Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.
Au programme :
- Suède : des résultats serrés après les élections législatives.
- Ukraine : la frontière avec la Pologne touchée par des frappes russes.
- IA : Anthropic encourage un ralentissement.
On ouvre ce journal en Suède, où la gauche arrive en tête des élections législatives.
Ce dimanche, 8 millions d’électeurs étaient appelés à voter pour renouveler les 349 membres du Riksdag, le Parlement suédois. C’est la gauche de Magdalena Andersson qui arrive en tête. La coalition de la droite du Premier ministre sortant, Ulf Kristersson, et du parti d’extrême droite, les Démocrates de Suède, arrive seconde. Un résultat serré, qui, quelques heures auparavant, était toujours incertain avec seulement quelques dizaines de milliers de voix qui séparaient les deux blocs. Il faudra attendre les résultats des Suédois de l’étranger, plus de 200 000 voix qui pourraient faire basculer le score.
Une des surprises de ce scrutin c’est le recul de l’extrême droite, une première depuis 2010.
Depuis son entrée au Parlement en 2010, c’est la première fois que le parti d’extrême droite suédois recule dans les suffrages. Ces élections lui étaient pourtant déterminantes. En effet, le Premier ministre sortant avait promis de le faire entrer dans son gouvernement en cas de victoire électorale. Jusqu’ici, les Démocrates de Suède n’avaient obtenu qu’un droit de regard sur la politique du gouvernement mais pas de ministère proprement dit.
Malgré le fait qu’elle semble pour l’instant être en tête la gauche ne peut non plus pas crier victoire.
Avec un peu plus de 20 % des voix, elle obtient son pire score depuis …1911. Le parti s’est d’ailleurs bien gardé de triompher. La création d’une coalition risque de prendre du temps.
On continue ce journal en Ukraine, où un train reliant Kiev à Varsovie a été touché par un drone russe dimanche.
C’est à seulement 2 kilomètres de la frontière polonaise qu’un train reliant les deux capitales a été touché. En milieu de matinée, une frappe russe a pris pour cible le train, transportant 206 passagers, mais aucune victime n’est à déclarer. La compagnie ferroviaire ukrainienne affirme que les infrastructures du rail du pays subissent actuellement une « attaque systématique ».
L’attaque crée un émoi particulier. Elle aurait peut-être visé une délégation de diplomates européens et américains.
Sur cette même ligne de train Kyïv-Varsovie était partie, quelques minutes auparavant, une délégation de personnalités européennes et américaines invitées de la conférence annuelle Yalta European Strategy. À bord, notamment, deux anciens premiers ministres, le Britannique Boris Johnson et le Suédois Carl Bildt. Leur train, qui précédait le convoi attaqué, a été immobilisé près de la frontière, puis temporairement évacué. Composée de diplomates et scientifiques, cette délégation revenait de Kyïv.
La zone frontalière entre l’Ukraine et la Pologne est désormais fréquemment frappée.
Plus tard dans la journée, toujours au nord-est de l’Ukraine, c’est cette fois-ci un poste-frontière de Dorohusk-Yagodyn qui a été touché par un drone russe. Radosław Sikorski, ministre des Affaires étrangères polonais, a pris la parole pour dénoncer une nouvelle escalade de Moscou dans cette zone longtemps relativement épargnée. Son homologue ukrainien, Andrii Sybiha, a quant à lui mis en garde les dirigeants européens : « C’est la terreur de Poutine qui vient directement “frapper” aux portes de l’UE et de l’OTAN »
Kyïv réitère des demandes de nouvelles sanctions de l’UE contre la Russie.
Lors d’un point presse avec son homologue polonais, le ministre des Affaires étrangères ukrainien a appelé ses alliés européens à agir en conséquence et dans l’immédiat. « Un embargo commercial total, une interdiction totale d’entrée sur le territoire », en somme des sanctions « puissantes et sans compromis », insiste Kyïv. De son côté, Moscou a aussi réagi. Le ministère de la Défense russe affirme avoir visé « des infrastructures ferroviaires utilisées pour transporter des cargaisons militaires depuis des pays européens ».
On termine ce journal avec le plaidoyer du patron d’Anthropic, Dario Amodei, pour ralentir le développement de l'intelligence artificielle.
Ce week-end, le patron de l’entreprise américaine a appelé à ralentir temporairement la vitesse de développement de l’IA. Il explique vouloir mieux contrôler ses évolutions avant que des agents ne puissent prendre le contrôle d’Internet. Ces inquiétudes font suite à de récentes alertes. En juillet dernier par exemple, OpenAI avait ainsi perdu le contrôle de ses agents qui ont attaqué, de façon autonome, la société externe, Hugging Face.
Des alertes qui mènent certains spécialistes à formuler des prédictions particulièrement inquiétantes quant à la direction de cette technologie.
Cette déclaration de Dario Amodei intervient après la démission fracassante de Jacob Coxon, un ancien salarié d’Anthropic et d’OpenAI qui expliquait craindre à brève échéance des menaces sur la survie de l’espèce humaine. Le PDG d’Anthropic explique quant à lui craindre qu’un « groupe d’agents puisse être capable de prendre le contrôle de l’intégralité d’Internet » d’ici moins d’un an, entraînant des risques sécuritaires majeurs, mais aussi des pertes potentielles de centaines de milliards de dollars.
Ces prises de position ont entraîné des réactions diverses.
De son côté, Donald Trump a critiqué la décision, voyant d’un mauvais œil tout ralentissement. À l’inverse, de façon assez inédite, OpenAI et Elon Musk ont salué la prise de position d’Anthropic. Vendredi, le porte-parole de la Commission européenne s’était également positionné en faveur d’une régulation, expliquant, je le cite, qu’il était « grand temps que ces fournisseurs mettent de l'ordre dans leurs affaires et veillent à garder leurs modèles avancés sous contrôle ».
Un journal de Audrey Heller et Elise Houben.