En Europe, 4 millions de tonnes de textiles sont jetées chaque année, dont 80 % finissent enfouis ou incinérés. Face à ce constat alarmant, la mode circulaire s'impose comme une alternative viable : réparer, recycler, réemployer, mais aussi concevoir des vêtements plus durables et mieux traçables dès leur fabrication.
Maxime Delavalee, président de la Fédération de la mode circulaire, créée en 2022 et forte de près de 300 adhérents, plaide pour une approche holistique de toute la chaîne de valeur. "La mode circulaire, c'est toutes les activités qui permettent de prolonger la durée de vie de nos vêtements et des matières", résume-t-il.
Selon une étude menée avec KPMG, le marché européen de la mode circulaire devrait dépasser 31 milliards d'euros d'ici 2030. Chaque pays y joue un rôle distinct : la France est en avance concernant la seconde main, certains pays d'Europe de l'Est dans le tri industriel, d'autres dans le recyclage.
Mais des freins persistent. La double TVA appliquée aux vêtements de seconde main pénalise à la fois les consommateurs et les entreprises. Une harmonisation fiscale et réglementaire à l'échelle européenne, notamment via la directive déchets prévue en 2027, est jugée indispensable pour accélérer la transition.
Dans les Hauts-de-France, la Métropole européenne de Lille porte la 4ème édition des Trophées européens de la mode circulaire, en partenariat avec l'ADEME. Ouverts à la France, à la Belgique et au Pays-Bas, les candidatures sont à envoyer avant le 11 mai.
Une interview menée par Lolla Sauty-Hoyer.