Chaque semaine, Lyudmyla Tautiyeva nous propose un aperçu de ce qu'il se passe aux frontières de l'Union européenne, traitant de sujets divers tels que la gouvernance, l’entreprenariat, ou encore l'innovation.
Le 1er janvier 2026 marque une nouvelle étape dans le rapprochement de l’Ukraine et de la Moldavie avec l’Union européenne. À compter de cette date, les deux pays intègrent la zone d’itinérance mobile de l’UE. Une mesure concrète qui impacte directement le quotidien des abonnés ukrainiens et moldaves. Mais qu’est-ce que cela change réellement pour les utilisateurs ?
La zone d’itinérance mobile de l’UE permet à tous les consommateurs de l'UE d'utiliser les services mobiles (appels, SMS et données) dans tous les États membres au même prix que dans leur pays d'origine. Ce régime spécial, appelé « Roam like at Home » (itinérance comme à la maison) est en vigueur depuis 2017 et simplifie considérablement la communication au sein de l’UE.
Depuis le 1 janvier 2026, l’Ukraine et la Moldavie bénéficient également de ce régime. C’est la première fois que les pays hors l’UE rejoignent ce dispositif. Désormais, les abonnés mobiles ukrainiens et moldaves bénéficient des tarifs nationaux pour les appels, les SMS et l'Internet mobile, lorsqu’ils voyagent dans 27 pays membres de l’UE, alors sans frais d’itinérance supplémentaires. Ce régime sera appliqué jusqu’en mars 2027 et pourra être prolongé.
Mais qu’en est-il des abonnés mobiles européens ? Bénéficient-ils des mêmes conditions lorsqu’ils voyagent en Ukraine et en Moldavie ?
Tout à fait ! Par exemple, un Français voyageant en Ukraine n’aura pas de frais supplémentaires à payer pour l’utilisation de sa carte SIM en Ukraine – il peut passer des appels, envoyer des messages et utiliser l’Internet comme à la maison.
L’inclusion de l’Ukraine et de la Moldavie dans le régime d’itinérance mobile européen n’est pas seulement un exemple de l’intégration sectorielle réussie dans l’UE mais a un effet très concret sur la vie des citoyens, en Ukraine, en Moldavie et dans les pays membres de l’UE. Elle garantit une communication abordable et de bonne qualité, alors fluide pour les citoyens, les familles, les étudiants, les travailleurs et les entreprises des deux côtés – pays candidats et les 27 pays membres.
L’intégration à la zone d’itinérance de l’UE suppose le respect de critères précis, que l’Ukraine et la Moldavie ont dû satisfaire.
Exactement. L’Ukraine et la Moldavie ont travaillé sur l'harmonisation complète de leur législation nationale respective avec la législation européenne dans le domaine de l'itinérance. Cette entrée dans le régime Roam like at Home remplit également une des conditions de l'intégration européenne de l'Ukraine et de la Moldavie dans le domaine des communications électroniques.
Il faut noter cependant que depuis 2022, les réfugiés ukrainiens dans les pays de l’UE bénéficiaient déjà de la suppression temporaire des tarifs d’itinérance – un important signe de la solidarité européenne en action. Cela permettait aux Ukrainiens de rester connectés avec leurs familles et proches en Ukraine sans payer cher pour les appels et les SMS vers l’Ukraine.
Qu’en est-il des autres pays candidats ? Une intégration des Balkans occidentaux à la zone d’itinérance de l’Union européenne est-elle envisagée ?
En effet. Selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la suppression totale des frais d'itinérance avec le Monténégro et l'Albanie devrait intervenir en 2026. En plus, selon une déclaration du sommet UE-Balkans occidentaux signé en 2022, un accord a été conclu entre 38 opérateurs de télécommunications européens et des Balkans sur la suppression progressive des frais d'itinérance supplémentaires d'ici 2028.
Ce n’est pas anodin que l’intégration des pays candidats passe par l’amélioration de la connexion entre leurs citoyens et les citoyens de l’UE. C’est dans cette connexion humaine - entre les familles, les entreprises, et les personnes en visite dans les pays - que se bâtit une meilleure compréhension de l’autre et se créent des liens indispensables pour un avenir commun.
Un entretien réalisé par Laurence Aubron.