Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 27 mars 2026

Le président ukrainien en visite en Arabie Saoudite, le 27 mars 2026. Source : Site officiel du Président ukrainien Volodymyr Zelensky, Creative Commons Aujourd'hui en Europe - 27 mars 2026
Le président ukrainien en visite en Arabie Saoudite, le 27 mars 2026. Source : Site officiel du Président ukrainien Volodymyr Zelensky, Creative Commons

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Nicolas Le Guily, Manon Gendreau, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.

Au programme:

  • Ukraine : Kiev face à une guerre qui déborde du front
  • Détroit d’Ormuz : L’Iran filtre le trafic et impose ses conditions 
  • Immigration : le Parlement européen approuve un texte très controversé

On ouvre ce journal en Ukraine, où les frappes de drones russes se poursuivent, au moment même où Kyiv tente de rester au centre de l’agenda diplomatique international.

Oui, dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée de l’air ukrainienne affirme que la Russie a lancé 102 drones sur le pays. Selon Kyiv, 93 ont été abattus ou neutralisés, mais neuf ont quand même touché huit sites. En face, Moscou dit avoir intercepté 85 drones ukrainiens, y compris loin de la frontière. Cela confirme une tendance de fond : la guerre aérienne s’étend désormais bien au-delà de la ligne de front, avec des attaques quasi quotidiennes dans les deux camps.

Et cette énième attaque massive prolonge surtout une semaine de frappes d’une ampleur inhabituelle.

Oui, car en début de semaine, la Russie a mené l’une de ses attaques les plus massives depuis le début de la guerre, avec près de 1 000 drones lancés en vingt-quatre heures selon Kyiv. Des régions éloignées du front ont été visées, jusque dans l’ouest du pays, à Lviv, où un site classé par l’UNESCO a été endommagé. La logique russe semble assez claire : saturer la défense antiaérienne ukrainienne, maintenir la pression sur les infrastructures civiles et énergétiques, et préparer la poussée de printemps attendue par les autorités ukrainiennes.

Et pendant ce temps, Volodymyr Zelensky cherche aussi des soutiens à l’étranger. Il est d’ailleurs actuellement en visite en Arabie saoudite.

Oui, le président ukrainien est arrivé jeudi en Arabie saoudite pour une série de réunions. Kyiv cherche à renforcer ses liens avec plusieurs pays du Golfe en mettant en avant son expérience de la défense antiaérienne et de la lutte contre les drones, dans l’espoir d’obtenir du soutien financier, technologique et militaire. 

Et cette séquence diplomatique se joue aussi au G7, dont les ministres des Affaires étrangères sont réunis depuis hier en France, avec l’arrivée attendue aujourd’hui du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.

Oui, mais les discussions sont cette fois d’abord centrées sur la guerre en Iran, sur ses conséquences régionales, et sur la sécurité maritime autour du détroit d’Ormuz. L’Ukraine reste malgré tout à l’ordre du jour. Les Européens veulent éviter que la crise au Moyen-Orient ne relègue Kyiv au second plan, et comptent aussi profiter de la présence de Marco Rubio pour demander à Washington quelle ligne il entend tenir, à la fois face à Téhéran, mais aussi face à Moscou.

On continue ce journal en dans le détroit d'Ormuz où les forces iraniennes affirment laisser passer des navires.

Oui, l'Iran affirme laisser les passer les navires dit « non hostiles ». Ainsi plus d’une vingtaine de bateaux ont pu passer, depuis vendredi 20 mars, en empruntant cette voie. Ils n’ont pas franchi le détroit d’Ormuz par le milieu, selon le chenal habituel, mais sont passés par une route maritime qui implique de pénétrer dans les eaux territoriales iraniennes, le corps des gardiens de la révolution s’octroyant ainsi un rôle de gendarme du trafic à l’entrée et à la sortie du détroit.  

Le trafic peut donc reprendre, mais sous certaines conditions, mais comment savoir quand un navire est jugé hostile ou non ? 

Pour l’instant il est difficile de savoir qui est autorisé ou non. Des pays comme l’Espagne seraient apparemment autorisés par Téhéran à franchir le détroit mais sans véritable confirmation à ce stade.

Ce traitement de faveur serait une réponse des forces iraniennes à la politique de neutralité espagnole.

Oui, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol, a non seulement refusé de participer à la coalition militaire dirigée par Washington, mais a aussi interdit l’utilisation de bases militaires, déclenchant la colère et les critiques de l’administration Trump et du gouvernement israélien, qui y voient un soutien à un régime dictatorial et dangereux pour l’Occident en raison de ses programmes nucléaires. Si ce traitement préférentiel de la part de Téhéran était officiellement confirmé, les conséquences pour Madrid pourraient provoquer des tensions au sein de l’UE.

Surtout dans un contexte tendu en Europe depuis le début d’une enquête sur une possible implication de l’Iran dans une série d’attaques.

Oui, ce mercredi l’Europe a ouvert une enquête sur la possible implication de l’Iran dans plusieurs attaques visant des sites juifs à travers le continent. Des agents iraniens sont soupçonnés d’avoir recruté des individus en ligne pour mener diverses attaques sur des synagogues, des écoles, ou des entreprises liées à Israël. Les enquêteurs évoquent également la création d’un groupe terroriste fictif destiné à revendiquer les actions et à brouiller les pistes. 

On termine ce journal au Parlement européen, qui a durci la politique migratoire de l’UE en validant ce jeudi 26 mars le renforcement du règlement “retour”, un texte visant à augmenter les expulsions des personnes en situation irrégulière dans l’UE. Que prévoit concrètement le texte ? 

Il prévoit la création de “hubs de retour”, à savoir des centres situés dans des pays hors de l'UE, vers lesquels pourront être envoyés des migrants en séjour irrégulier dans l'un des pays de l'UE. Cela concernera notamment ceux dont la demande d'asile a été rejetée et qui font face à une obligation de quitter le territoire. Le texte renforce également les sanctions pour ceux qui refuseraient de quitter le territoire européen, qui pourraient se voir confisquer leurs documents d’identité ou certaines prestations, refuser des permis de travail ou s’exposer à des sanctions pénales, y compris des peines d'emprisonnement. 

Le texte inclut aussi une reconnaissance mutuelle entre Etats membres des décisions de retour.

Oui cela signifie que les États pourront reconnaître et exécuter directement une décision de retour prise par un autre État, sans relancer toute la procédure. L'objectif est de rendre inutile la fuite de migrants déboutés d'un pays européen à l'autre.

Ces mesures étaient réclamées par une majorité d’Etats membres et par les eurodéputés de droite et d’extrême droite. 

Oui car aujourd’hui environ 20% des décisions d'expulsions prises au sein de l’UE aboutissent réellement, ce qui est très critiqué par les partisans d’une ligne migratoire plus ferme. Mais la gauche dénonce la collaboration de la droite avec l’extrême droite et des mesures ne respectant pas les valeurs européennes. Cette décision suscite aussi l’inquiétude des ONGs quant à la multiplication des détentions de personnes vulnérables dans des zones d’ombre juridiques.

Que va t'il se passer maintenant ? 

Pour être adopté définitivement, le texte doit encore faire l’objet de négociations entre le Parlement, la Commission et les Etats membres, puis être voté une dernière fois au Parlement. 

Un journal de Manon Gendreau et Ulrich Huygevelde