Aujourd’hui en Europe

Aujourd'hui en Europe - 4 novembre 2026

Le président Donald J. Trump prononce un discours la veille des élections de mi-mandat, le lundi 2 novembre 2026, Washington, D.C. (Photo officielle de la Maison Blanche prise par Joyce Boghosian). Aujourd'hui en Europe - 4 novembre 2026
Le président Donald J. Trump prononce un discours la veille des élections de mi-mandat, le lundi 2 novembre 2026, Washington, D.C. (Photo officielle de la Maison Blanche prise par Joyce Boghosian).

Aujourd'hui en Europe est un journal consacré aux actualités européennes du jour, réalisé par la rédaction d'Euradio à Bruxelles.

Au programme : 

  • États-Unis : raz-de-marée démocrate aux élections de mi-mandat et conséquences pour l’Europe et l’Ukraine.
  • Europe : la colère des jeunes et la multiplication des manifestations contre la vie chère, les inégalités et le manque de moyens pour l’éducation.
  • Pologne : un important exercice militaire européen près de l’Ukraine pour renforcer la coopération entre les armées alliées.

On ouvre ce journal aux États-Unis, où les élections de mi-mandat se sont transformées en véritable raz-de-marée démocrate.

Oui, les démocrates ont repris ce mardi les deux chambres du Congrès. Au Sénat, ils ont fait basculer sept sièges républicains, dont des bastions historiques : au Kansas, Adam Hamilton devient le premier sénateur démocrate depuis 1932, au Texas, James Talarico l’emporte malgré des dépenses républicaines bien supérieures, et dans le Maine, la républicaine Susan Collins perd son siège après près de trente ans.

Un scrutin très attendu en Europe.

Oui. Une majorité de dirigeants européens espérait une défaite de Donald Trump, surtout après l’accord sur le diesel russe conclu en octobre. Mais à Bruxelles, la prudence dominait : selon un haut diplomate interrogé par l’AFP, personne ne voulait nourrir de faux espoirs.

Et comment Donald Trump a-t-il réagi ?

Il dit accepter les résultats, sans y voir un désaveu personnel. Et il a donné le ton en publiant la photo d’une casquette rouge brodée d’un seul mot : « VETO ». Le nouveau Congrès siégera en janvier.

Concrètement, qu’est-ce que cette victoire pourrait changer pour l’Ukraine ?

Les démocrates présideront les commissions du Sénat et tiendront le budget. Beaucoup veulent voter de nouveaux fonds pour Kyiv. Mais voter ne veut pas dire dépenser : ces deux dernières années, la Maison-Blanche a laissé expirer des crédits déjà approuvés. 

Et sur le commerce, les Européens peuvent-ils espérer une baisse des droits de douane ?

Pas vraiment, et c’est tout le paradoxe. Les droits de douane ont pesé dans ce vote : deux électeurs sur trois estiment qu’ils ont nui à l’économie américaine. Mais le Congrès n’a presque pas de prise sur eux. En février, la Cour suprême avait annulé une partie de ces taxes. Donald Trump les avait alors rétablies en s’appuyant sur une autre loi, qui lui permet de les fixer seul. Et selon la banque néerlandaise ING, face à un Congrès hostile, il pourrait même être tenté d’en imposer de nouvelles, y compris aux Européens.

Cette victoire suffira-t-elle donc à changer la politique étrangère de Donald Trump ?

Pas forcément. Le président conserve d’importants pouvoirs diplomatiques et militaires, ainsi que son droit de veto. Selon l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, ces élections ne devraient pas suffire à rétablir des relations transatlantiques prévisibles. Pour les Européens, l’enjeu reste de renforcer leur autonomie, notamment en matière de défense. Et la course à la présidentielle de 2028 est déjà lancée.

On continue ce journal en Europe, où les vacances de la Toussaint ne semblent pas avoir calmé la colère des jeunes.

Non. Hier encore, à Paris, plusieurs milliers de lycéens et d’étudiants se sont rassemblés dans le centre de la capitale, malgré l’interdiction de manifester, et plusieurs lycées et universités étaient bloqués. Le gouvernement avait pourtant tenté d’éteindre la colère la semaine dernière, en annonçant notamment 500 postes supplémentaires et un maximum de 28 élèves par classe de seconde.

Et le mouvement dépasse largement la France.

Oui, depuis plusieurs semaines, des milliers de jeunes manifestent aussi en Italie, en Espagne, au Portugal, en Albanie, en Belgique ou encore en Allemagne. Malgré des contextes nationaux différents, ils partagent plusieurs revendications.

Quelles sont ces revendications ?

Selon la sociologue italienne Donatella della Porta, ils réclament plus de moyens pour l’éducation et dénoncent la hausse des dépenses militaires, faite selon eux au détriment des politiques sociales, ainsi que la vie chère et l’aggravation des inégalités. Ils partagent aussi un sentiment d’injustice face à la répression policière et à des régimes qu’ils jugent de plus en plus autoritaires.

La répression varie-t-elle selon les pays ?

Oui, et Donatella della Porta souligne que la France fait figure d’exception. Des images de violences policières y circulent largement sur les réseaux sociaux. Depuis le début du mouvement lycéen, plusieurs jeunes ont été blessés et 83 enquêtes ont été ouvertes à l’IGPN, selon le ministre de l’Intérieur. Mais en Italie, en Serbie et en Albanie, la répression a aussi été particulièrement dure.

Et une mobilisation européenne commune se prépare.

Des syndicats et des associations pour le droit au logement de sept pays: la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce, ont appelé ce mardi à des manifestations coordonnées les 20, 21 et 22 novembre, contre la vie chère et les difficultés d’accès au logement. De quoi donner une véritable dimension européenne à ces mouvements.

On termine ce journal en Pologne, où se prépare un important exercice militaire européen à proximité de l’Ukraine.

Baptisé « Koalicja », « coalition » en polonais, il se déroule du 9 au 22 novembre à Nowa Dęba et rassemble près de 2 800 soldats. Dix pays y participent, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. La Turquie, cheffe de la composante maritime de la coalition, mènera une simulation de sécurisation de la mer Noire.

Pourquoi avoir choisi la Pologne ?

Parce que c’est un point stratégique pour l’aide destinée à l’Ukraine. C’est aussi depuis la Pologne que des soldats ukrainiens sont régulièrement formés. L’exercice doit donc permettre aux armées alliées de vérifier leur capacité à intervenir ensemble dans cette région particulièrement sensible.

Et cet exercice s’inscrit dans un projet plus large de soutien à l’Ukraine.

Oui, dans le cadre de la Force multinationale pour l’Ukraine, pilotée par la France et le Royaume-Uni. Créée en mars 2025, elle rassemble les pays de la coalition des volontaires, prêts à contribuer à la sécurité de l’Ukraine. Son objectif : se déployer rapidement dès la conclusion d’un cessez-le-feu avec la Russie, pour dissuader toute nouvelle offensive et contribuer à la reprise économique du pays.

Concrètement, que vont tester ces manœuvres ?

D’abord la coordination entre les armées, mais aussi la compatibilité de leurs systèmes de commandement, de communication et de logistique. La lutte contre les drones est un autre volet important : l’armée française prévoit notamment de tester des drones et des systèmes autonomes, aériens et terrestres.

Et Moscou suivra cela de près.

Oui. Les autorités européennes redoutent notamment que ces manœuvres fassent l’objet de campagnes de désinformation russes.

Un journal présenté par Audrey Heller et Mathilde Boht.