Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles. Avec Thomas Kox, Salomé Moinet, Mathilde Boht, Lucas Savino, Giona Melotto, et Ulrich Huygevelde.
Au programme:
- Retour sur le Conseil européen: conflit au Moyen Orient, guerre en Ukraine et sécurité européenne
- Le géant bancaire mondial HSBC, envisagerait de licencier 20 000 employés pour les remplacer par l’intelligence artificielle.
- La Russie envoie du pétrole à Cuba malgré le blocus américain malgré les sanctions internationales
On ouvre ce journal à Bruxelles, au
lendemain d’un Conseil européen qui devait d’abord être consacré à la
compétitivité, mais qui a finalement été rattrapé par l’urgence
géopolitique. Entre la guerre en Ukraine, les répercussions du conflit
avec l’Iran sur les prix de l’énergie, et l’éternelle
question des moyens financiers de l’Union, les Vingt-Sept ont tenté
hier d’afficher une ligne commune, sans réussir à masquer toutes leurs
fractures.
Oui, et ce qui ressort d’abord de ce sommet, c’est ce contraste entre volontarisme économique et blocages politiques. Sur le papier, les chefs d’État et de gouvernement ont validé un nouvel agenda baptisé « Une Europe, un marché », assorti d’une série de mesures concrètes censées relancer enfin le marché unique. L’idée, c’est d’aller plus loin dans l’intégration économique européenne, avec des échéances précises dès cette année et jusqu’à fin 2027. Bruxelles veut notamment faciliter la reconnaissance des qualifications professionnelles, simplifier les démarches pour les services transfrontaliers, créer un cadre juridique unique pour les entreprises qui veulent opérer dans toute l’Union, et accélérer aussi l’union de l’épargne et de l’investissement. Autrement dit, faire du marché intérieur un véritable levier de puissance économique, dans un contexte de concurrence accrue à l’échelle mondiale.
Mais derrière ce volontarisme affiché ce sont aussi des divisions que l’UE a étalé hier sur la question du soutien à l’Ukraine.
Les dirigeants ont réaffirmé leur soutien à Kiev, appelé à accélérer les livraisons de défense aérienne, de drones, de missiles et de munitions, et demandé l’ouverture sans délai de nouveaux chapitres dans les négociations d’adhésion ukrainienne. Sauf que le texte sur l’Ukraine n’a été soutenu que par 25 chefs d’État ou de gouvernement. Et surtout, Viktor Orbán continue de bloquer le prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’État ukrainien en 2026 et 2027, sur lequel les Vingt-Sept s’étaient accordés fin 2025, malgré la pression de ses partenaires.
Et puis il y avait l’autre grand sujet du sommet : le Moyen-Orient, qui s’est imposé à l’agenda.
Les Européens ont appelé à la désescalade, à la protection des civils et même à un moratoire sur les frappes contre les installations énergétiques et hydriques, tant les conséquences économiques inquiètent déjà. Car pour l’Union, le risque n’est pas seulement diplomatique ou sécuritaire : il est aussi immédiat, avec la hausse des prix de l’énergie et la crainte d’un nouveau choc pour les ménages comme pour les entreprises.
On continue ce journal à Londres ou la plus grande banque européenne HSBC envisagerait de licencier 20 000 employés pour les remplacer par l’intelligence artificielle.
Cette vague massive de licenciements toucherait en premier les postes non en contact avec la clientèle dans les centres de services mondiaux. Ces réductions potentielles s’inscriraient dans un plan à moyen terme et pourraient inclure le non-remplacement des départs, ainsi que des suppressions liées à des cessions d'activités ou à des ventes. Si la décision est effectivement prise la banque verrai ses effectifs réduit de 10%.
Les spéculations concernant les suppressions d'emplois interviennent alors que la banque londonienne cherche à simplifier ses opérations, à réduire ses coûts et à se retirer des activités jugées non rentables.
Depuis l’entrée en fonction de Georges Elhe dery il a plus d'un an, le nouveau directeur général a réorganisé HSBC en restructurant les divisions de la banque, en se retirant des activités de banque d'investissement de petite taille aux États-Unis et en Europe, et en supprimant des postes de direction. La plus grande banque européenne a affiché en 2025 un bénéfice annuel de 29,9 milliards de dollars, en baisse de 7% à cause de 4,9 milliards de dollars de charges exceptionnelles. Mais la bonne tenue de son plan de transformation lui permet d'afficher un indicateur clé de rentabilité bancaire à "17% ou plus" jusqu'en 2028.
On termine ce journal à Cuba où un pétrolier russe transportant 700 000 barils de pétrole se dirige vers La Havane alors même qu’il figure sur la liste des sanctions occidentales et alors que l’île est de fait soumise à un blocus américain.
Oui L'"Anatoly Kolodkin" a chargé 700.000 barils de brut le 8 mars dans le port russe de Primorsk, sur la mer Baltique, et se trouvait mercredi dans l’Atlantique Est en route pour Cuba. Ces données montrent que le navire battant pavillon russe, appartient à l’armateur public russe Sovcomflot et devait décharger sa cargaison au terminal pétrolier de Matanzas, au nord de Cuba, aux alentours du 23 mars.
Pourtant le pétrolier fait partie des navires soumis aux sanctions prises contre la Russie par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni.
L’Anatoly Kolodkin fait partie de la flotte fantôme russe, que Moscou utilise pour transporter du pétrole malgré les sanctions internationales. Seulement cette livraison risque de coûter très cher à la Russie depuis que le président américain menace d’imposer des droits de douane prohibitifs à tout pays qui continuerait à vendre du pétrole à Cuba.
Cet envoi de pétrole est très attendu à Cuba car le pays souffre d’une sévère pénurie d’énergie du fait du blocus américain.
Le président américain Donald Trump a très fortement accru la pression sur l’île après avoir renversé en janvier son principal allié, le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, en imposant un blocus pétrolier à l’île communiste. Cuba n’a plus importé de pétrole depuis le 9 janvier, date de la dernière livraison par le Mexique avant que ce pays ne cesse ses envois de carburants sous la pression de Donald Trump. Depuis, Cuba est aux prises avec une crise énergétique qui ne cesse de s’aggraver et qui menace de paralyser totalement son économie.
Et c’est dans ce contexte que le président américain continue de menacer Cuba
Les menaces du président américain de, je cite, “prendre” l’île se multiplient. Lundi dernier, Trump a encore déclaré qu’il “pouvait faire ce qu’il voulait” avec Cuba.
Un journal de Giona Melotto et Mathilde Boht.