100 %. Sur les 110 volontaires de neuf pays européens testés avant l'été à l'initiative du groupe des Verts au Parlement européen, tous présentent des traces de PFAS, et tous du TFA (acide trifluoroacétique), l'un des plus préoccupants. Avec un taux médian 21,2 nanogrammes par millilitre de sang, c'est le degré de contamination le plus élevé jamais enregistré.
"Pas vraiment une surprise", réagit l'eurodéputée luxembourgeoise Tilly Metz, première vice-présidente de la commission santé. Ces polluants éternels se nichent dans les cosmétiques, les vêtements imperméables, les pesticides ou les poêles antiadhésives. Elle s'inquiète surtout de la présence de 46 femmes de moins de 49 ans parmi les participants, dont une trentaine en âge d'avoir un enfant ou ayant exprimé ce désir, alors que les PFAS sont soupçonnés de nuire à la fertilité et au développement du fœtus. Ils sont aussi associés à des atteintes du foie, à des perturbations endocriniennes et à des risques de cancer.
L'échantillon, composé de volontaires, n'est pas représentatif, reconnaît l'élue. Elle juge pourtant les résultats extrapolables : des députés luxembourgeois ayant passé le même test, en plus petit nombre, étaient eux aussi contaminés. Des PFAS déjà interdits dans l'Union restent par ailleurs détectables, preuve de leur persistance, même si leur taux est plus faible, ce qui montre selon elle l'efficacité de la régulation.
Reste la facture. Les seuls impacts sanitaires coûteraient de 52 à 84 milliards d'euros par an, et la décontamination de l'eau plusieurs fois plus. Avec plus de 10 000 PFAS en circulation, Tilly Metz plaide pour une stratégie claire de sortie progressive, adossée à la recherche d'alternatives, y compris pour les implants médicaux ou les énergies renouvelables. Elle y voit aussi un atout de compétitivité pour l'industrie européenne.
L'eurodéputée attend une position nette de la Commission d'ici la fin de l'année, après l'avis scientifique de l'Agence européenne des produits chimiques, et après le classement du TFA en catégorie 1B en juin. Elle appelle enfin à préserver le principe de précaution face aux "omnibus" de simplification.