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La France veut mettre fin aux tickets de caisse papier – consommateurs européens #36

Écrit par sur 20 juin 2022

La chronique des consommateurs européens avec Elphège Tignel (Centre Européen des Consommateurs France).

Elphège, vous nous parlez aujourd’hui d’une décision en France qui fait débat : la fin des tickets de caisse papier 

« Vous voulez votre ticket de caisse ? ». Voilà une question que vous ne devriez plus entendre dans quelques mois. Dès le 1er janvier 2023, l’impression des tickets de caisse ou de carte bancaire ne sera plus systématique en France. Ça sera aux consommateurs, de penser à le demander. Ou alors il faudra accepter de communiquer son adresse e-mail pour le recevoir par courriel. 

Alors que certaines enseignes vous le proposent déjà, cette décision fait débat en France. La question n’est pas tellement d’être pour ou contre l’abandon du ticket papier car on comprend facilement l’objectif de réduction des déchets. Mais il s’agit de savoir quelles sont les risques d’une telle réforme et à qui profite-t-elle vraiment.

Alors commençons par les risques : comment pourra-t-on prouver son achat et faire valoir la garantie sans ticket de caisse ?

C’est bien là le problème ! En l’absence de preuve d’achat, les consommateurs auront bien du mal à faire valoir leurs droits.

En cas de panne, défaut ou dysfonctionnement d’un appareil, si vous n’avez pas demandé de ticket papier lors de votre passage en caisse, vous devrez retrouver dans vos e-mails, celui correspondant à cet achat. Et si la cafetière qui tombe en panne a été achetée dans le supermarché dans lequel vous faites vos courses toutes les semaines, il va falloir être sacrément ordonné et méthodique pour retrouver LE ticket, parmi tous ceux envoyés par le même commerçant.  

Le plus étrange dans tout ça, c’est que les mentions obligatoires sur le ticket de caisse ont évolué il y a un an, justement pour faire face aux difficultés des consommateurs d’exercer leurs droits à la garantie.  Pour certains produits, comme les appareils électroménagers, les équipements informatiques ou encore les téléphones, il doit désormais mentionner l’existence de la garantie légale de conformité.

Alors un petit conseil : ne repartez pas d’un magasin sans un ticket de caisse papier ou sans avoir vérifié que vous l’avez bien reçu par courriel. Et conservez-le précieusement pendant toute la durée de la garantie, c’est-à-dire pendant 2 ans en France.

Deuxième question Elphège : le e-ticket ne serait-il pas une aubaine pour le marketing ciblé ?

Et si. Pour les commerçants, la dématérialisation du ticket de caisse comporte de nombreux avantages en termes de marketing. Pour le recevoir et donc prouver votre achat, vous serez obligés de donner a minima votre adresse e-mail. Et cette adresse mail, tout comme les informations sur vos achats, donnent aux entreprises une belle opportunité pour vous envoyer de la publicité ciblée, des promotions sur vos produits préférés, une newsletter .. bref pour vous fidéliser. 

Attention toutefois, un commerçant ne peut pas utiliser les données personnelles de ses clients sans leur accord, sauf pour leur envoyer de la publicité pour des produits similaires. Vous pouvez donc accepter un ticket de caisse par e-mail et refuser de recevoir des réductions sur des produits jamais achetés dans ce magasin.

Et nos voisins européens, que disent-ils ? Stop ou encore au ticket de caisse papier ?

L’abandon des tickets de caisse papier ne se pose pas dans la plupart des pays européens. 

En Autriche, pour lutter contre la fraude, les professionnels sont obligés d’émettre un ticket de caisse et de le remettre au client. 

Il en est de même en Allemagne. Si un reçu peut être délivré sur papier ou par voie électronique, cette deuxième option est rarement utilisée pour une question de protection des données. 

Aux Pays-Bas, les e-tickets sont de plus en plus utilisés par les commerçants mais un vendeur ne peut pas renoncer à appliquer la garantie si le consommateur ne retrouve plus son reçu. Un relevé bancaire mentionnant le paiement par carte ou le témoignage d’une personne présente au moment de l’achat peut servir de preuve. 

Et voilà encore des idées pour alimenter le débat !

Pour retrouver toutes les chroniques “consommateurs européens”, rendez-vous ici


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