditos de Marc Tempelman sont à retrouver juste ici


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