Chaque semaine sur euradio, retrouvez la chronique de Bernard Guetta, député européen, qui effectue un retour sur les actualités et événements européens actuels.
Ce ne sont pas ces élections de mi-mandat qui marqueront l’Histoire. Bien au-delà de leur importance pour le futur immédiat des cinq continents, cet automne restera comme celui de la fin du siècle américain ouvert par Woodrow Wilson lorsqu’il avait rompu avec l’isolationnisme de son pays en intervenant en 1917 dans l’Europe déchirée.
Les Etats-Unis n’avaient cessé, depuis, de piloter le monde, défaisant le nazisme, cantonnant le soviétisme jusqu’à sa chute, rebâtissant les démocraties européennes ou prêtant la main aux plus épouvantables des dictatures latino-américaines.
Dollar et CIA, Maison-Blanche et Département d’Etat, pour le meilleur et trop souvent le pire, Washington aura été le quartier-général de ces cent dix dernières années mais l’heure du changement d’ère vient de sonner ces tout derniers jours.
Lundi 26 octobre d’abord, on a vu arriver à Téhéran des représentants de la Turquie, du Pakistan et de l’Arabie saoudite venus y débattre des possibles reconfigurations du Proche-Orient alors même qu’Iraniens et Saoudiens sont en conflit ouvert.
L’Iran a bombardé l’Arabie pendant la deuxième guerre israélo-américaine. Il la fait aujourd’hui bombarder par ses alliés Houthis du Yémen. Il œuvre au renversement de sa monarchie depuis la chute du Chah mais les places-fortes du sunnisme et du chiisme avaient oublié, ce jour-là, jusqu’à la compétition séculaire des deux religions de l’Islam et, plus spectaculaire encore, les Saoudiens avaient également oublié le Pacte du Quincy.