Emma Rafowicz, députée européenne du groupe S&D, alerte sur l'utilisation de l'intelligence artificielle pour manipuler l'opinion et violer l'intimité des citoyens. Deep fakes, images pornographiques générées sans consentement, vidéos truquées : ces outils prolifèrent sur les réseaux sociaux sans véritable régulation. L'exemple de Grok, l'IA d'Elon Musk, illustre le problème avec plus de 1200 vidéos truquées recensées l'année dernière.
Pour la députée, le problème n'est pas juridique mais politique. L'Europe dispose déjà des textes nécessaires comme le Digital Services Act, mais ils ne sont pas appliqués. Elle accuse la Commission européenne de manquer de courage face aux grandes plateformes et défend une position ferme : tant que ces réseaux ne respectent pas les lois européennes, ils devraient être bannis.
Au-delà de la sanction, Emma Rafowicz appelle à développer des alternatives européennes et à investir massivement dans l'éducation et la culture. Pour elle, des citoyens éclairés constituent le meilleur rempart contre la désinformation dans cette guerre cognitive menée sur les réseaux sociaux.
La question reste ouverte : l'Europe aura-t-elle la volonté politique de passer à l'action ?
Interview réalisée par Harneet Kaur.